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communication interne

Salaire des patrons : la transparence, en apparence

29/01/2009 - par Maxime Amiot

Les sociétés cotées ont l’obligation de rendre publique la rémunération de leurs dirigeants. Une transparence qui reste toutefois limitée, à la fois sur le fond et sur la forme.

La pression était trop forte. Dans la foulée des dirigeants de BNP Paribas, les patrons des banques ont finalement décidé, le 20 janvier, de renoncer à la part variable de leur rémunération au titre de l'année 2008. Un communiqué triomphal a été publié par l'Élysée le soir même : Nicolas Sarkozy venait d'obtenir une contrepartie sonnante et trébuchante aux 10,5 milliards d'euros d'aide publique consentis au secteur bancaire.

En cette période de sauvetage financier, la question de la rémunération d'un dirigeant d'entreprise cotée n'est plus taboue. Les états-majors se doivent d'avoir une réponse rapide sur la perception, ou non, d'un bonus en fonction des résultats de leur entreprise. Et inutile de renvoyer au secret des délibérations des comités de rémunérations ! Depuis 2001 et le vote de la loi sur les nouvelles régulations économiques (NRE), les sociétés cotées ont l'obligation d'indiquer, chaque année, le montant total des rétributions de leurs mandataires sociaux. Des informations consignées sur le document de référence remis à l'Autorité des marchés financiers (AMF) et accessibles sur les sites Internet des entreprises. «Aujourd'hui, les actionnaires, les salariés, mais aussi l'opinion publique disposent très facilement de quantités de données, ce qui aurait été inimaginable il y a dix ans à peine. Ce sont des progrès importants», lance Caroline Dana, directrice du département rémunération du cabinet de conseil Altedia.

Rémunération fixe, variable, attributions de stock-options et d'actions gratuites, indemnités de départ, retraites complémentaires… tout internaute peut comparer lui-même les différentes composantes des rémunérations. On peut ainsi découvrir que la rémunération totale du directeur général de BNP Paribas, Baudoin Prot, qui s'élève à 3 320 248 euros au titre de 2007, dont 70% de variable, est bien plus conséquente mais moins garantie que celle du directeur général d'Accor, Gilles Pélisson (2 356 950, dont 60% de variable), ou que la rémunération d'Anne Lauvergeon, présidente du directoire d'Areva (688 749 euros, dont 23% de variable). De même, tandis que Christophe de Margerie, patron de Total, a perçu pour 2007 quelque 200 000 options au prix d'exercice de 60,10 euros, Xavier Fontanet, président d'Essilor, doit se contenter de 58 500 options d'une valeur de 43,65 euros.

Dans un rapport rendu public en novembre dernier, l'AMF reconnaissait elle-même cette nouvelle transparence. Ainsi, selon le régulateur, «la quasi-totalité des sociétés de cet échantillon présente au moins sommairement les principes et règles arrêtées » par la loi, tant sur la partie fixe que variable, pour laquelle les trois quarts des entreprises font part des critères de détermination.

La mise en avant des bonnes pratiques

Et pourtant. «Certains groupes rivalisent d'imagination pour brouiller les pistes et éviter qu'on ait une vision claire des rémunérations», relève Cyril Bellanger, analyste du cabinet de conseil aux actionnaires Proxinvest, qui a publié un rapport sur le sujet en novembre dernier. Par exemple, le cabinet n'a pu se procurer la rémunération de Bruno Cathelinais, patron du groupe de plaisance Bénéteau. Sur son rapport annuel, celui-ci se contente de mentionner une rémunération globale des membres du comité de direction, qui s'élève à 589 000 euros. De même, tandis que certains groupes «oublient» d'indiquer les critères de performance sur lesquels la part de variable est délivrée, d'autres ne précisent pas les conditions d'obtention des indemnités de départ, alors même que la loi Tepa (dite aussi «paquet fiscal») votée en août 2007 conditionne leur versement à la performance de leurs dirigeants…

Confinées au sein de rapports annuels, ces informations sont de toute façon peu lisibles. «La vraie communication consisterait à divulguer les rémunérations sur l'intranet, accessible aux salariés. Mais personne ne va jusque-là», relève Cyril Bellanger. Aujourd'hui, la prise de parole reste limitée à la mise en avant de bonnes pratiques. Le groupe Sanofi-Aventis a ainsi annoncé lui-même la réduction par deux du parachute doré de son directeur général, Gérard Le Fur, dont les fonctions ont pris fin en décembre. De même, le 5 novembre dernier, Patrick Ricard, patron de Pernod Ricard, annonçait lors de l'assemblée générale du groupe sa décision de renoncer, ainsi que son numéro deux, Pierre Pringuet, au «bonus spécial» de quatre millions d'euros prévu au titre de leur futur départ en retraite. La transparence peut-être, la communication, non.

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