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L’open space, la tyrannie du bonheur

09/10/2008 - par Propos recueillis par Lionel Lévy

Entretien avec Alexandre des Isnards, qui après neuf ans passés en agence médias et Internet, a coécrit L’Open Space m’a tuer. Une peinture au vitriol du quotidien des jeunes cadres.

Démissions à la chaîne, refus des promotions, dépressions... Dans votre livre, vous écornez l'image du jeune cadre dynamique. N'avez-vous pas le sentiment d'exagérer la souffrance des jeunes au travail?

Alexandre des Isnards. Avec Thomas Zuber, coauteur du livre et consultant en cabinet-conseil et SSII, nous nous sommes appuyés sur des dizaines de témoignages et notre propre expérience. Des salariés qui ont des ulcères à vingt-sept ans, des filles qui pleurent aux toilettes, nous en avons croisé beaucoup dans la communication et les cabinets-conseils. Dans ces univers, le discours sur les jeunes que l'on chouchoute dans un contexte de guerre des talents est une mystification. En réalité, on les presse comme des citrons. Aucune mesure ne vise à les fidéliser. Au contraire, on leur explique que, pour évoluer, il vaut mieux s'en aller. Du coup, le désengagement de ces jeunes cadres, que l'on associe parfois à un manque d'ambition, est plutôt une forme de résistance.

 

En quoi l'"open space" contribue-t-il au mal-être des jeunes cadres?

A. des I. Parce qu'il est le symbole de ces nouvelles méthodes de management où la hiérarchie est censée être moins pesante, le tutoiement généralisé et l'ambiance «top cool». Derrière la convivialité apparente, le bruit et le contrôle de chacun sur l'autre génèrent du stress. Mais personne ne se plaint. C'est le plus souvent la comédie, voire la tyrannie du bonheur. Le management en mode projet n'arrange rien à l'affaire: l'autonomie s'est muée en solitude, avec des cadres qui n'encadrent plus rien. Chacun est livré à lui-même. La conséquence ultime de cette souffrance est angoissante: pour certains, réussir sa vie et sa carrière sont devenus deux objectifs antinomiques.

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