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Travailler moins pour créer plus

21/02/2008 - par Dominique Chevallier,

Le rythme de travail s'est considérablement accéléré dans les agences. Il n'est pas sûr que les annonceurs y gagnent. Comme le rappelle l'économiste Bernard Maris, « à Berne, Einstein ne branlait rien à l'Office des brevets : il y a pensé sa théorie de la relativité. "Je vois des chercheurs pas des trouveurs ", disait de Gaulle. C'est stupide... Si on avait cherché l'Internet, on ne l'aurait pas trouvé. La face émergée de l'iceberg, la valeur marchande, ne voit pas la face immergée : la recherche. Les fourmis, égoïstes, épargnantes, ne sont rien sans les cigales. »

La gratuité, la rêverie sont d'irremplaçables moteurs de la création. L'hyperactivité sarkozienne semble annoncer des lendemains qui déchantent. On verra que les fans de Nicolas vont finir par regretter la flânerie mitterrandienne qui, revenue d'une balade tranquille dans les librairies du Quartier latin, inventait peut-être le discours du Bundestag ou celui de la Knesset.

Même s'il serait bien sûr risible de mettre la production intellectuelle d'un publicitaire au niveau de celle d'un savant ou d'un chef d'État, le cheminement créatif, les mécanismes d'accouchement des idées ne sont certainement pas très éloignés. Dans un cas comme dans l'autre, la boulimie de travail ne semble pas être le meilleur garant de la créativité. Elle nuit à la distance, au regard en biais qui favorise la production de nouveauté. Beaucoup de travail enrichit, trop de travail abrutit.

C'est souvent quand un créatif ne travaille pas que son cerveau sensibilisé au problème à résoudre travaille le plus. Surcroît de stress, insuffisance de relâchement et on entend moins les bruits de la ville, on capte moins les mouvements de l'époque, nourritures essentielles, car on sait qu'un concept est fait de croisements, d'interférences. On peut toujours demander aux créatifs de travailler plus. Ça marche jusqu'à un certain seuil. Passé celui-ci, plus de rentabilité finit par devenir moins de rentabilité, parce que moins de fraîcheur et d'imagination. Il ne reste alors que les réflexes et les ficelles.

Cela peut paraître difficilement supportable à certains en ces temps d'hystérie productiviste, mais on aurait tort de se passer des paresses créatives.

vice-président de Publicis Dialog

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