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2- Ces seniors qui montent leur boîte

26/02/2009 - par Lionel Lévy

Il n'y a pas d'âge pour créer son entreprise. Après les jeunes créateurs de la communication la semaine dernière, place aux seniors.

Cinquante ans, l'âge idéal pour créer sa boîte? Franck Rouxel, commissaire général du salon des entrepreneurs de Paris, qui se tenait du 4 au 5 février, en est persuadé. «À cet âge, précise-t-il, on a des compétences, de l'expérience et du réseau. Avec, en principe, moins de contraintes familiales et financières : les enfants ne sont plus à charge et les crédits remboursés.»

Selon l'agence pour la création d'entreprises (ACPE), 50 000 seniors montent chaque année leur boîte. Des plus de cinquante ans qui représentent aujourd'hui 16% des créateurs d'entreprise. Motivations principales : avoir une plus grande liberté bien sûr, mais aussi la volonté de rester actif et de démontrer ses compétences. Car cette population senior est l'une des plus touchées par le chômage. «La création d'entreprise est justement une solution pérenne et concrète pour assurer son propre emploi», souligne Franck Rouxel. Encore faut-il ne pas être rebuté par la crise actuelle. Selon un sondage Ifop-ACFCI publié en janvier dernier (Les seniors et la création d'entreprise), 77% des seniors estiment que la crise est un frein contre 21% une opportunité. Les secrets pour réussir ? L'envie et le savoir-faire. Difficile en effet de s'improviser entrepreneur à 50 ans. Vingt pour cent des seniors qui montent leur boîte sont d'ailleurs des récidivistes. Et plus de la moitié d'entre eux en sont déjà à leur troisième création d'entreprise. L'expérience, un atout indéniable.

 

Pierre Siquier, soixante ans, président de l'agence Ligaris
Pierre Siquier est un «serial entrepreneur». Ce centralien a créé sa première entreprise à vingt-quatre ans, l'agence de communication Siquier Courcelle. Dix ans d'indépendance avant d'être rachetée par le groupe Publicis. «À cette époque, travailler dans un groupe ne revêtait pas la même pression qu'aujourd'hui, commente-t-il. Nous avions juste pour mission de ne pas causer de pertes. Pas de faire des marges de 15% de rentabilité.» Il n'empêche, le virus de l'entreprenariat ne le quitte pas. En 1995, il crée la filiale corporate de DDB, DDB & Co.


En 2000, il créé Keljob avec Cyril Janin et d'autres pionniers du Web. Au même moment, TBWA lui fait les yeux doux. Dilemme. Il prend finalement la présidence de TBWA Corporate. «C'était une expérience très enrichissante mais je ne suis sans doute pas assez politique pour m'épanouir pleinement dans un grand groupe.» Il démissionne en 2003 et monte dans la foulée Ligaris. Une agence de communication corporate qui compte aujourd'hui plus de cent cinquante salariés. «Au début, j'ai dû diviser mon salaire par quatre et j'endossais toutes les casquettes : celle de chef de pub, d'informaticien et même d'homme de ménage», sourit-il. Sans regret ? «Aucun. Je vis une seconde jeunesse.»

 

Robert Zarader, cinquante-quatre ans, président de l'agence de communication corporate, Equancy & Co

«Un capitaine d'équipe dont la qualité première est la curiosité.» C'est ainsi que Robert Zarader aime se définir. Il débute sa carrière comme professeur d'économie à l'université Paris XIII. Après un passage en banque d'affaires, puis à la Générale des eaux (devenu Vivendi en 1998), sa curiosité le guide vers la communication. Il se passionne pour la matière au point de décider de monter sa propre agence. Ce sera fait en pleine période de crise en 1992-93 avec la création d'EDRA, une agence-conseil en communication et marketing relationnel, rachetée par BBDO en 1997. Il poursuit sa carrière dans ce groupe en prenant notamment la présidence de BBDO Corporate. De février 2004 à février 2008, il est vice-président de TBWA Corporate. «J'ai voulu reprendre mon indépendance, pouvoir à nouveau avoir toutes les clés en main : la stratégie, le management, le recrutement», affirme-t-il. Il créé Equancy & Co en mars 2008 dont il est actionnaire avec Jean-Paul Lafaye, le fondateur du groupe Equancy. Un risque calculé. «Après quinze ans d'exercice dans la communication, je ne suis pas un inconnu. Et dans nos métiers, l'intuitu personae est fondamental.» Robert Zarader continue d'ailleurs de travailler pour certains de ses anciens clients qui l'ont suivi dans son aventure. Notamment, La Poste, L'ANPE ou la Lyonnaise des eaux.

 

 

Denis Boutte,cinquante-trois ans, directeur associé de l'Espace dirigeant

Comme quoi, il y a une vie après la pub. S'il fallait encore le prouver, Denis Boutte en est l'incarnation. Vingt ans de carrière dans la publicité avec une dernière expérience en tant que directeur associé chez Publicis Dialog et la fin de l'aventure en 2006. «Même si les entreprises avaient besoin de mes compétences, j'ai très vite compris qu'a cinquante ans je ne trouverai de poste ni chez l'annonceur et encore moins en agence», explique-t-il. Trop risqué, trop cher, pas dans la culture. «À cinquante ans, si on ne tient pas le business de l'agence, on est en grand danger», estime-t-il. Denis Boutte décide alors de proposer son savoir-faire différemment. Il créé une EURL, Verso-recto, et devient consultant en ressources humaines. Et comme la majorité des agences n'ont pas mis en place de réelles politiques de gestion de carrières, la demande est forte. Parallèlement, Denis Boutte, prend des parts dans le capital de l'Espace Dirigeants, un cabinet-conseil en transition de carrières. Cette fois, c'est lui qui reclasse en entreprises les cadres supérieurs. «Quand on sait qu'en agence, à quarante ans, un cadre sur deux est obligé de quitter son poste, il y a du boulot.»

 

 

Trois questions à Patrick Mercier, quarante-huit ans, cofondateur de l'agence Change

 

Votre livre La Stratégie du courage (éditions Eyrolles) vient de sortir. Pour monter une agence en ce moment, faut-il être courageux ou inconscient ?

Patrick Mercier. Courageux et déterminé sans aucun doute car la période n'est pas favorable. Mais tout sauf inconscient. Il faut au contraire être le plus pragmatique possible. Cela signifie par exemple ne pas faire comme il y a quelques années des business plans basés sur 70% d'acquis et 30% de conquête. Sinon, c'est mort. Le business plan de Change par exemple, c'est 95% d'acquis et 5% de conquête.

 

Qu'est-ce qui vous a poussé à quitter la présidence de Léo Burnett pour vous lancer dans l'entreprenariat ?

P.M. C'était peut-être la volonté de me remettre en cause, de vivre un nouveau défi. L'entreprenariat, je connaissais pour avoir créé à vingt-trois ans ma propre agence (Vibration). Mais je dois avouer que, seul, je n'aurais sans doute pas tenté l'aventure. Avec Yves Salles, cofondateur de Change (Stratégies n°1529), nous avons une confiance totale l'un en l'autre.

 

Quelles sont selon vous les conditions de la réussite d'une création d'entreprise ?

P.M. Avoir une idée nouvelle sur le marché, maîtriser le fonctionnement d'une entreprise, notamment les équilibres financiers et s'associer avec des personnes en lesquelles on a une absolue confiance. Car lorsque l'on s'installe à son compte, il y a plus d'«emmerdements» que de satisfaction. Quand on est deux, on peut se les partager.

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