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Des érémistes remis en selle

04/09/2008 - par Lionel Levy

L’Agence nouvelle des solidarités actives (Ansa) expérimente un système de parrainage pour les personnes allocataires du RMI qui recherchent un emploi dans la communication.

C'est ce que l'on appelle une initiative généreuse. Depuis avril dernier, l'Agence nouvelle des solidarités actives (Ansa), association créée en 2006 par Martin Hirsch, anime, sous l'égide de la Ville de Paris, un réseau d'allocataires du RMI cherchant un emploi dans le secteur de la communication. Parrainés par des professionnels en poste, il s'agit de les remettre sur les rails de l'emploi.

Si l'on connaissait l'Agence nouvelle des solidarités actives pour son expérimentation du RSA (revenu de solidarité active) dans vingt-cinq départements, son action dans le secteur de la communication est pour le moins méconnue. Pourquoi ce secteur plutôt qu'un autre ? «Tout simplement parce qu'il est l'un des plus touchés par la crise», explique Christophe Fourel, directeur général de l'Ansa. Sur 53 000 RMIstes parisiens, 10 000 disent rechercher un emploi dans le secteur de la communication, entendu au sens large (médias, communication et arts du spectacle).
Il est d'autant plus difficile de trouver un poste dans ce secteur qu'une bonne partie des embauches se fait par réseau. D'où l'idée de l'agence de miser sur le parrainage et de faire appel à des bénévoles en poste pour aider les allocataires. Cinquante-trois d'entre eux bénéficient de l'opération : les trois quarts ont un niveau master, un tiers moins de trente ans et une dizaine plus de quarante.

Les engagements du parrain consistent à accompagner et conseiller durant six mois le RMIste dans toutes les étapes de sa recherche d'emploi (CV, lettre de motivation, stratégie de recherche, recommandations pour les entretiens, simulations, etc.). Puis, dans un second temps, à lui faire bénéficier de son réseau professionnel pour faciliter son accès à l'emploi.

Même si l'investissement en temps est plutôt limité (un à deux rendez-vous par mois sur le lieu de travail avec le filleul), trouver des parrains reste difficile.

«Nous avons misé sur le bouche-à-oreille : des mails envoyés à des amis dans la communication, aux amis de leurs amis, et ainsi de suite, indique Marine Groleau, chargée de mission responsable du réseau de parrainage. Dans un secteur peu réputé pour son esprit de solidarité, cela nous est apparu plus efficace que d'industrialiser les demandes. De plus, nous voulions éviter que des entreprises s'emparent du sujet pour en faire un instrument de communication. Ce qui nous importe, c'est d'avoir des personnes réellement motivées.»

En finir avec les a priori

Une cinquantaine de parrains ont répondu à l'appel : chargés de communication au sein d'agence, chez l'annonceur ou en association, publicitaires, journalistes, etc.

Jean-Michel Hieaux, vice-président d'Euro RSCG C&O est l'un d'eux. Sa motivation ? Une sorte de sacerdoce. «Il faut en finir avec l'égoïsme abyssal dans lequel est entrée notre civilisation et penser à donner au moins autant que ce que l'on a reçu, estime-t-il. C'est d'autant plus important dans notre secteur, où à force de faire des effets de manche, certains peuvent devenir imperméables à la générosité.» Du coup, sa filleule une jeune femme de  trente-deux ans et titulaire d'un master, a pu bénéficier de sa connaissance du marché, de ses conseils et de son réseau. «Il m'a permis de rencontrer beaucoup de personnes chez Euro RSCG, explique-t-elle. Certes, je n'ai pas encore retrouvé d'emploi, mais j'ai déjà pu affiner mon projet professionnel, mieux comprendre les attentes des recruteurs et surtout reprendre confiance en moi.» Un point majeur tant les doutes les ont envahis.
Des doutes parfois alimentés par le regard qu'on leur porte. Asociaux, fainéants, irresponsables,... les RMIstes alimentent les a priori. «Honnêtement, j'avais peur de me retrouver face à des cas sociaux, avoue Benjamin Gratton, patron de l'institut Opinion Way et autre parrain de l'opération. Finalement, je n'ai rencontré que des personnes extrêmement motivées voulant réussir.» Christophe Fourel, directeur général de l'Ansa, insiste d'ailleurs sur la valeur pédagogique de l'initiative. «Les personnes bénéficiaires de minima sociaux sont le plus souvent stigmatisées. Ce type d'opération peut aussi permettre à certains de changer de regard et de comprendre que tout un chacun peut se retrouver dans cette situation.» Jusqu'à aujourd'hui, deux RMIstes bénéficiaires de l'opération ont retrouvé un emploi. Un nouveau point d'étape est prévu prochainement avec la Mairie de Paris. Le réseau d'allocataires devrait être étendu. En attendant, l'agence recherche de nouveaux parrains bénévoles. Communicants, qu'attendez-vous ?

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