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recrutement

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09/07/2009 - par Lionel Lévy

Pour dénicher un job, certains sont prêts à tout. Mais jusqu’où aller pour sortir du lot ? Se faire repérer signifie rarement se faire embaucher.

«Démarrer sa vie active en ce moment, c'est juste l'enfer.» Master 2 d'info-com en poche, Marion Campana cherche, en vain depuis cinq mois, a intégrer une rédaction. Envois de synopsis, candidatures spontanées ou réponses à des annonces, les voies traditionnelles n'ont débouché sur rien. Alors, cette jeune chercheuse d'emploi de vingt-cinq ans a décidé depuis un mois de «passer à la vitesse supérieure». En l'occurrence l'envoi de CV… Carambar. La friandise jointe à son CV a fait son effet. «Si on ne recrute pas en ce moment, son courrier se démarque des autres. Du coup, on l'a appelée», relate Pascal Riché, rédacteur en chef de Rue 89, parmi les destinataires du Carambar.

«L'idée, c'est de sortir du lot, explique Marion. Et ça marche plutôt bien. Si je n'ai toujours rien trouvé, j'ai au moins eu des entretiens.» Il faut dire que les jeunes diplômés, au-delà des secteurs de la publicité et des médias, particulièrement sinistrés, paient un lourd tribut à la crise. Selon les dernières prévisions de l'Association pour l'emploi des cadres (Apec), à peine 20 000 jeunes diplômés seront embauchés en 2009, contre 45 000 l'année dernière.

La situation n'est pas plus glorieuse pour les seniors, au point que l'un d'eux, un directeur financier de cinquante et un ans, a récemment proposé 50 000 euros pour qui l'embaucherait. Sans grand succès… Pénurie d'emploi oblige, beaucoup misent sur l'originalité et la créativité pour se faire repérer.

Ainsi, depuis plusieurs mois, les CV vidéo décalés de communicants et créatifs se multiplient sur la Toile. Il n'empêche, les embauches suite au visionnage de ces vidéos se comptent au plus sur les doigts des deux mains. «Pour ce qui est du buzz, ça fonctionne à plein. Pour l'emploi, moins, souligne Yu Yan Cheung, un communicant de vingt-sept ans dont le CV vidéo a été téléchargé plus de 10 000 fois. D'ailleurs, le stage que j'ai trouvé récemment l'a été par les voies classiques du CV.»

Le marketing de soi a des limites

D'autres ne veulent pas se résigner. «On m'a toujours dit que la dimension créative était essentielle dans la communication et la publicité, alors moi je fonce», lance Cyril Hijar, un étudiant toulousain de vingt-cinq ans. Le stage qu'il effectue actuellement à l'agence Latgé Associés, à Toulouse, a été obtenu après avoir envoyé un CV sous forme de journal papier à son effigie. Pour préparer sa nouvelle recherche d'emploi d'après stage, il vient de mettre en ligne une vidéo dans laquelle il se présente comme un produit. En guise de date de naissance, un numéro de lot, une date de mise en circulation pour exprimer sa disponibilité, sans oublier un mode d'administration à savoir 5 jours sur sept…

Dans le même esprit «produit», des candidats à l'embauche ont récemment confondu Ebay avec le Pôle emploi en proposant leurs services… aux enchères. Encore plus fort, Étienne Grandin, un étudiant en communication, propose depuis peu son front comme nouveau support de publicité. «Mon objectif est de faire le maximum de buzz autour de moi pour me faire embaucher», glisse-t-il. Jusqu'où va-t-on descendre ? Après le «front office», à quand le «back office»… «Certes, le marché de l'emploi est un “marché”, mais quand même, s'étrangle Laurent Quintreau, créatif chez Publicis et secrétaire général CFDT du Betor Pub. À se présenter comme un produit, il ne faudra pas, le cas échéant, s'étonner d'être traité puis jeté comme un produit.»

Frédéric Bastok, directeur d'Externeo, un cabinet spécialisé dans le conseil aux services recrutement des entreprises, déplore également cette «course à l'échalote».«Pour se faire repérer, il ne faut pas hésiter à utiliser tous les outils du Net : réseaux sociaux, création de blogs, achat de mots-clés pour faire apparaître son CV, commente-t-il. Mais le marketing de soi a ses limites. Il vaut mieux ne pas avoir de buzz du tout qu'un mauvais buzz.» D'autant que, selon lui, les entreprises détestent les vagues. «Même si elles s'en défendent, les grandes entreprises préfèrent les clones, soutient Frédéric Bastok. C'est d'autant plus vrai en cette période difficile. Le recrutement d'un original est devenu un trop grand risque.»

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