
Quand on regarde les films, la promesse du Crédit Agricole est forte mais manque singulièrement de preuves concrètes...... Alors que, et c'est là le paradoxe, si on en croit leur site internet, les actions du Crédit Agricole dans ce domaine sont nombreuses, diversifiées et réelles..... (micro crédit/financement des énergies renouvelables / réduction de l'empreinte écologique de l'entreprise Crédit Agricole....). Du coup, la campagne reste au niveau du spectacle (certes très bien réalisé) et ne peut toucher le cœur des gens .... Malgré la présence de Sean Connery, je pense qu' elle ne sera pas durable... En l'état........ !
La question est bien entendu extrêmement complexe. Il me semble que cette campagne fasse preuve, dans sa conception et son traitement, d'une grande méconnaissance des sensibilités des publics de la banque. Le greenwashing procède, selon moi, de l' ignorance de certains annonceurs ou publicitaires (ou les deux) qui ne sont pas formés et construisent un discours très égo-centré sans prise en compte réelle des attentes de la société civile et des cibles. Mais c'est aussi une belle démonstration des limites d'une campagne internationale qui s'extraie des contingences locales et du coup, crée de la distance et de l'incompréhension.
Je suis d'accord avec Pierre Siquier, c'est insupportable et j'espère que nos paysans qui se sont surendettés à vie auprès du Crédit Agricole n'apprennent jamais le budget de cette campagne ni le cachet de Sean ...
PS/ L'Ademe prépare, en ce moment, avec l'ARPP, l'UDA et l'AACC un outils d'auto-évaluation destiné aux annonceurs et publicitaires pour éviter ce genre de dérapage. Cet outil est en test, ce mois, tout à la fois parmi des agences et annonceurs.
Greenlying...?
Il est certainement plus simple de faire des campagnes dites vertes que d'agir véritablement. Mais comment des marques et des agences de cet acabit pourraient verdir leur image sans prouver qu'elles sont responsables en matière d'environnement ou de croissance verte ? Si elles pratiquent le Greenlying (Greenwashing), ce petit jeu s'il est faux se retournera contre elles. De plus le public est submergé de messages similaires sur le thème de l'écologie, des messages souvent creux, toutes les marques sont vertes ou repeignent leur logo en vert. Elles doivent faire preuve de plus de créativité sous peine d'être inaudibles. Laisser le vert de façade et communiquer vrai, construire sa légitimité autour des actions et non de l'image...c'est aussi ça être responsable.
"Green is Dead, Long live Green"
C'est la dernière campagne qui fait débat : trois spots du Crédit agricole conçus par l'agence Asap pour l'Europe, l'Asie et le Moyen-Orient, et visibles en France sur le site du Crédit agricole (Voir la campagne). Une campagne spectaculaire avec des images en 3D et Sean Connery, en personne, dénonçant les dérives d'un monde pollué, la consommation standardisée en supermarchés ou l'affolement généralisé du monde de la finance : « back to common sense, it's time to greenbanking » déclare l'acteur avant de laisser place, comme par magie, au monde idyllique de la banque verte avec ses éoliennes et ses étales de fruits et légumes.
De quoi faire bondir Pierre Siquier, président de la commission société de l'AACC, qui pense que les détracteurs du métier vont pouvoir, à juste titre, s'en donner à cœur joie, tant le message publicitaire manque de nuance et de clarté. Et pourtant l'ARPP, le bureau de contrôle de la production publicitaire française, a bien donné son feu vert à cette campagne. Comme d'ailleurs l'ensemble des bureaux de vérification étrangers auxquels elle a été soumise.
Alors, greenbanking ou greenwashing ? Sur quelle légitimité ou actions responsables notoires s'appuie l'entreprise pour tenir un tel discours ? Etre baptisée « banque verte », en référence à ses origines agricoles, suffit-il ? Doit-on bannir une entreprise qui s'achète une image responsable ou louer la prise de conscience d'une banque qui tire les leçons de la crise en misant sur la croissance verte ? Le débat est ouvert.
