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Musique en ligne : chapeau Apple !

12/04/2007

EMI a décidé de mettre à disposition d'Itunes, la plate-forme de vente de musique en ligne d'Apple, son catalogue de musique, sans aucune mesure de protection. Le consommateur qui s'approvisionne sur Itunes pourra ainsi télécharger la musique d'EMI sur son Ipod ou sur tout autre baladeur, sans aucune restriction. Il s'agit d'une révolution. Jusque-là, les mesures techniques de protection (DRM) avaient été réclamées par les auteurs et les maisons de disques, qui y voyaient le seul moyen de réduire la piraterie et de revenir à une économie où l'accès à l'oeuvre était payant. Que l'une des quatre majors du disque décide de renoncer à la protection que la loi lui accorde est proprement surprenant. Rappelons-nous que Steve Jobs, le patron d'Apple, avait déclaré en mars 2006 que s'il était possible de télécharger de la musique sur un Ipod à partir de n'importe quelle plate-forme, Itunes ne serait plus accessible en France.

Pourquoi ces revirements ? EMI est partie du constat suivant : les consommateurs ne supportent pas les restrictions que des mesures techniques de protection leur imposent quant à la limitation du nombre de copies ou l'impossibilité d'écouter la musique sur certains appareils lorsqu'elle provient de certaines plates-formes. Cela peut expliquer pourquoi les ventes de musique en ligne ne décollent pas. Or les majors en ont besoin - surtout EMI qui n'est pas dans une situation financière excellente - car leur chiffre d'affaires continue de baisser sensiblement.

Les auteurs court-circuités

Mais c'est aussi la marque d'un certain scepticisme face à l'efficacité des mesures de « verrouillage » pour limiter la piraterie. Apple, après avoir joué à fond la logique des systèmes propriétaires, effectue lui aussi un virage à 180°. Steve Jobs constate, comme EMI, l'insatisfaction du consommateur mais aussi que la grande majorité de la musique téléchargée sur les Ipod n'a pas été achetée sur Itunes, ce qui sonne selon lui l'échec de la logique propriétaire et du modèle protégé par les DRM.

Que va-t-il se passer ? Les ventes de musique en ligne vont-elles s'envoler du seul fait du déverrouillage ? À voir. Cela suppose que les autres majors emboîtent le pas à EMI, ce qui n'est pas certain. Mais aussi, l'instauration d'un prix 30 % plus cher pour l'accès à un numérique sans DRM (1,29 euro au lieu de 0,99 euro avec DRM) va-t-il inciter le consommateur à se ruer sur les titres déverrouillés, alors même que la vraie question pour lui n'est pas celle du niveau de prix, mais de la gratuité ?

Enfin, comment vont réagir les auteurs ? Cet accord s'est fait par-dessus eux. Or ils ont un droit exclusif sur les modes et conditions d'exploitation de leurs oeuvres et sur le respect des mesures de protection de celles-ci. Il y a fort à parier qu'ils s'opposeront rigoureusement à de tels accords. [...]

Steve Jobs et Apple sont les grands gagnants de l'opération. Ils passent pour ceux qui ont permis l'accès libre à la musique en ligne, la déverrouillant et renonçant de manière spectaculaire aux systèmes propriétaires, l'inscrivant résolument dans la nouvelle philosophie du Web 2.0. Le monde d'Internet n'a décidément pas fini de nous étonner !Patrick Boiron, associé au cabinet DLA Piper

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