Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

La marge brute n'est pas très nette

24/11/2005

Je suis toujours frappé par la nécessité d'expliquer à de nouvelles recrues dans le marché de la communication la notion de marge brute. Pourtant, parmi celles-ci, on trouve encore des diplômés de grandes écoles qui ont eu droit à des cours de compta- bilité ou de contrôle de gestion.

Dans le même temps, un bon chiffre d'affaires semble le meilleur des sésames. Ainsi, en 2004, lorsque Famous a doublé le sien, notre banque, BNP Paribas, nous a ouvert les portes de son agence prestigieuse des Champs-Élysées, estimant que nous méritions mieux que sa succursale de la rue La Boétie, alors que notre marge brute n'avait progressé que de quelques pour cent d'une année sur l'autre. Mieux encore, nous avons obtenu sans effort particulier une « facilité de caisse » (découvert autorisé) très largement supérieure à ce qui nous était octroyé.

Le fait même que, depuis 2002, les agences-conseils en communication ne souhaitent plus rendre publique leur marge brute est révélateur de la limite de ce concept financier. La marge brute, addition des honoraires de conseil perçus et du différentiel achat/vente sur les prestations dites techniques (production de films, impression affiches, éditions diverses, etc.) ne reflète en fait ni le dynamisme de l'entreprise - son volume d'affaires - ni surtout sa santé financière, autrement dit son profit.

Rappelons simplement que la finalité d'une entreprise, quelle qu'elle soit (tout autant pour une agence de communication) est de « faire » du profit, et qu'il n'existe, à ma connaissance, aucun modèle économétrique qui corrèle la marge brute au profit.

Les récentes désillusions entrepreneuriales de notre industrie, que je ne citerai pas pour ne pas ouvrir une polémique stérile qui encombrerait les pages de Stratégies, montrent bien que ce ne sont pas les prix créatifs, la visibilité médiatique ou les prises de parole tonitruantes de quelques « gourous » qui ont assuré la survie ou l'indépendance de leur entreprise.

Plus globalement, la logique progression des places boursières mondiales s'explique par la perspective de profits, donc de dividendes particulièrement consistants. Alors, adieu la marge brute, vive le chiffre d'affaires. Et surtout, vive le profit !

président de Famous

Envoyer par mail un article

La marge brute n'est pas très nette

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.