
18/06/2009 - Valérie Perruchot-Garcia, présidente de l’Association française de communication interne (AFCI) et directrice de la communication interne du groupe Axa, analyse l’évolution de la communication interne depuis 20 ans et ses nouveaux enjeux.
L'AFCI vient de fêter son vingtième anniversaire. Quel bilan tirez-vous de l'évolution de la communication interne?
Valérie Perruchot-Garcia. Il y a 20 ans, le métier restait à inventer. En 1991, l'AFCI ne comptait que 20 membres, contre plus de 400 aujourd'hui. La fonction est dorénavant bien installée dans l'entreprise, notamment parce qu'elle a entamé sa mutation. Au départ, elle était essentiellement perçue comme la voix de la direction, puis a su prendre ses distances vis-à-vis de cette logique instrumentale pour se tourner vers une logique de recherche de coopération. Aujourd'hui, la communication interne a pour but de créer du liant, de promouvoir la participation de tous et le dialogue afin de favoriser l'engagement de chacun.
Pourtant, d'après votre étude AFSI/ANDRH/Inergie Opinion sur la communication managériale, publiée le 2 juin dernier, 73% des managers considèrent que les communicants internes ne leur apportent aucun soutien réel. Comment expliquez-vous cette critique?
V.P.-G. Notons tout de même que les opinions positives des managers vis-à-vis de notre fonction ont progressé de 6 points depuis 2006, date de la dernière enquête sur la communication managériale. Néanmoins, il est clair que la dimension conseil de notre métier ne s'est pas encore imposée aux yeux des managers. Nous n'avons pas assez expliqué en interne en quoi consistait notre travail. Avec sans doute une trop forte focalisation sur les outils (intranets, blogs, etc.) au détriment de l'humain. C'est pourquoi nous militons pour que les communicants internes aillent plus fréquemment sur le terrain, afin de se rapprocher au maximum des réalités du secteur et des hommes. La performance d'une entreprise est profondément liée à la qualité des relations qui s'établissent en son sein.
Autre reproche adressé à la communication interne, son rôle jugé peu stratégique par 50% des managers. Comment gagner en crédibilité auprès des directions?
V.P.-G. La communication interne s'inscrit sur le long terme. Ses actions ne sont pas mesurables immédiatement. Pour autant, il faut être capable d'en mesurer les effets. Développer des indicateurs de mesure de la fonction est une voie pour regagner de la crédibilité.
Les budgets de communication interne ont-ils été réduits suite à la crise?
V.P.-G. Globalement, ils n'ont pas été affectés. Contrairement aux idées reçues, la communication interne ne se dissout pas dans la crise. Au contraire, beaucoup de directions ont compris que la communication interne était une solution pour mobiliser les salariés et bien préparer la sortie de crise.
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Valérie Parruchot Garcia, AFCI

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