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L'association, une relation d'affaire à développer

05/03/2009 - par Lionel Lévy

Trop de partenariats entre entreprises et associations se limitent à des opérations d'image. Sous la pression de l'opinion, les sociétés pourraient s'investir davantage auprès des associations.

«Réjouissons-nous, le mythe des intérêts inconciliables entre les entreprises et les associations est en train de tomber.» À l'origine de la satisfaction de Charles-Benoît Heidsieck, fondateur de l'association Le Rameau, dont la vocation est de renforcer les liens entre les associations et les entreprises, deux récentes études réalisées dans le cadre du programme ARPEA (Analyse des relations et des partenariats entre entreprises et associations) selon lesquelles 86% des citoyens plébiscitent un rapprochement de ces deux mondes pour promouvoir les causes d'intérêt général.

Les entreprises y sont elles aussi favorables. Il faut dire qu'à l'heure où le capitalisme promet de se réinventer et où les salariés cherchent un sens à leur travail, les partenariats avec les associations sont de parfaits outils pour améliorer l'image et la réputation d'une société. D'autant que la Loi NRE de 2001 et les déductions fiscales de la loi du 1er août 2003 relative au mécénat, aux associations et aux fondations incitent à des liens plus étroits.

Reste que les entreprises recherchent parfois dans les associations de simples faire-valoir, quitte à ce qu'on leur reproche leurs tentatives d'instrumentalisation. «Pour le moment, 80% des partenariats se limitent à des échanges "logo de l'association contre chèque de l'entreprise, reconnaît Charles-Benoît Heidsieck. Mais les choses sont en train d'évoluer.»

Quelles seront les formes prises par les nouveaux partenariats? Si le bénévolat de compétence pourrait se développer, le mécénat de compétences, qui consiste à mettre des salariés à la disposition du monde associatif durant leurs heures de travail, ne devrait pas, malgré ses atouts, être utilisé en priorité par les entreprises.

Source d'innovations

«Certes, cela répond au désir des salariés de s'investir dans des actions citoyennes, note Charles-Benoît Heidsieck. Mais cela signifie aussi des salariés absents. En matière d'organisation et de management, c'est très compliqué à mettre en œuvre.»

Même sentiment dans la majorité des entreprises. «Le développement du mécénat de compétences ne peut se faire sans une étroite collaboration avec la direction des ressources humaines, rappelle Sophie Fourchy, responsable de la fondation Carrefour (4,5 millions d'euros par an) dont les actions mêlent mécénat financier, de produits (dons alimentaires, informatiques, etc.) et de compétences. Et nul doute qu'en cette période de crise, les DRH auront d'autres chats à fouetter…

Quelle forme de partenariat pourrait alors se développer? Charles-Benoît Heidsieck mise sur ce qu'il nomme le "mécénat d'expertise partagée". «Désormais, les entreprises considèrent que les associations peuvent leur transmettre une expertise et devenir une source d'innovation, précise-t-il. Cela va tout changer dans leurs relations futures avec les associations.»

Exemple à La Poste. L'entreprise, qui a engagé des travaux dans ses 12000 bureaux de poste pour les rendre accessibles aux personnes handicapées, a noué un partenariat d'expertise partagée avec J'accède. Cette association qui milite pour améliorer le quotidien des personnes handicapées fait part à l'entreprise de ses suggestions et des attentes de ses membres. Autre exemple: le goupe Tesson, spécialisé dans le transport frigorifique, a noué un partenariat avec l'ONG priori-terre pour l'aider à trouver des solutions privilégiant l'environnement en matière de transport.

La crise pourrait-elle remettre en cause ces relations? «Les moyens financiers et humains consacrés par les entreprises à ces relations sont tellement dérisoires (35% des grandes entreprises affichent un budget «association» inférieur à 50000 euros par an tandis qu'à peine 55% déclarent plus d'une personne détachée) que les entreprises pourront rogner sur d'autres budgets.»

Sophie Fourchy avance une autre raison. «De toutes façons, les fondations sont dotées d'un budget sur cinq ans. Les sommes consenties pour cette période le sont de manière irrévocable.» C'est toujours ça de pris.

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