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motivation

Ces jeunes qui lancent leur boîte

12/02/2009 - par Lionel Lévy

À l’heure où le statut d’«autoentrepreneur» prend son essor, Stratégies inaugure une série en deux volets sur l’entreprenariat dans la communication. Avant les seniors la semaine prochaine, place aux jeunes créateurs.

Difficultés pour obtenir des crédits, démarches administratives compliquées, poids des charges élevé… En France, créer son entreprise n'est pas considéré comme une sinécure. Avec le lancement du statut d'autoentrepreneur, la donne changera-t-elle? Ce nouveau dispositif, lancé le 1er janvier, permet aux salariés (en dehors des heures de travail), aux chômeurs, aux retraités et aux étudiants de monter une entreprise en bénéficiant de démarches simplifiées. Si son chiffre d'affaires est nul, l'autoentrepreneur n'aura aucune taxe à payer. Sinon, il bénéficiera d'un prélèvement unique pour l'ensemble ses cotisations sociales, et sera taxé au taux de 13% du chiffre d'affaires pour les activités commerciales et 23% pour les activités de services.

Près de 40000 personnes ont déjà souscrit au régime pour un objectif de 200000 en 2009. La crise sera-t-elle perçue comme une opportunité de créer sa boîte?

L'affluence record du dernier Salon des entrepreneurs, organisé les 4 et 5 février à Paris (70000 visiteurs), le laisse présager. «Le contexte est quand même défavorable et les banquiers frileux, tempère Antoine Leblanc, chargé de cours sur l'entreprenariat à l'Iscom et jeune patron d'Alvérone, une agence de décoration fondée en 2004. Cette année, par exemple, j'ai moins d'étudiants qui veulent se lancer.» Reste que, selon un récent sondage Ifop, 34% des Français veulent créer leur propre entreprise, contre 26% en 2008. Retour d'expériences et conseils de jeunes qui ont franchi le pas.

 

Déborah Joncour, 26 ans

Cofondatrice d'Agents différenciateurs, agence de communication globale au service des PME

 

«Pour réussir, un entrepreneur doit avoir les qualités d'un moine shaolin: la patience et l'amour du combat.» Déborah Joncour n'est pas du genre à lâcher prise. Après un salariat d'un an au service communication de l'Office franco-québécois pour la jeunesse, elle décide, avec son compagnon Gérald Seguin, webdesigner en free-lance, de créer sa boîte.

«J'avais l'ambition de faire de la communication comme je le souhaitais, sans contraintes ni hiérarchie», lance-t-elle. Une trentaine de milliers d'euros investis (dont 10000 empruntés à la banque), un an d'autoformation en gestion et compatibilité et une quinzaine de "business plans" plus tard, son agence a vu le jour, le 1er janvier 2006.

Le démarrage est laborieux. «Des prospects qui ne nous rejoignent pas malgré les promesses. Le matériel informatique livré avec des mois de retard. Nous avons même été obligés de retourner vivre chez nos parents durant deux ans!» Finalement, les sacrifices paient. «Depuis six mois, nous vivons de notre activité et l'entreprises est saine.» Elle compte aujourd'hui une trentaine de clients, provenant «du réseau et du bouche-à-oreille», dégage un chiffre d'affaires de 120000 euros et salarie un graphiste.

Si c'était à refaire? «La même chose. Nous aimons trop la liberté et les défis, assure Déborah. Nous comptons d'ailleurs créer de nouvelles sociétés, mais cette fois chacun de son côté.» La liberté totale, en somme.

En savoir +

www.agents-differenciateurs.fr

 

 

Nicolas Lordier, 28 ans

Fondateur de l'agence de design sonore Ohmwork

 

C'est l'histoire d'un jeune passionné de musique électronique. Diplômé de l'Iscom en 2005, Nicolas Lordier démarre dans la vie active en tant que chef de projet dans un label musical indépendant. Quelques mois plus tard, il rejoint une entreprise de distribution de films, au service marketing et relations presse. «Des expériences intéressantes, mais me concernant peu. La musique prenait trop de place.» Mais allez convaincre des parents que la musique nourrit son homme!

