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Maurice, vous m'épatez !

30/08/2007 - par Daniel Vignat,

Si vous voulez savoir, c'est l'incendie de Publicis, en 1972, qui a rendu Maurice Lévy incandescent. Mais, dès 1971, de façon prophétique, Marcel Bleustein avait dit au jeune Maurice : « Un jour, vous serez à la tête de cette maison. » Si vous voulez savoir, le dernier client de Marcel fut le pape... après que Mgr Lustiger eut pris contact avec Maurice Lévy. Si vous voulez en savoir plus sur le fabuleux destin du « Lion de Publicis », c'est dans le livre Marcel Bleustein-Blanchet, un homme d'honneur par Jean Mauduit, chez Verbe Éditions.

Au sujet de Marcel, le livre commence par ce qui pourrait être un paradoxe s'agissant d'un publicitaire. C'est Maurice Lévy, dans sa préface, qui reconnaît à son maître comme valeur fondamentale « la morale de l'effacement ». Une seconde caractéristique aussi étonnante nous est donnée par Jean Mauduit : « MBB fut, toute sa vie, l'avocat, le champion, l'apôtre de la qualité du produit... »

Puis, l'auteur nous conte la jeunesse du Lion, savoureuse dans son assez sage turbulence. À dix-neuf ans, Marcel quitte l'affaire familiale pour se lancer dans la publicité. Puis vient sa conquête de l'Amérique, à vingt-trois ans. Il en reviendra plein d'idées. Et puis il y a la très grande trouvaille de MBB : la radio. Que d'anecdotes croustillantes et excitantes pour aboutir à devenir « millionnaire » !

L'auteur, sincèrement émerveillé, décline les qualités attribuées au Lion : courage, élégance, humanité, et nous rappelle le classement par Philippe Lorin de MBB parmi les cinq géants de la publicité.

Les histoires sont révélatrices, très souvent rigolotes et toutes couronnées par cette fleur du talent qui s'appelle le génie de la simplicité. Je me souviens des années soixante-dix comme d'un sommet anticartésien au sujet duquel m'est venu, à l'époque, cet aphorisme : « Je dé-pense donc je suis », caractérisant le comportement des consommateurs. Pour l'entreprise, le mot d'ordre est le développement. Alors, pour Publicis, il s'agit de grandir. C'est là que l'histoire nous fait découvrir un autre passionnant destin : celui d'un homme jeune, intelligent et travailleur. Et rigoureux. Et décidé. Il lui faut bien tout ça. Il s'appelle Maurice Lévy et s'attaque aux travaux d'Hercule. En sauvant, lors de l'incendie, les dossiers informatiques de l'entreprise et donc sa gestion-comptabilité, Maurice Lévy accomplit son premier travail herculéen. Deux ans plus tard, en 1974, deuxième travail de Titan réussi : le sauvetage du budget Renault.

Toujours dans le colossal, en 1980 : le développement du réseau international. Là, un récit à suspense et détaillé. Quatrième travail mythologique : faire rentrer le budget Coca-Cola. Et avec quelle audace ! En signifiant par lettre au patron de Coca-Cola, qui ne répondait pas à ses courriers, que vu son impolitesse, il ne voulait plus travailler avec lui. Comme Parmentier cachant la pomme de terre pour mieux la lancer...

Dans ce grand roman qu'est la vie de Marcel, on ne se lasse pas des aventures de Maurice, son dauphin. Mais je m'en tiendrai, pour finir, à une de ses prouesses qui dépassent celles des dieux de l'Antiquité puisqu'elle touche à l'oecuménisme. C'est l'obtention du budget que l'Église consacre, si j'ose dire, aux Journées mondiales de la jeunesse et incluant la venue de Jean-Paul II en France. C'est d'être considéré comme le meilleur des meilleurs publicitaires par Mgr Lustiger. Pour Marcel Bleustein-Blanchet, le bouquet final, c'est de gagner, post mortem... le pape. Et c'est encore de recevoir, avec cette victoire, ce qu'il avait appelé juste avant sa mort « ma plus belle récompense, ma vraie légion d'honneur ».

ancien directeur de création de Publicis

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