Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

internet

«L’emploi sur le Net ne connaît pas la crise»

22/04/2009 - par Entretien Lionel Lévy

Geoffroy Fourgeaud, directeur des ressources humaines de voyages-sncf.com et président du tout nouveau club des DRH d'Internet, explique les raisons et objectifs de ce dernier ainsi que les spécificités RH des métiers du Web.

Pourquoi avoir créé un club de DRH spécifique à Internet ?

Geoffroy Fourgeaud. Dans ce secteur, qui regroupe plus de 16 000 salariés, les données font cruellement défaut tant en matière de formations, de profils, de rémunérations que de gestion de carrières. Cela veut dire des DRH obligés de naviguer à vue sur tous ces sujets. Or, même si parmi la trentaine d'entreprises adhérentes au club (voir encadré), certaines sont concurrentes, toutes rencontrent les mêmes problématiques de ressources humaines et ont les mêmes besoins d'information. Ce club permettra que nous nous rencontrions une fois par mois pour partager nos pratiques, les promouvoir et agir ensemble pour valoriser les métiers du Net.

 

Quelles sont les premières réalisations de votre club ?

G.F. Dès fin 2007, nous avons pris contact avec une quinzaine de DRH du secteur. Nous avons effectué à leur côté un travail de recensement qui nous a permis d'élaborer un premier référentiel des métiers d'Internet. Derrière des intitulés de postes différents se cachent parfois des professions similaires, aussi il était important de s'entendre sur les compétences et étiquettes qui y sont associées. Trente-deux métiers ont été identifiés, nous les mettrons sur notre site en mai prochain, précisant les missions générales des postes, leur contexte d'exercice, le profil requis et les compétences attendues.

 

Donnerez-vous des infos sur les salaires ?

G.F. Nous avons réalisé une enquête de rémunération qui compare les salaires en 2008 des métiers dans chaque entreprise du club. Cette enquête sera pérennisée, mais les salaires et leur évolution ne seront pas communiqués à l'extérieur. Ils seront réservés exclusivement à nos membres.

 

L'objectif est-il de mettre fin à la surenchère des salaires qui a cours sur certains métiers du Web ?

G.F. Il est vrai que certains profils en pénurie, notamment dans le référencement et dans l'acquisition-fidélisation des internautes, entraînent une surenchère des salaires néfaste. Alors, si cela peut calmer le marché, ce ne sera pas plus mal. Mais il ne faut pas croire qu'Internet est, question rémunération, une «poule aux œufs d'or». D'ailleurs, à l'embauche, on gagne moins sur Internet qu'ailleurs, 5 à 15% de moins. Ce n'est qu'après cinq ans d'expérience que l'on gagne plus, les rémunérations dépassant généralement de 15 à 20% celles des autres secteurs.

 

Côté recrutement, est-ce toujours aussi difficile de trouver les bons profils ?

G.F. Oui. Parce que nous sommes en prise avec des métiers très jeunes, qui de surcroît se réinventent sans cesse. Pour débusquer les perles rares, il faut parfois aller sur des blogs individuels ou communautaires et sur des réseaux sociaux. Plus qu'ailleurs, le «sourcing» des candidats est fondamental. C'est pourquoi, nous prévoyons d'ores et déjà des actions communes au sein du club. Par exemple de créer des opérations de recrutement conjointes - ça créerait des économies substantielles - et de dresser un panorama des formations Web existantes. Nous allons tenté de développer des partenariats avec des formations initiales. Nous venons d'en nouer un avec Centrale Lille (une chaire d'enseignement e-business) et Sciences Po Paris (cycle de cours d'introduction à l'univers du Web).

 

Le secteur recrute encore ?

G.F. Oui. Le recrutement d'Internet ne connaît pas la crise. L'emploi devrait encore progresser cette année dans le secteur. À voyages-sncf.com, par exemple, nous sommes passés de 220 à 290 salariés en 2008 et prévoyons 70 embauches en 2009, dont un tiers dans le marketing.

 

En quoi les salariés du Net se différencient-ils des autres ?

G.F. C'est une population plus jeune qu'ailleurs et souvent hétérogène. Certains sont autodidactes, d'autres ont effectué leur classe dans le off-line. Cette diversité est une richesse mais elle crée aussi de la complexité pour un responsable RH. Au-delà d'éventuels conflits générationnels, parce qu'il y a quand même quelques quadras, l'une des plus grandes difficultés est de réussir à adapter des profils non Web à leur nouvel univers. Travailler sur Internet, c'est très particulier. Pour bien s'y sentir, il faut être à l'image de ce média.

 

Être rapide et réactif ?

G.F. Tout à fait. Sur Internet, tout va plus vite. Cela a de bons et de moins bons côtés. Par exemple, une opération qui ne marche pas, ça se sait tout de suite. Il faut sans doute avoir plus qu'ailleurs une grande résistance au stress. On a coutume de dire que travailler une année dans l'Internet équivaut au moins au double dans les autres secteurs. La contrepartie pour nous, des ressources humaines, est de pouvoir leur offrir des carrières très rapides. Dans ce secteur, les collaborateurs veulent bien cravacher, mais à condition d'avoir des responsabilités rapidement et de grimper à la vitesse de l'éclair dans la hiérarchie. Sinon, ils zappent et partent au plus offrant. Ce n'est pas toujours évident à gérer pour nous.

 

 

Les membres du club

La trentaine de DRH membres du club sont issus de deux types d'entreprises : les sites marchands et les portails. Dans la première catégorie, on retrouve des sites comme Ebay, Vente-privée, Pages jaunes, Opodo, Grosbill, Auchandirect, Thomas Cook, etc. Dans la seconde, Viadeo, MSN, Yahoo, Microsoft, Eurosport, Meetic, Daily Motion, Numericable ou TF1 Nouveaux Médias.

 

 

Les salaires annuels du Net en euros

Métier Débutant (en euros)
Confirmé (1) (en euros)
 Dataminer  27 800  45 000
 Architecte Web  45 800  54 000
 Marketeur online  35 000  48 000
 Chef de publicité  32 000 De 50 000 et 70 000
 Marketeur spécialisé dans l'acquisition  33 000  63 000
 Marketeur spécialisé dans la fidélisation  32 000  45 000

 

Source : Club des DRH du Net. Rémunération brute. (1) cinq ans d'expérience ou senior (pour la publicité)

Envoyer par mail un article

«L’emploi sur le Net ne connaît pas la crise»

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.