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«Dégooglisez-moi!»

06/11/2008 - par Lionel Lévy

Sortir du référencement de Google est un parcours du combattant. Voici comment rectifier le tir en cas d’impairs.

Ce jeune diplômé qui recherche un emploi dans la communication est dépité: «Un gros blaireau, voilà ce pour quoi je passe sur Internet!» Quiconque cherche son nom sur Google tombe en effet sur un forum dont il est la risée. En cause, un message bourré de fautes de français qu'il a un jour posté. Un essai sur Google Images ? Pas mieux: on le voit une bouteille à la main, passablement éméché, avec en guise de couvre-chef… un slip.

Un contenu potentiellement visible par le plus grand nombre. D'autant qu'aujourd'hui, tout le monde s'amuse à «googliser» autrui, recruteurs en tête. Or le Web n'oublie rien, que ce soit les écrits, les photos ou les vidéos. De quoi ruiner une réputation à la vitesse du haut débit.

Si un certain nombre d'agences proposent aux marques de corriger l'«e-réputation», il s'agit d'un vrai casse-tête pour les particuliers. «Faire disparaître les contenus compromettants, c'est la croix et la bannière, indique sans jeu de mots Nicolas Baleydier, fondateur du métamoteur de recherche Kartoo. La seule réelle alternative est de demander gentiment au programmeur du site d'enlever l'information de son serveur.»

Encore faut-il identifier l'éditeur. Voire les éditeurs, car l'information malheureuse est susceptible de s'être propagée sur d'autres sites en France, et caractère transnational du Web oblige, à l'étranger. Dans ce cas, les démarches promettent d'être difficiles.

«Mais même si l'éditeur identifié fait preuve de mansuétude, la partie n'est pas gagnée pour autant, précise Nicolas Baleydier. Car le contenu peut rester plus ou moins longtemps dans le cache de Google. Il sera normalement éliminé de l'index, puisque introuvable quand le serveur sera de nouveau soumis au moteur de recherche.»

Pas de droit à l'oubli

Avant de poster quoi que ce soit sur la Toile, mieux vaut donc y réfléchir à deux fois. Mais même en étant extrêmement prudent, impossible d'être complètement à l'abri, car d'autres peuvent s'en charger pour vous. Par négligence (une photo de vous mise en ligne sans votre autorisation) ou par malveillance (collègues de bureau mal intentionnés, amants éconduits, etc.). Selon Vincent Dufief, avocat au barreau de Paris, spécialisé en droit pénal des nouvelles technologies et en droit de la vie privée, les vengeances sur le Web sont promises à un bel avenir pour les personnes connues comme pour les anonymes.

Que faire lorsque l'on en est victime ? «D'abord conserver les preuves de la situation et identifier l'éditeur et l'hébergeur du site, explique-t-il. Ensuite, qualifier les propos. Dans la plupart des cas, il s'agit d'atteinte à la vie privée ou à l'image, d'injure ou de diffamation.»

Précision de l'avocat : «Des propos très critiques peuvent être parfaitement légaux. La victime supposée doit savoir que la liberté d'expression est très bien protégée par la loi.» De même, il sera très compliqué de faire supprimer des articles relatant une condamnation passée et plus encore, une activité inavouable. «C'est au bon vouloir de l'éditeur, souligne Vincent Dufief. S'il existe un droit à l'information, il n'existe pas de droit à l'oubli.»

Fichage volontaire

Une fois ces premières règles posées, reste à agir. La démarche amiable consiste à envoyer un courriel à l'éditeur du site pour lui demander de rectifier ou de retirer les contenus. En cas de non-réponse, l'affaire peut devenir contentieuse (très rare en pratique pour les particuliers) et l'éditeur français sera traduit devant les juridictions civiles ou pénales. Idem pour le moteur de recherche, qui dispose d'un délai de 24 à 48 heures pour désindexer le contenu illicite.

Est-il encore possible de protéger sa vie privée sur le Net? Avec le développement des réseaux sociaux de type Facebook ou des moteurs de recherche comme Google, dont les «mécanismes d'anonymisation restent insuffisants», selon un communiqué récent de la Commission nationale de l'informatique et des libertés, beaucoup s'inquiètent.

Sur les réseaux sociaux, tout ou presque peut être dévoilé sans complexe: goûts, opinions politiques, préférences sexuelles, carnet d'adresses, etc. Et certains ne s'en privent pas. Fouché lui-même, le ministre de la police de Napoléon, n'aurait pas osé rêver de telles bases de données, a fortiori constituées par les intéressés eux-mêmes. Comble du paradoxe, des groupes se sont créés dernièrement sur Facebook pour lutter contre le fichier Edvige…

Comment expliquer que les utilisateurs des réseaux sociaux qui renseignent tous les champs des questionnaires n'aient pas conscience du risque d'aliénation de leur vie privée ? «Les personnes anonymes, c'est fini, répond Vincent Dufief. Aujourd'hui, il n'y a que des aspirants people.» «L'ego-trip» en ligne.

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