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Ressources humaines

A France Télécom, c'est vraiment «time to move»

08/10/2009 - par Amaury de Rochegonde

Le groupe va mener, fin octobre, une enquête sur le stress au travail. Assurée par le cabinet Technologia, elle pourrait aboutir à une réorganisation, comme à Renault Guyancourt.

Le 24e suicide survenu dans un centre d'appels de France Télécom, en Haute-Savoie, le 28 septembre, a encore fait monter d'un cran la pression sur la direction de l'entreprise. Le PDG Didier Lombard a eu beau se rendre sur place, avec une réactivité nouvelle inspirée du chef de l'Etat, rien n'y a fait.

Accueilli sous les huées, le patron se trouve emporté dans une spirale infernale où tout nouveau suicide le fragilise et remet en cause son management. Son numéro deux a été remercié lundi 5 octobre (lire l'encadré). «Direction : time to move», lâche Sébastien Crozier de la CFE-CGC, en référence à la célèbre formule qui arrivait sur l'ordinateur des cadres du groupe, appelés à la mobilité tous les trois ans.

Une pratique aujourd'hui fustigée pour son «absurdité incroyable», selon Pierre Dubois (CFDT), «puisque le manager, en constante mutation, n'avait pas la reconnaissance de ses équipes». A moins que, comme dans l'armée, elle vise à éloigner les chefs de tout attachement aux hommes afin de faciliter l'exécution d'ordres de restructuration…

Quoiqu'il en soit, alors que le Parti socialiste demande la démission de Didier Lombard, France Télécom va devoir trouver des réponses pour ses non cadres, dont la mobilité est gelée jusqu'au 31 octobre.

Poser les vraies questions

Jusqu'où aller dans la remise à plat ? Faut-il, comme le demandent la CGT et FO, reconsidérer «tous les outils d'évaluation individuelle et de mesure de la performance» ? Et que dire de «l'arrêt de la distribution de stock-options qui a dévoyé le management de l'entreprise», préconisée par l'Association de défense de l'épargne et de l'actionnariat de France Télécom ?

Tout va dépendre du questionnaire sur le stress au travail qui sera envoyé fin octobre aux salariés par Technologia. Choisi par les partenaires sociaux, ce cabinet a œuvré en 2008 au technocentre de Renault Guyancourt, après une série de suicides.

«La direction, au départ très réticente, a pris conscience que ce type d'enquête est non seulement utile pour l'évaluation des risques psycho-sociaux, mais aussi pour l'efficacité de l'entreprise», explique Pierre Nicolas, délégué CGT du site de Renault.

La preuve ? Elle a elle-même mis en place sa propre enquête en juin 2009. Le questionnaire est en effet un outil précieux à condition, comme dit le syndicaliste, de «poser les vraies questions qui appuient là où ça fait mal» : la relation avec le N+1, l'analyse par type de métiers, le déséquilibre entre l'effort et la reconnaissance…

L'enquête de Technologia a montré que Renault surexeploitait à Guyancourt la conscience professionnelle de ses salariés, que le cumul de l'expertise métier et du pilotage de projets était générateur de stress. Depuis, la firme au losange a revu son organisation, redécoupé les tâches, fermé l'établissement à 20heures. «Aujourd'hui, conclut Pierre Nicolas, l'inquiétude est externe, liée aux délocalisations, mais on ne se dit plus “je suis nul”.»

 

(encadré)

 

Louis-Pierre Wenes remplacé par Stéphane Richard

Dans le rôle du fusible : Louis-Pierre Wenes. Le numéro deux de France Télécom s'en va et est remplacé par Stéphane Richard, a annonce l'opérateur lundi 5 octobre. Désigné il y a quelques mois pour succéder à Didier Lombard en 2011, l'ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy est nommé directeur général adjoint en charge des opérations France.

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