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Portraits d'hommes «verts»

22/10/2009 - par Lionel Lévy

Loïc Fel, responsable développement durable de BETC Euro RSCG, vingt-huit ans.
A priori, le lien entre la philo et la pub n'est pas évident. Pour Loïc Fel, ce lien se nomme développement durable. Docteur en philosophie après une thèse sur l'esthétique «verte», il rejoint l'agence BETC Euro RSCG en septembre 2008. Pourquoi la publicité ? «Parce que c'est un secteur très en retard, où il y a tout à faire, explique-t-il. Et donc un beau challenge.» Depuis un an, ce néopublicitaire, auparavant consultant environnement au cabinet de prospective économique Bipe, n'a pas chômé. Mise en place de filières de recyclage (papier, carton, piles, déchets organiques, etc.), création d'un comité d'experts junior pour associer les jeunes aux problématiques de l'agence, réduction du parc automobile, lancement du covoiturage (en cours), solutions d'écoconception des campagnes, accompagnement des marques dans leur démarche DD… Problème : les différents volets du développement durable ne sont pas toujours conciliables. «C'est un jeu d'équilibriste. Par exemple, lorsque l'on choisit de privilégier le volet environnemental, cela peut être au détriment du social et des conditions de travail. En témoignent les ampoules de travail basse consommation ou l'arrêt des déplacements en taxis…» Aux salariés de l'agence d'être à leur tour philosophes…

 

Laurent Claquin, directeur responsabilité sociale et environnementale de PPR, trente-huit ans.
Derrière cet air poupin se cache un homme de pouvoir. Ancien chef de cabinet de Jean-Jacques Aillagon au ministère de la Culture, Laurent Claquin fait ses armes dans la communication à la Galerie nationale du jeu de Paume, puis au Centre Pompidou (après Sup de Co Rennes et un DESS en management culturel). Proche de François-Henri Pinault, dont il écrit les discours, il devient son conseiller puis le porte parole de PPR en 2005. Deux ans plus tard, il gagne sa place au comité d'experts en tant que directeur responsabilité sociale et environnementale (RSE). «Cette position privilégiée me permet d'imposer les sujets RSE dans l'entreprise», explique-t-il. Comme par exemple la formation des managers à la diversité, la limitation des émissions de CO2 dans les transports ou encore qu'une partie de la rémunération variable des présidents de branche (Conforama, Gucci, Fnac, etc.) dépende de l'atteinte d'objectifs chiffrés de développement durable. «Ma conviction est que le développement durable est une opportunité pour le “business” car il permet de réduire les coûts et d'innover», insiste-t-il. Une conviction difficile à faire partager aux managers. «Nous n'avons pas encore réussi à insérer le développement durable dans l'activité de tous les jours, reconnaît-il. C'est un travail de longue haleine qui demande beaucoup de persévérance et d'humilité.»


Marine de Bazelaire, directrice du développement durable chez HSBC, trente-huit ans
De la finance, étudiée à New York, à l'édition en passant par la muséologie, cette jeune femme à la voix douce et au teint diaphane est une collectionneuse de diplômes de masters. Même éclectisme dans son parcours professionnel où elle est respectivement passée dans les départements édition et multimédia de structures aussi variées que l'Unesco, BDDP, Excelsior et Tiscali. HSBC ? Un heureux hasard, puisque la personne pressentie ne souhaitait pas quitter le WWF et a donné son nom. Travailler dans le développement durable est en revanche tout sauf un hasard. «J'ai toujours été convaincu du potentiel de développement durable, notamment dans la capacité qu'a cette thématique de donner du sens au travail et de fédérer les équipes en interne.» A la tête d'un département de six personnes, relayée par seize correspondants au sein des directions fonctionnelles, elle estime que le plus difficile est de «rentrer dans les agendas métiers» des troupes. Un problème de légitimité de la fonction ? «Depuis que l'on est rattaché à la direction générale et non plus à celle de la communication, tout est beaucoup plus facile.» La Fondation HSBC pour l'éducation est sa plus grande fierté. Près de 1 500 salariés de l'entreprise s'y sont impliqués en 2009, contre à peine 6 à sa création en 2006.

 

Diane Maniouloux, responsable développement durable de Lafuma, vingt-huit ans.
Elle a le regard de ceux qui savent où ils vont. D'abord assistante marketing, puis chef de produit textile, Diane Maniouloux est promue en octobre 2008 responsable du développement durable. Au-delà de son expérience dans l'entreprise, elle juge sa double formation (ingénieur en physique et diplômée d'un master en marketing) fondamentale. «Ingénieur pour bien comprendre les contraintes et enjeux des opérationnels, et le marketing pour vulgariser, simplifier et rendre les informations impactantes en interne.» Ce qui la passionne dans son métier ? La transversalité et la diversité des activités. «Je suis en contact avec les différents services de l'entreprise : conception produit, communication, production, achats… C'est enrichissant.» Dans ce métier où «aucune journée ne ressemble à une autre», elle jongle entre la promotion et le développement d'écoconception des produits, la communication externe autour de l'engagement «vert» du groupe et la mise en place d'actions de formation – qu'elle anime souvent – et de sensibilisation des collaborateurs en interne. «Il faut tous les jours se remettre en question et trouver de nouveaux moyens d'action.» Un métier pour des femmes et des hommes qui aiment l'engagement.

 

Fabrice Bonnifet, directeur développement durable et qualité sociale et environnementale de Bouygues, quarante-cinq ans.
«Le développement durable, on y vient par opportunité et l'on y reste par conviction, disait Nicolas Hulot. C'est exactement mon cas.» Titulaire d'un diplôme d'ingénieur au CNAM, Fabrice Bonnifet entre au groupe Bouygues il y a tout juste vingt ans. Passé par la direction qualité, il devient en 2007 le Monsieur développement durable du groupe. Rattaché à la direction générale, son rôle consiste à «donner envie à tous de travailler autrement». Le géant de la construction y est de toute façon contraint tant par la pression croissante des clients, institutions et autres ONG que par la réduction des énergies, le changement climatique ou la pollution des sols. Immeuble à énergie positive, isolation performante, nouveaux matériaux, le groupe crée aujourd'hui des produits plus écologiques. Satisfait ? «On est là pour faire faire et pas pour faire, explique-t-il. Du coup, on aimerait toujours que les changements interviennent plus rapidement. C'est le coté frustrant de ce métier passionnant.»
 

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