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La bienveillance, nouvelle potion magique des managers

Ressources humaines

03/11/2015 -

Le management bienveillant n’est plus une idée de doux dingues déconnectés du monde de l’entreprise. La preuve: un master vient d’ouvrir pour l’enseigner. Et le groupe de distribution Casino y croit dur comme fer.

© Dominique Boll pour Stratégies

Une vingtaine de managers du groupe Casino ont entamé début octobre, à l’université de Saint-étienne, un master 2 en distribution qui comprend un module de management bienveillant. Pendant plus d’une année, ils seront formés à ce concept. Bienveillance au travail, journée de la gentillesse… Après les incantations, enfin des actes. « De nombreux cercles de dirigeants sont mobilisés sur le sujet », constate Arnaud de Saint-Simon, directeur du magazine Psychologies, qui avait lancé en 2011 un appel à plus de bienveillance, signé par 400 entreprises. C’est le cas aussi bien du Club des jeunes dirigeants (CJD), d’Entreprises & Progrès que de l’Association progrès du management (APM).
Le thème du management bienveillant sera aussi abordé lors de l’Université du bonheur au travail (Ubat), qui se tiendra du
29 au 31 octobre à l’Inseec. A l’origine du projet, la Fabrique Spinoza fondée par Alexandre Jost : « Nous sommes un think tank qui veut placer le bonheur citoyen au cœur du débat public et influencer les décideur­s. Nous avons par exemple obtenu­, en juillet dernier, que la satisfaction de vie fasse partie des dix indicateurs clés pour le Parlemen­t chaque année. » Et, dans l’entreprise­, si la bienveillance était la clé pour remobiliser les collaborateurs­ ?
« Il y a un problème, constate Alexandre Jost : 70 % des managers ont le sentiment de formuler de la reconnaissance, alors que 30 % des salariés disent en recevoir. » On observe donc un léger décalage et un sacré problème de communication ! « D’autant que des études ont démontré que pour compenser les effets d’un feedback négatif de la part d’un manager, il fallait au moins trois retours positifs », poursuit l’expert. Dans l’urgence, la plupart des managers ne pointent que les trains qui n’arrivent pas à l’heure.

A l’action

Pourtant, Arnaud de Saint-Simon constate une prise de conscience quant à la nécessité de remettre de la bienveillance dans l’entreprise : «Je reçois trois invitations par semaine pour intervenir à des conférences sur ce thème. On en parle beaucoup, mais c’est peu suivi d’actions. Ou alors cela aboutit à des crèches d’entreprise, une distribution gratuite de fruits, des soirées festives… Instaurer de la bienveillance, cela passe par la mise en place de choses plus structurantes, comme une formation des managers à la communication managériale, via du coaching. »

Redonner du sens

Au sein du groupe Casino (350 000 collaborateurs), dans un secteur où le management est réputé dur, le directeur des ressources humaines Yves Desjacques (lire ici son interview complète) a décidé d’utiliser le levier de la bienveillance en renforçant le sens du travail de chacun, pour faire en sorte que chaque collaborateur sache à quoi il sert : « Ils ont mis en place des formations d’une demi-journée sur le thème du sens, et des tables rondes où les managers ont pu faire remonter leurs bonnes pratiques, précise Philippe Rodet, urgentiste, auteur du Bonheur sans ordonnance. Tous ces témoignages ont été compilés dans un ouvrage. Il s’agit de faire comprendre l’utilité du magasin dans une ville. » En parallèle, le groupe Casino a monté, avec l’université de Saint-Etienne, ce module en management bienveillant. Et devrait développer ce programme avec d’autres écoles.
« Aux Etats-Unis, un cabinet d’audit a formé ses managers à la bienveillance pendant 21 jours, relate Alexandre Jost. Apprendre à formuler des compliments, savoir faire preuve de gratitude, encourager… Après une phase où les managers se sont un peu forcés, cela a eu un réel impact : des collaborateurs qui se sentent mieux, sont plus joyeux et ont le sentiment de bien travailler. » Enfin, la bienveillance devient aussi un enjeu d’attractivité, selon Arnaud de Saint-Simon : « L’ambiance de travail devient un critère de choix important pour les jeunes diplômés. Au même niveau que le salaire. »

En complément

Avis d'expert 

La charte du manager bienveillant

Philippe Rodet, urgentiste de formation, spécialiste du stress, auteur du Bonheur sans ordonnance (Eyrolles, janvier 2015).
 


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Vos commentaires

fraguy92
Certes, c'est bien (mieux vaut tard que jamais !) que les grandes Sociétés françaises se rendent enfin compte que le management, pour être efficace, se doit d'être bienveillant. Mais il est tout de même dommage qu'elles aient perdu tellement de temps à comprendre que pour être motivé, un collaborateur doit comprendre le sens de ce qu'il fait et qu'il doit se sentir bien au travail, valorisé et reconnu ; qu'il est plus productif aussi de capitaliser sur ses points forts que de s'appesantir sur ses points faibles, pour lesquels il convient en revanche de lui faire suivre les formations adéquates. Et l'on peut déplorer qu'un groupe comme CASINO en soit rendu à monter, avec l'université de Saint-Etienne, un module en management bienveillant et à devoir développer ce programme avec d'autres écoles.
Cela fait bien des années en effet que les Sociétés de vente à domicile, dont les commerciaux sont le plus souvent des indépendants (lesquels n'ont donc aucun lien de subordination avec les Sociétés pour lesquelles ils exercent, ni non plus avec leurs "managers", appelés plutôt, d'ailleurs, et pour cause, "animateurs") pratiquent « de la bonne manière » : comment, d'ailleurs, faire autrement, lorsqu'il n'existe aucun lien hiérarchique entre le collaborateur et son « manager » ? Dans un tel contexte, les seuls leviers sont la motivation, la mobilisation et l'utilisation des techniques de ventes, qui passent nécessairement par la prise en compte des besoins et des attentes des collaborateurs (et donc aussi par l'écoute active), par le développement des compétences et la reconnaissance des personnes et des mérites, ainsi que par le partage des expériences et la communication d'une vision pour l'entreprise, relayée et porteuse de sens pour chacun des collaborateurs. De ce point de vue les Sociétés de vente à domicile pourraient donc en apprendre beaucoup à celles qui découvrent aujourd'hui seulement, les bienfaits d'un management bienveillant. Je doute pourtant qu'il soit fait appel à eux pour intervenir et partager leur savoir-faire et leur savoir-être en la matière, dans le cadre de ces nouveaux modules d'université et/ou d'écoles de management. Et c'est bien dommage, et surtout très dommageable pour les Sociétés qui ont tout à apprendre sur le sujet qui nous intéresse.
Par ailleurs il est tout aussi navrant de constater que les résultats des nombreux travaux que des sociologues ont menés, dans les années 50, sur les méfaits de la mécanisation du travail et de la perte de sens et d'humanisme qui en découlaient (cf. par exemple Georges Friedmann et la parution, en 1956, de son livre « Le travail en miettes ») aient si peu inspiré les dirigeants d'entreprise et leurs managers pour qu'on en soit encore là où l'on en est aujourd'hui, c'est-à-dire une soixantaine d'années plus tard !...


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