Restait donc pour Nicolas à relier l'univers musical à celui de la communication, son autre passion. C'est chose faite en mars 2007 avec la création d'une agence de design sonore avec un ami musicien. «En matière d'entreprenariat, nous n'y connaissions pas grand-chose, raconte Nicolas. Il a nous fallu potasser un an avant d'être au niveau pour nous lancer.» Ruser aussi. «Pour récupérer de l'info, nous appelions des agences du milieu en nous faisant passer pour des étudiants.»

Une fois l'entreprise lancée, la stratégie est simple: «Faire un maximum de buzz.» Présence sur les réseaux sociaux, site Internet particulièrement soigné, blog alimenté en permanence par des créations musicales, l'agence compte aujourd'hui une quinzaine de références (dont HP, SFR, Cap-Gemini, Publicis Dialog, etc.). «Le bonheur total, ce serait de donner du travail à un autre passionné. En principe, c'est pour 2009.»

En savoir +

www.ohmwork.com

 

Stéphane Bernstein, 32 ans

Créateur d'Actine Stratégies, agence-conseil en développement durable

 

«Dans la famille, on est entrepreneur de père en fils depuis des générations.» Avant de se lancer, Stéphane Bernstein, diplômé de biochimie et titulaire d'un DESS de communication scientifique, a fait ses classes durant un an chez Euro RSCG C&O. «Je gardais en tête mon idée, qui était de créer une structure permettant de donner plus de visibilité aux entreprises et associations impliquées réellement dans le développement durable en matière environnementale, sociale, économique et de santé.» Il travaille d'arrache-pied tous les soirs dès sa sortie de bureau. Et convainc une de ses collègues de s'associer avec lui pour monter le projet. Ce sera Actines Stratégies, une «agence éthique» née durant l'été 2004.

«Quand on monte une entreprise, il est fondamental de ne jamais renoncer. De toujours prendre son bâton de pèlerin et prospecter. Et, enfin, de s'entourer de personnes compétentes, estime Stéphane Bernstein. On ne peut pas être spécialiste en tout.»

Son premier client est l'Association française pour la recherche sur la trisomie 21, cause qui gagne en visibilité au point d'avoir sa journée mondiale – grâce au travail de l'agence. Campagnes sur la dépollution maritime, les énergies renouvelables, la récupération des eaux de pluie : l'agence compte une vingtaine de clients pour un chiffre d'affaires prévisionnel de 500000 à 600000 euros pour 2009. Bref, une entreprise qui devrait être durable.

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www.actine-strategies.com

 

 

Marie Heydenreich et Stéphane Martin

Dérants et fondateurs de Néodialogue, une agence de RP en ressources humaines

 

«Quand nous étions salariés, nous avions le sentiment que nos employeurs ne nous faisaient pas confiance et ne comptaient pas sur nous.» Après des expériences dans différents cabinets et agences de communication RH, Stéphane et Marie, alors collègues de travail, décident de se lancer à deux. «Plutôt que de créer une entreprise de toutes pièces, nous nous sommes dit qu'il était plus judicieux et moins risqué de proposer à un grand groupe de lui monter une filiale, explique Stéphane. Mais à condition d'avoir la plus grande latitude pour gérer la structure.»

L'agence TMP-Néo accepte le marché. Les deux compères s'occupent de créer les statuts, entreprendre toutes les démarches administratives et trouver des locaux. Une fois le pacte d'actionnaire verrouillé avec un avocat «pour ne pas être à la merci de la maison mère», Néodialogue voit le jour le 1er janvier 2007. Après six mois d'existence, l'agence compte déjà une dizaine de clients (une vingtaine aujourd'hui, dont Sephora et Areva).

«Durant les premiers mois, nous avons tout sacrifié à notre travail, au point d'avoir parfois peur d'imploser», raconte Marie. Depuis, les deux jeunes gérants ont recruté trois personnes. «Finalement, quand on monte un projet, le plus dur c'est de transmettre son enthousiasme à ses salariés, car c'est votre projet, pas le leur, analyse Stéphane. On en ressort toujours plus fort. Et aussi plus modeste.»

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www.neodialogue.fr

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