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Interview

«Il faut supprimer la journée de la femme»

06/03/2015 - par Propos recueillis par Gilles Wybo

Pour Gérald Karsenti, PDG de HP France, une journée par an est un cache-misère. Il prône une discrimination positive, au moins dans un premier temps. Ce chef d'entreprise enseigne aussi le leadership à HEC et préside le Cercle du leadership. Il interviendra lors de la journée de la femme digitale, le 13 mars au Palais-Brongniart.

Vous militez pour la suppression pure et simple de la journée de la femme ?

 

G.K. Oui, il faut en finir avec ce rendez-vous. Peut-être que cela a apporté quelque chose la première année, mais maintenant c’est fini. En creux, cela signifie que les 364 autres jours sont à l’homme. A l’occasion de la journée de la femme se tiennent de multiples conférences où tout le monde vient expliquer les mêmes choses depuis vingt ans. La parité c’est une lutte, pas un sujet de débat. Tant qu’il s’agit de discuter, tout le monde est d’accord, les problèmes commencent quand il faut dire aux hommes, sur 500 postes, nous allons en réserver 100 aux femmes.

 

Quelles solutions préconisez-vous ?

 

G.K. La discrimination positive ou les quotas sont un bon moyen pour amorcer le rééquilibrage, après il faut arrêter. C’est ce que j’ai fait par exemple avec les postes de responsables comptes clients monde : sur cette vingtaine de postes, il n’y avait pas une seule femme. Il y a trois ans, j’ai insisté pour que trois femmes accèdent à ces fonctions. Elles sont toutes les trois très performantes. Il y a eu besoin de discrimination positive, pour enclencher le mouvement, maintenant je ne le referai plus. Ces exemples positifs, ces modèles, suffiront à attirer d’autres femmes vers ces postes à hautes responsabilités. 

 

Les mentalités des femmes managers évoluent-elles ?

 

G.K. Quand j’enseigne à HEC, cette question de la parité et de l’égalité salariale, n’est pas un sujet pour mes étudiants. Quand je les retrouve deux ou trois ans après leur entrée dans la vie active dans le cadre de coaching, là ces jeunes diplômées d’HEC commencent à prendre la mesure du problème. Il y a aussi des femmes de la génération des 30/40 ans, qui arrivent dans l’entreprise, sans complexe, sans trop se poser de questions et qui sont très entrepreneuses. D’autant qu’à mes yeux le management au féminin existe et qu’il peut apporter beaucoup de choses aux sociétés.
 
En termes de parité où en êtes-vous chez HP ?

 

G.K. Depuis un an, au sein du comité de direction il y a 50 % d’hommes et de femmes. Y compris dans les directions business alors qu'habituellement on a plutôt tendance à confier aux femmes les directions des ressources humaines et communication. Dans le numérique, la quête de la parité est un défi car il y a une sur-représentation des diplômés hommes au départ. Au global chez HP France, il y a aujourd’hui 34 % de femmes. J’ai créé il y a quatre ans un club de l’avenir [sorte de club de hauts potentiels], on les suit et les prépare à occuper des postes clés chez HP. Dans ce club, il y a 50% de femmes et 50% d’hommes.

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