22/03/2007 - Christine Santarelli et Matthieu de Lesseux, les cofondateurs de l'agence Duke, rachetée au début du mois de mars par un autre «pure player», Avenue A - Razorfish», ont dialogué lundi 19 mars avec les lecteurs de Stratégies. Voici le texte du tchat dans son intégralité..
Bonjour à toutes et à tous, nous avons le plaisir d'accueillir Christine Santarelli et Matthieu de Lesseux, cofondateurs de l'agence interactive Duke
CS et MdL: Bonjour à tous.
paul : Votre poisson rasoir vous laissera-t-il poursuivre votre politique commerciale ? Et au-delà, votre management particulier ?
CS et MdL: Evidemment, c'est pour cela que nous nous sommes choisis.
Benoit de Lille : Est ce A Razorfish qui vous a approché ou l'inverse ?
CS et MdL: Ce sont eux qui sont venus nous voir en juillet 2005, puis nous sommes allés à Seattle (le siège) en octobre de la même année.
Julien : Comment faudra-t-il vous appeler ? « Duke / Avenue A / Razorfish » ou bien "DAR" :-) ?
CS et MdL: Duke, une agence du réseau Avenue A / Razorfish.
paul : N'y a t il plus de place en France pour une agence de votre taille ? L'absorption est elle une fatalité ?
CS et MdL: Il y a toujours de la place pour tout le monde, peu importe la taille. Il n'y a aucune fatalité dans ce type de décision. Ce projet est la bonne adéquation à notre envie d'être plus fort, plus international, demain.
Bragellone : Ca veut dire quoi « pour jouer il faut être le plus fort » ? Ce n'est pas l'esprit de Pierre de Coubertin?
CS et MdL: Le terrain de jeu est plus grand, il est plus difficile de défricher. Ce qui nous intéresse c'est de continuer à travailler nos différences... Et un bon esprit !
Benoit de Lille : Bonjour Mme Santarelli, M. De Lesseux, je me demande comment le discours que vous avez développé auprès de vos clients sur les vertus d'une agence indépendante (proximité, rapports humains..) ne crée pas un malaise aujourd'hui à l'heure de la vente à un groupe international, exact opposé de votre positionnement ? Vos clients ne se sentent-ils pas trahis par une démarche piloté par un intérêt financier ? En tous les cas, je vous félicite.
CS et MdL: Ce n'est certainement pas l'intérêt financier qui a guidé ce projet. L'indépendance n'a rien à voir avec les rapports humains et la proximité. Notre projet de fond reste le même, respecter nos clients et leur apporter le meilleur. Ils l'ont tous très bien compris et ne sentent en rien trahis. Bien au contraire, ils ont compris que notre réponse serait encore plus pertinente dans ce cadre.
Has: Que devient votre agence en Angleterre ? Razorfish est déjà présente sur ce marché? Non ?
CS et MdL: Notre agence va continuer à se développer, en bonne entente avec l'agence DNA. Le marché est large, grand, beaucoup de nouveaux projets en perspective.
vanupieds: Quelles sont les agences web françaises dont vous vous sentez proches ?
CS et MdL: Toutes celles qui croient au travail bien fait...
vanupieds: Quelles sont selon vous les marques les plus en pointe sur Internet ? Des exemples à l'étranger seraient les bienvenus !
CS et MdL: Apple, Adidas, Nike. Ou encore Ford Bold Moves par exemple.
michka: Pourquoi n'avez vous pas rejoint TBWA comme on aurait pu le penser?
varouna: Arretez votre langue de bois ! Et parlez franchement...
CS et MdL: Parce que Avenue A / Razorfish est de loin le projet qui est le plus proche de nous.
jorje : Comment défendre aujourd'hui une position de "pure player" quand le marché n'a plus qu'un mot à la bouche: holistique ?
CS et MdL: Il suffit de regarder les agences leaders Internet en France, Allemagne, Angleterre ou encore Etats-Unis : toutes des "pure player". Pour bien faire ce métier, il faut être imprégné par sa culture et ses valeurs. C'est un média en perpétuelle mutation, et qui fait donc appel à des spécialistes dédiés à 100% à ce sujet. La culture dominante publicitaire traditionnelle est encore trop forte aujourd'hui pour laisser à ces spécialistes la place dont ils ont besoin, au sein d'une agence de pub ou CRM.
michka: Que pensez vous du rapprochement Digitas/ Publicis ?
CS et MdL: Cela va être difficile pour Digitas de s'intégrer dans la culture Publicis et de faire leur place à leur juste mesure.
varouna: Et que faites vous de La Chose ou FCB, plutôt holistiques ?
CS et MdL: Sur Internet, ils ne répondent qu'à un versant de notre métier qui est le plus proche des métiers publicitaires. On ne les voit jamais sur les questions transactionnelles, gestion de la relation (CRM) ou encore en accompagnement annuel sur Internet avec des grandes marques. Ces points sont, avec le travail de l'image, le coeur de notre métier.
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