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Un poil à gratter chez Publicis Consultants

29/10/2009 - par Lionel Lévy

Syndicaliste Filpac-CGT chez Publicis Consultants, Gilbert Bougréau détonne dans le monde de la pub. Sa direction n’a eu de cesse de vouloir s’en débarrasser. Sans succès.

C'est le salarié le plus âgé de Publicis. Maurice Lévy, président du groupe, est son cadet d'une petite année. Voici Gilbert Bougréau, un sacré bonhomme de soixante-neuf ans à la carrure de déménageur, 1,80m et 82kg de revendications servies par un langage fleuri et une gouaille à la Arletty… Bref un ovni dans le monde de la publicité.

Ce technicien de maintenance atterrit à l'agence Verbe en fin de carrière, en 1996. «Révolté par les injustices dans les agences de pub», il se définit volontiers comme un «Don Quichotte des temps modernes». Il prend un mandat syndical en 2000. Sa vie professionnelle bascule. Il est mis au placard. Son employeur intente trois procédures de licenciement à son encontre en moins de cinq ans. L'une pour faute (un vol supposé), l'autre pour âge légal de mise en retraite et la dernière pour… exhibitionnisme (il lui était reproché de s'être mis en sous-vêtements devant des stagiaires de l'entreprise). Sans succès. L'inspection du travail et les tribunaux ont toujours donné raison au salarié, condamnant sa société pour discrimination syndicale et l'obligeant à le réintégrer sous astreinte. La dernière affaire a même donné lieu à une première dans le monde de la pub: après que l'inspection du travail a refusé en avril dernier le licenciement, Publicis Consultants a formé un recours hiérarchique auprès du ministère pour annuler cette décision. Encore raté. Le ministère a débouté l'entreprise.

En prison avec un ancien des Brigades rouges

Le «bougre», comme certains l'appellent, a la peau dure. «Ça a parfois été moralement difficile. J'ai même pensé au suicide! Mais je ne suis définitivement pas un homme qu'on brise.» Entre deux cigarettes (il en fume un paquet par jour depuis l'âge de dix ans), Gilbert Bougréau raconte tout. Même ce qu'on ne lui demande pas: son passé d'ancien international de basket, son élection de meilleur ouvrier de France avant son arrivée dans la pub, et jusqu'à ses déboires conjugaux.

À l'en croire, lors d'un court séjour en prison pour «recel de voiture volée», il aurait même partagé sa celluleavec un ancien des Brigades rouges. «Alors, ce ne sont pas ces petits publicitaires qui vont me la faire!»

En interne, l'homme ne laisse personne indifférent. Si la direction ne souhaite pas s'exprimer sur lui, certains salariés le considèrent comme un «hurluberlu anachronique», d'autres comme un «empêcheur de tourner en rond». Éric Diemer, directeur de création à l'agence et représentant du personnel, fait partie de la seconde catégorie. «Au vu de l'actualité sociale exécrable à Publicis Consultants [l'agence a perdu un cinquième de son effectif en un an et elle prévoit dans les mois à venir une quarantaine de départs dans son pôle ressources humaines…], la plupart comptent aujourd'hui sur lui pour faire avancer les choses dans le bon sens.» Gilbert Bougréau, lui, se dit plus que jamais «prêt au combat».

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