
28/01/2010 - Laurent Dassault, vice-président du groupe et fils cadet de Serge, a livré à Stratégies sa vision de la transmission des pouvoirs telle qu’elle est prévue dans la succession familiale.
Il suffit de rappeler la déclaration d'Olivier Dassault à La Croix en juin dernier («Je suis le plus qualifié pour la succession») pour faire sortir de leur réserve les autres membres de la famille. «Nous ne l'acceptons plus, explique Laurent Dassault, deuxième fils de Serge. Il n'y a pas un héritier, il y en a quatre: Olivier, Laurent, Thierry et Marie-Hélène. Le plus important, c'est la continuité de la lignée, et notre mission, c'est de transmettre. Il n'y a pas de guerre de succession et il n'y en aura pas car, après la disparition de mon père, nous serons assez intelligents pour faire en sorte que la quatrième génération reçoive les fruits de la première.» Alors que Serge Dassault aura 85 ans en avril, le président de l'Immobilière Dassault et de Château Dassault confie à Stratégies ce 8 janvier, à deux pas de l'hôtel particulier du groupe, sur le rond-point des Champs-Élysées, les plans arrêtés par sa famille en 2009 pour régler la succession de Serge Dassault.
«Je suis un peu comme le prince Charles qui attend toujours et ne régnera peut-être jamais»: le trait d'humour du député UMP Olivier Dassault dans La Croix n'a pas fait l'unanimité du clan. Ou alors contre lui. Pour répliquer, le père a déclaré que sa succession n'était pas ouverte et, dans Le Nouvel Observateur, que ses fils se faisaient «beaucoup mousser mais qu'en réalité ils ne faisaient pas grand-chose». Le 25 mars, une assemblée générale des actionnaires du Groupe industriel Marcel Dassault – comprenant tous les membres de la famille – avait approuvé les nouveaux statuts de la société. En cas de décès du patriarche, il a été décidé qu'un conseil de famille comprenant Nicole Dassault et ses quatre enfants déciderait seul du nouveau patron du groupe. Seule certitude: ce sera bien un Dassault. Une donation-partage, réalisée à la fin 2008 par Bernard Monassier, le notaire et ami de la famille, a organisé la migration d'une partie des actions détenues par les enfants (depuis quinze ans Serge Dassault a assuré la transmission de son capital en nue-propriété à sa descendance tout en conservant les droits de vote).
Instauration d'une limite d'âge
Désormais, ce sont donc des actions de préférence qui lient les uns aux autres les membres de la famille, avec versement d'un dividende annuel et, comme l'a révélé Challenges, une cagnotte de 60 millions d'euros accordée aux quatre héritiers à partir des réserves de la société. En échange, les enfants se sont engagés à ne pas céder à un tiers pendant dix ans «après le décès du survivant de monsieur Serge Dassault et madame Nicole Dassault». En clair, et comme le confirme Laurent Dassault, un pacte d'actionnaires prévoit que tout héritier ne peut plus vendre de parts qu'à des descendants directs, via une structure de liquidités constituée à partir des dividendes remontant des sociétés du groupe. Tout prise ou vente de participation importante passe aussi par le conseil de famille (Laurent souhaiterait d'ailleurs qu'il soit élargi aux douze petits-enfants).
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