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La guerre du cloud aura-t-elle lieu ?

20/02/2018 - par Vanina Prélat-L'Herminier

Une nouvelle bataille s’engage autour de la data et du stockage des données. La tendance à la migration vers le cloud pose notamment la question de la territorialité des données.

Le cloud, qui permet aux entreprises de stocker leurs données en ligne, deviendra-t-il le nouvel enjeu autour de la data ces prochaines années? «Si toutes les entreprises ne passeront pas au cloud, la tendance de migration devient néanmoins très visible», estime François Poitrine, directeur général d’Ekimetrics, spécialisée dans le conseil en data-sciences. Après les PME, c’est au tour des grandes entreprises internationales de basculer leurs données en ligne, rassurées «par un niveau de sécurité qui a su réellement évoluer en trois ans». Pour Douglas Willcocks, vice-président data science au sein de l’agence Artefact, le changement est bénéfique: «les entreprises délaissent des infrastructures et technologies onéreuses pour privilégier l’agilité, les dernières innovations les plus puissantes proposées par les fournisseurs et la possibilité de dimensionner leurs besoins du moment en quelques clics.» 

Nouvelles frontières numériques

Le marché promet d’être juteux, avec un taux de croissance annuel mondial estimé à 21,5% jusqu’en 2020, selon le groupe IDC. Dans les starting blocks pour remporter cette nouvelle bataille économique, une vingtaine d’acteurs, dont Oracle, IBM, Salesforce, Dell EMC ou encore le français OVH. Comme souvent, les géants américains tiennent le haut du classement, avec Microsoft Azur, Google Cloud Platform ou Amazon Web Services.

Cette fois-ci pourtant, la puissance des investissements et l’agressivité commerciale ne suffiront pas. «L’affaire Snowden a déclenché un certain protectionnisme des données et la création de nouvelles frontières numériques. Certaines entreprises européennes évitent d’héberger leurs données aux États Unis pour les protéger de lois territoriales intrusives, tandis que la Chine et la Russie interdisent tout simplement la délocalisation des données de leurs ressortissants», explique Ahmed Baladi, avocat associé au sein du cabinet Gibson Dunn. «Ce contexte de protectorat ambiant peut rebattre les cartes et laisser une chance d’expansion réelle au cloud à l’européenne, porté par des acteurs comme OVH, dont les datas centers sont soumis à la réglementation sécurisante du RGPD», poursuit Allison Junoy, membre du comité stratégique de MiTrust, plateforme de protection et d'échange de données personnelles.

Ce scénario n'est pas du goût des acteurs américains, qui, pour garder la main, soutiennent des stratégies d’ouvertures importantes à travers le monde. Objectif affiché: permettre aux entreprises locales de conserver leurs données stratégiques sur leur territoire. Dernier exemple en date, l’annonce en décembre 2017 d’Amazon Web Services, numéro un du marché, sur l’ouverture de data centers localisés en France, au moment où bon nombre d’entreprises du CAC 40 entament leur migration vers le cloud. Une annonce judicieuse autant que stratégique.

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