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télévision

Le CSA prône une diversité visible à l'écran

20/11/2008 - par Amaury de Rochegonde

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a rendu public un rapport sur la représentation de la diversité à la télévision qui donne lieu à un discours très volontariste.

Le président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), Michel Boyon, avait des accents gaulliens, le 12 novembre, lorsqu'il a présenté à la presse, en compagnie des conseillers Rachid Arhab et Alain Méar, le premier rapport de l'Observatoire de la diversité, créé en juillet 2007. «Je ne dirai pas que ces résultats ne sont pas satisfaisants, ils sont inacceptables, ils sont intolérables», a-t-il lancé, fustigeant «des progrès infimes» par rapport à 1999, date d'une précédente étude sur la place des minorités visibles à la télévision. Avant d'ajouter : «Il ne suffit pas de sauter comme un cabri en disant diversité, diversité, diversité... il faut changer.» Pour lui, il s'agit de passer à la vitesse supérieure alors que les individus visibles comme «non blancs» à la télévision représentent 14% des 42 500 personnes observées pendant une semaine ordinaire de programmes, en février dernier, sur les quinze chaînes gratuites de la TNT et sur Canal+.

Pour le CSA, le scandale tient moins à ce chiffre en soi – qui ne peut être comparé à aucune donnée démographique – qu'au fait qu'il révèle un état de stagnation de la diversité ethnique à la télévision. En près de dix ans, en effet, la part des minorités visibles n'aurait augmenté que de 1% sur les six grandes chaînes alors que l'évolution de la société française va au métissage. Plus préoccupant encore, l'étude dirigée par le sociologue Éric Macé montre que ce sont toujours les mêmes stéréotypes qui sont véhiculés par le petit écran : les personnes «vues comme non blanches» sont surreprésentées dans les émissions musicales (35%), sportives (34%), voire de divertissement (20%), et à l'inverse sous-représentée dans les journaux télévisés (15%), les sujets d'actualité en France (11%), la fiction française (11%), la publicité (8%) ou chez les présentateurs et animateurs (7%). En somme, sont défavorables tous les programmes qui favorisent l'identité et la proximité, en lien avec la réalité de la société, alors que tout ce qui relève de l'exception – sportive, musicale, artistique – semble plus ouvert.

L'autorégulation ou les quotas

De même, l'étude met en exergue les choix de programmation en faveur de héros généralement blancs (89%) alors que les personnages secondaires sont légèrement plus colorés (16%). Le CSA appelle donc les patrons de chaînes à un effort particulier, y compris dans le recrutement de cadres dirigeants, en se déclarant disposé à réaliser un bilan tous les six mois et à recourir à des mesures plus contraignantes si la situation n'évolue pas à la fin 2009. Il dispose pour cela d'une arme secrète : le bilan chaîne par chaîne des efforts de diversité, qu'il se garde bien, pour l'instant, de rendre public.
Soucieux de «riposte graduée» et de «concertation positive», l'instance de régulation va sans doute chercher à faire comprendre aux éditeurs de programmes que l'autorégulation est de leur intérêt s'ils veulent éviter les quotas. D'ores et déjà, le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, a annoncé un amendement visant à défendre la diversité au sein de France Télévisions dans le projet de loi sur l'audiovisuel. Reste que le CSA aura fort à faire pour éviter que les plans d'action positive en faveur de la diversité ne se transforment en affichage ethnique. Le rapport sur la représentation de la diversité montre en effet que les dommages collatéraux d'une télévision «qui discrimine positivement en faveur de l'homme blanc», comme dit Éric Macé, sont nombreux. On compte à la télévision 61% de cadres, contre 15% dans la population, 63% d'hommes (contre 48% en France) et 2% d'ouvriers, alors qu'ils sont 21% dans la société française. D'où l'importance des indicateurs concernant la formation et les ressources humaines dans le nouveau baromètre que veut mettre en place le CSA. La diversité de toutes les catégories sociales et humaines passe sans doute par l'intégration de plus de diversité au sein même des antennes.

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