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Ségo ou Sarko : avec qui se pacser ?

18/01/2007 - par Jean-Pierre Piotet,

Toute élection de proximité, et la présidentielle, paradoxa­lement, en est une, se joue davantage sur la réputation du candidat que sur ses idées. À juste titre, les sondeurs s'arrachent les cheveux et font preuve de moins d'arrogance qu'en 2002 - expérience oblige. Depuis un an, 50-50 pour les favoris : de quoi rendre prudents les techniciens de l'opinion publique, qui reconnaissent qu'à 100 jours d'un scrutin présidentiel, rien n'est joué.

Cette modestie soudaine est d'autant plus justifiée que les mauvaises questions sont posées. Au lieu d'interroger les Français sur leurs intentions de vote, on ferait mieux de leur demander avec qui ils accepteraient de se « pacser ». Voter pour un président de la République, c'est autant le choisir comme « compagnon » que comme « guide suprême ». En 2002, la question implicite était « Voulez-vous vous ennuyer avec Jospin pendant cinq ans ou garder Chirac avec ses bons et ses mauvais côtés ? » Réponse : exit Jospin dès le premier tour. [...] En 2007, les candidats devront à la fois séduire et convaincre, trouver le juste équilibre entre « susciter le désir » et « gagner la confiance ».

Offrir sa part de vérité

Nicolas Sarkozy n'a pas la réputation d'être un tendre et, même s'il affirme avoir changé, il lui faudra aller à la rencontre des Français sur le territoire de l'émotion. Émotion ne veut pas dire provocation. Et le vocabulaire devra soigneusement éviter des mots comme « racaille » ou « Kärcher », qui font gagner beaucoup en notoriété mais peu en proximité. Attention toutefois à ne pas jouer à contre-emploi et ne pas décevoir son camp.

Ségolène Royal, elle, a décidé de redonner du désir à des Français anesthésiés par les 35 heures. Bel exercice ! La bataille des idées n'est pas son fort et sa prudence n'incite pas à la confiance. Aujourd'hui, sa réputation se réduit à celle d'une femme-mère, souriante avec chacun mais peu aimable avec son compagnon. Certains la disent autoritaire, mais les sondages ne trouvent aucune trace de cet attribut. Alors il faudra encore ajouter quelques images pour construire le film de sa réputation de présidentiable. Les banalités proférées sur la Muraille de Chine n'y suffiront pas. Mais elle a du talent, et ses conseillers seront attentifs à ne pas limiter son expression aux néologismes comme la « bravitude », même si cela fait parler.

Avant de se pacser, les Français voudront que les candidats se dévoilent, ils voudront en savoir plus. Ils choisiront comme d'habitude d'après la réputation de chacun. L'une établie, avec ses aspérités. L'autre naissante, avec ses inconnues et ses promesses. Il faudra aller au charbon, offrir sa part de vérité, si l'on veut séduire et convaincre ce compagnon plus blasé qu'enthousiaste : l'électeur.

président de Thompson Corp. et président de l'Observatoire de la réputation, vient de publier Histoires de réputation (éditions Eska)

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