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Les médias en ligne réinventent l'entreprise

16/10/2017 - par Houda Benjelloune

Avec l’émergence des sites de divertissement ou d'infotainment se dessine un nouveau type de management. MinuteBuzz, Fubiz, Le Bonbon ou encore Openminded expérimentent de nouvelles relations avec leurs collaborateurs.

Souvent présentés comme des usines à clics, les pure players ne voient pas leurs collaborateurs comme de simples OS. Maxime Barbier, le fondateur de MinuteBuzz, dont TF1 a pris une part majoritaire en décembre 2016, raconte qu’après des débuts artisanaux, son site « entièrement présent sur les réseaux sociaux s’est imposé sur le marché l'an dernier, passant de 25 à 70 salariés et de 200 à 1600 m2 » quai de Jemmapes, à Paris. Si la proposition lui a été faite de rejoindre la Tour TF1, il a finalement obtenu que ce soit le Studio 71 du groupe qui le rejoigne pour conserver son agilité. « J’ai toujours voulu changer ce que je n’aimais pas chez les autres, ces systèmes où les hiérarchies sont très lourdes, et d’un autre côté, on a trop catalogué les start-up comme des usines à stage et à freelance, j’ai voulu aller à l’encontre de ces idées reçues et nous avons donc beaucoup embauché », déclare-t-il. Le jeune entrepreneur affirme que « MinuteBuzz a signé en moyenne un CDI tous les lundis depuis le début de l’année ».

17 squads.

Un état d’esprit maintenu avec l’arrivée de TF1 : « En termes de management ça n’a eu aucun impact, nous voulons garder un schéma d’organisation indépendant et à nous, c’est pour cela que nous sommes ici et pas dans la Tour. On a aussi choisi d’être en living office, sans bureaux attribués ». Les lieux ressemblent d’ailleurs à un grand loft. Pourtant, Maxime Barbier a dû repenser son schéma d’organisation. Ses équipes sont divisées par projets et se font appeler « squads ». MinuteBuzz en compte 17, d’une à sept personnes maximum « car il est important de garder cet esprit de groupe. » De plus, chaque squad désigne lui-même son leader à l’aune de ses compétences « Ce n’est pas un job à plein temps, il ne dirige pas, il conseille », ajoute Maxime Barbier. Ces 17 squads sont regroupés au sein de cinq tribus, chacune d’elles désignant un autre leader afin de favoriser la communication entre chacune des équipes « Pour communiquer, il y a 360 rendez-vous tous les mois, chaque leader doit voir les gens de son squad dix minutes de manière informelle ». De plus, des comptes rendus sont générés dans un tableau qui leur est accessible. Ainsi, le patron est moins sollicité, ce sont surtout les leaders qui font office de point d’ancrage pour fluidifier la communication. Les squads ont d’ailleurs la maîtrise des recrutements même si le fondateur fait passer un dernier entretien aux nouvelles recrues. Une bonne moitié de l’équipe doit aussi valider l’embauche.

Freelance et talents.

Fubiz, média né en 2005 et qui rassemble plus de 2,7 millions de fans sur Facebook compte pour sa part dix à douze employés. Le site fonctionne à première vue comme une rédaction classique, sauf que la partie commerciale représente la moitié de la masse salariale. « J’externalise également pour être le plus flexible et agile possible », affirme le créateur Romain Colin. « Pendant 8 ou 9 ans, je n’ai fait que de l’interne, je voulais avoir la main sur l’agenda de toutes les personnes pour être sûr des missions qu’ils allaient accomplir. Ça n’a pas fonctionné. » Aujourd’hui, l’entrepreneur fait appel à cinq à dix freelance par mois en plus de ses « talents ». « Plus qu’un média à proprement parler, Fubiz donne accès pour ses clients à des milliers de talents dont une centaine est activée tous les mois par l’entreprise, souligne Romain Colin. Plus que du brand content, c’est cette force de travail que l’on vend également à nos annonceurs ».

Culture hédoniste.

De son côté, Openminded, créé il y a trois ans, est la vitrine de l’agence du même nom. L’un de ses fondateurs Kambiz Moghaddam raconte avoir voulu «créer un média avec une culture basée sur l’hédonisme afin de faire transparaitre la culture de notre agence». Avec la production d’articles propres, le nombre de fans a augmenté, favorisant le recrutement de freelance et l’organisation d’évènements. Pour les recrues, pas d’entretiens : « Je suis allé chercher bon nombre d’entre eux mais cela s’est toujours fait de manière informelle, raconte Kambiz Moghaddam. On ne demande même pas de CV, parce qu’on veut qu’un sentiment de famille prédomine. En revanche, nos collaborateurs sont mis quasiment tout le temps à contribution, on leur demande beaucoup de leur temps et d’autonomie ». Tout le monde a son mot à dire, depuis le choix des partenaires jusqu’à la ligne éditoriale.

Fêtes et apéros.

Avec 25 salariés en CDI, Le Bonbon, à la fois média et agence, prône « un management à la carte », selon son fondateur Jacques de la Chaise, soucieux d’identifier chaque personne afin de la motiver au mieux. Fêtes, apéros les vendredis, Le Bonbon affiche un esprit festif avec 52 soirées par an qu’il promeut à travers son média. Maîtres-mots : convivialité et, là encore, autonomie. « Chaque rédacteur rentre lui-même ses articles sur le site, chacun est responsable », ajoute le fondateur. Au Bonbon, chacun doit refléter la gourmandise au travail. Pas la boîte. 

«Capitaliser sur la différence avec les médias traditionnels»

Pour Jérôme Barthélemy, professeur de stratégie et de management à l'Essec dont les recherches ont été publiées dans des revues académiques comme le Harvard Business Review, l’erreur qu’ont fait les journaux à l’origine a été d’essayer de répliquer le modèle des médias en ligne sur les médias traditionnels : « Ça ne marche pas du tout », note-t-il. Selon l'enseignant « il y a des problèmes avec le business parce que d’un côté, vous avez un modèle basé sur le crowdsourcing et de l'autre, des journalistes pour qui ce n’est tout simplement pas le métier, donc ça crée forcément des conflits en interne, les collaborateurs n’étant tout simplement pas les mêmes.  Techniquement les médias traditionnels ont tous les atouts, ils sont beaucoup plus implantés sur le marché. Le nec plus ultra c’est de capitaliser sur ce qui fait leur différence, c’est à dire leur savoir-faire. Pour être performant à long terme, il faut souvent accepter de réduire sa performance à court terme ». Les médias traditionnels ont, eux, l'immense avantage de savoir s'imposer dans la durée.

 

Slack, l’appli des pure players

Fubiz, Minutebuzz, Le Bonbon ne jurent que par un logiciel Slack. L’outil propose une nouvelle manière de travailler en groupe et en temps réel. Lancé en août 2013, Slack a conquis bon nombre d’entreprises en seulement quatre années. C’est aujourd’hui l’application de communication la plus utilisée dépassant de loin Teams de Microsoft, ou encore Stride d’Atlassian. Malgré une concurrence accrue, l’application compte à présent 6 millions d’utilisateurs quotidiens.

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