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organisation

France Télévisions fait maison commune

02/04/2009 - par Amaury de Rochegonde

Avec l'appui du cabinet Bain, le groupe public s'est réorganisé en entreprise unique dans laquelle sont regroupées cinq sociétés de programmes. Une façon de gérer une décroissance programmée des effectifs ?

Depuis la promulgation de la loi sur l'audiovisuel le 7 mars, France Télévisions est devenue une entreprise unique. Juridiquement, cela se traduit par la fusion-absorption de cinq sociétés de programmes par France Télévisions SA. Reste à réussir le chantier le plus délicat: assurer les synergies entre les différentes chaînes et remettre à plat les conventions collectives qui distinguent France 2, France 3 et RFO d'un côté, de France 5 et France 4 de l'autre. À compter du 31 mars, la direction de France Télévisions a quinze mois pour trouver un terrain d'entente avec les représentants syndicaux afin d'accoucher d'une convention collective commune. À défaut, c'est la convention moins favorable des personnels – non journalistes – de la holding France Télévisions SA qui s'appliquera.

Une épée de Damoclès que n'ignore pas Jean-François Téaldi, délégué du SNJ-CGT, syndicat majoritaire dans l'entreprise, qui peut compter sur 40% des voix depuis le ralliement du syndicat autonome de RFO à la CGT. «Rien dans les conventions collectives actuelles ne faisait obstacle à la constitution d'une entreprise unique, argue-t-il. Il y a une volonté politique de la direction de s'attaquer à nos conventions.» Ce à quoi ladite direction répond que toute fusion entraîne juridiquement une «mise en cause» des accords de personnel. Seule certitude partagée, la convention des chaînes historiques, adoptée en 1982 après l'arrivée de la gauche au pouvoir, est très favorable en termes d'avancement automatique, de salaires, de congés divers et de droits syndicaux. Et elle a aussi été un appui précieux pour requalifier en CDI des contrats précaires à durée déterminée: «Depuis 2002, nous sommes parvenus à requalifier quelque 200 personnes, avance Jean-François Téaldi. Nous nous battrons virgule par virgule pour conserver au maximum chacun de nos acquis sociaux.»

Quête de leviers de croissance

Mais pour France Télévisions, tout l'enjeu est de contrôler la masse salariale d'un groupe dont la gestion s'attire déjà les critiques de Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP. Un guichet pour 900 départs volontaires à la retraite a été ouvert pour les salariés de plus de 60 ans, soit 10% des effectifs. De plus, la direction entend limiter le recours aux quelque 2500 emplois non permanents. La reconfiguration de l'entreprise sous sept directions de pôles transversaux et 36 coordinateurs est l'occasion de remettre à plat les habitudes d'emploi: «Si nous sommes bons dans les modes de planification et le recours aux équipes permanentes, nous pourrons adapter le recours aux intermittents", reconnaît la direction.

Quant à savoir jusqu'où peuvent aller les économies d'échelle, le seul tabou concerne les rédactions: "Il n'est pas prévu de fusion des équipes éditoriales car une pluralité des angles est nécessaire", assure Kim Pham, directeur général adjoint chargé de la gestion et de l'organisation. Il n'empêche, pour Jean-François Téaldi, la réduction des effectifs entraîne de facto un travail en flux tendu, surtout en régions, «ce qui rejaillit sur la qualité des reportages».

En dehors de l'information, le maximum d'activités doivent être mises en commun. Un pôle marketing unique, sous la direction de Claude-Yves Robin, vise par exemple à instiller une culture du marketing opérationnel et stratégique pour examiner où le groupe peut développer des leviers de croissance (télévision mobile personnelle, vidéo à la demande, web-TV, etc.).

Remodelage transversal

Pour se réorganiser et réussir sa mutation, France Télévisions s'est appuyé sur les conseils du cabinet Bain. "Tout le monde travaille en mode projet. Il n'y a aucun patron ou futur patron désigné", assure Kim Pham.

Pour les achats, il s'agit aussi de continuer à renégocier les contrats au niveau du groupe. Une synchronisation des cycles de vie des divers équipements comme les cars-régie permet des achats groupés qui assurent une économie d'une soixantaine de millions d'euros. L'idée est aussi de remplacer le moins possible toute personne qui quitterait son emploi à l'occasion du remodelage transversal des postes.

La régie publicitaire est, pour l'heure, peu affectée par la suppression de la publicité après 20 heures. Avec 205 salariés, elle n'a connu qu'une baisse de 20% des effectifs. Selon la direction, l'explication est à chercher dans la réorganisation d'une "filière commerciale" au sens large et dans les tractations en cours avec un opérateur extérieur: «Nous avons des coûts fixes incompressibles si nous voulons garder nos annonceurs. Avec un simple raisonnement de rentabilité immédiate, nous pouvons perdre des opportunités.» En clair, l'ensemble des commerciaux pourraient être utiles, notamment en régions, pour étendre le périmètre de la régie à d'autres médias…

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