
28/08/2008 - Leur croissance à deux chiffres attire de plus en plus de commerciaux. Mais la fuite des collaborateurs des régies médias vers ce nouvel eldorado est limitée. Explications.
C'est bien connu, les commerciaux aiment les chiffres. Surtout quand ils sont mirobolants. Ceux dévoilés par le dernier baromètre IAB-SRI-TNS Media Intelligence sur les investissements publicitaires bruts du 1er semestre font sans aucun doute partie de cette catégorie. Selon ce baromètre, ils ont progressé sur le Web de 38% sur un an, à 1,8 milliard d'euros. Encore en deçà de la presse (3,8 milliards, +4,3%) et de la télévision (3,79 milliards, +1,8%) mais devant la radio (1,6 milliard, +0,8%). Une ruée vers le Web si forte que la Toile attire aujourd'hui deux fois plus d'annonceurs que la télévision ou la radio.
Des chiffres de nature à interpeller les commerciaux. D'autant que la bonne santé du secteur s'accompagne d'une réputation de très bon payeur. "En moyenne, les rémunérations dans les régies Internet sont de 30% supérieures à la moyenne, précise Alain Jammet, président du cabinet de recrutement FME Search. Si les juniors sont généralement embauchés au même niveau de salaire (entre 30 000 et 35 000 euros annuels), les écarts se creusent dès que l'on augmente son expérience Web."
Les candidatures affluent
Et parfois, elle augmente vite. Édouard Dinichert, responsable commercial de la régie 24/7 Real Media, en est un parfait exemple. "Je suis entré dans l'entreprise en tant que chef de publicité et, en à peine un an, je suis devenu directeur commercial, explique-t-il. Il est beaucoup plus facile de faire son trou dans le Net que dans un média classique."
Meilleurs salaires, ascension plus rapide et parfois fulgurante : les commerciaux vont-ils vraiment se ruer sur le Net au détriment des autres médias ? Les régies Web exagèrent le phénomène, les régies traditionnelles le minorent. Chez AOL Publicité, par exemple, comme dans nombre de structures Internet, Frédéric Daruty, directeur général, relève "des candidatures de commerciaux non spécialistes du Web de plus en plus nombreuses."
Changement de discours dans les régies traditionnelles, où la dimension numérique prend de plus en plus d'importance et où l'on insiste sur une attractivité intacte comme sur le faible nombre de mouvements. "Nous recevons toujours autant de candidatures spontanées, et les départs sur l'année se comptent sur les doigts d'une main", assure par exemple Rémy Vincent, responsable recrutement des régies chez Mondadori.
Le risque d'hémorragie est-il réel ? "L'essentiel des transferts a déjà eu lieu", affirme Pierre Cannet, patron du cabinet de recrutement Blue Search Conseil. Passé par les régies de Yahoo et de Challenges avant de rejoindre il y a six mois le pôle Web de Prisma Presse en tant que directeur commercial, Alexis Choucroun nuance : "Internet est le seul média qui connaît une croissance à deux chiffres. Alors, forcément, la majorité des commerciaux veut y travailler, pensant toucher des primes et bénéficier de variables déplafonnées. Mais, au final, les transferts sont peu nombreux."
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