Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

Sauvons la presse informatique !

25/10/2007 - par Henri Dirat,

Quand Libération a failli mourir, tout le monde - politique, économique, culturel, de gauche comme de droite - s'est ému et c'est un financier représentant l'essence du capitalisme [...] qui s'est porté au chevet du malade pour lui injecter la médication nécessaire à sa survie. Le premier bulletin de santé donne des signes encourageants de rétablissement, même si le convalescent est encore fragile publicitairement...

Mais quand les principaux groupes de presse informatique (Test, IDG et VNU) font l'objet d'une quasi-disparition, personne ne se mobilise, ni pour les salariés et journalistes menacés ni pour ce secteur d'activité pourtant stratégique sur les plans de l'innovation, de sa contribution désormais indiscutée au PIB, du nombre d'emplois, de la compétitivité de nos entreprises, etc. Que fait le Cigref [Club informatique des grandes entreprises françaises] ? Que fait Syntec Informatique ? Que font les confrères journalistes ?

L'annonceur est allé sur Internet

Il est vrai que les titres à la une de 01 Informatique n'ont jamais été remarqués par les revues de presse. Mais sait-on que 01 Hebdo (son nom d'origine) fut la première revue au monde consacrée à l'informatique ? Si ses dirigeants d'alors avaient eu une vision internationale, le groupe Tests serait la première entreprise mondiale de presse informatique. Ce qui n'a pas empêché celui qui occupe cette place aujourd'hui, à savoir IDG Corp., de rencontrer de si grandes difficultés qu'il est dans l'obligation de céder tous ses titres en France (Le Monde Informatique, Distributique, Réseaux&Télécoms), dont les éditions papier vont disparaître.

Alors, à qui la faute ?

La responsabilité première en incombe aux annonceurs, dont l'achat d'espace a déserté massivement les pages des magazines professionnels. Il est allé dans trois directions principales : en premier lieu, nulle part, sacrifié sur l'autel des budgets réduits, coupés ou réaffectés sur du ROI [retour sur investissement] plus immédiat ou plus visible. Ensuite sur Internet, bien sûr ! Avec tout son arsenal de pages vues, de visiteurs uniques ou de nombre de clics qui l'ont rendu fréquentable, voire même sympathique aux yeux des directions marketing désormais plus proches de préoccupations financières à court terme que des valeurs de marque. Enfin, vers les « grands » médias TV et presse éco/news qui, vus de New-York, Shanghai ou Londres, affichent des échelles de puissance qui parlent toutes les langues.

Mais les annonceurs ne sont pas les seuls coupables dans cette affaire. S'ils ont déserté ces médias, c'est qu'ils n'y trouvaient plus les bons véhicules pour toucher efficacement et à coût compétitif leurs cibles commerciales. Y aurait-il donc aussi un problème de contenu, de positionnement éditorial, voire de qualité rédactionnelle ? Attention ! c'est dangereux, ça, coco ! Tu n'irais pas jusqu'à écrire tout haut ce que tout le monde dit tout bas ? À savoir que la presse informatique n'a pas évolué au même rythme ni dans la même direction que la profession qu'elle est censée représenter. Pour ma part, je constate seulement que nous avons encore affaire à une exception française car la presse informatique, même bousculée, existe ailleurs en Europe, outre-Atlantique ou dans d'autres régions du monde.

Je suis excessivement surpris, je devrais même dire profondément déçu, qu'aucun acteur important du marché n'ait ressenti la nécessité de prendre la tête d'une initiative fédératrice de celui-ci pour exprimer aux dirigeants de ces groupes de presse leur soutien tout en exigeant d'eux des supports efficaces publicitairement parce que forts rédactionnellement. En donnant des gages de pérennité avec des perspectives publicitaires rassurantes, il aurait été possible, pour ces groupes, de mener à bien les adaptations ou créations nécessaires pour suivre l'évolution du marché.

Un marché passif

Au lieu de cette concertation entre professionnels poursuivant des intérêts communs, le marché assiste, passif, à la transformation radicale, voire à la disparition, de sa presse professionnelle sans même s'enquérir auprès des nouveaux propriétaires du sort qu'ils projettent de réserver aux rares titres survivants.

Même si les jeux sont faits sur le plan capitalistique et que les pots de départ des collaborateurs concernés sont consommés, tout n'est peut-être pas encore écrit dans le marbre. Ne serait-ce que parce que les nouveaux propriétaires visent forcément, eux aussi, le fameux ROI et qu'ils doivent être attentifs à ce que veulent leurs futurs clients.

Alors, camarade entreprise du secteur, fais preuve de « bravitude » et adopte une attitude gagnant-gagnant en sauvant ta presse professionnelle ! C'est ton intérêt : tu peux gagner plus si elle travaille plus !

Cofondateur et directeur général de 3D Communication

Envoyer par mail un article

Sauvons la presse informatique !

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.