
13/01/2011 - Pour souhaiter la nouvelle année, Maurice Lévy, le président de Publicis Groupe, a choisi de lire un texte en mandarin face à la caméra. Il n’est pas le seul: la vidéo gagne du terrain dans l'entreprise.
«Ni hao… Xin nian kuai le.» (Bonjour… Bonne année). Pour présenter ses vœux à ses 45 000 salariés, répartis dans le monde entier, le patron de Publicis Groupe, Maurice Lévy, s'est encore démarqué. Cette année, il a lu un texte en mandarin, sous-titré en anglais. Ou, plus exactement, il s'est contenté de scander des sons défilant sur un prompteur. Cela donne un discours aux allures de sketch et qui explose l'audimat: «Il a déjà été vu 25 000 fois», se félicitait en milieu de semaine dernière Pascal Nessim, coprésident de Publicis Net, qui a participé à l'exercice. Le dirigeant du CAC 40 double son audience par rapport à son petit spot de l'an passé, également décalé.
«Envoyer ses vœux en vidéo, c'est une tradition chez Maurice Lévy, même si, historiquement, il était filmé sur la terrasse du siège, aux Champs-Elysées, et répétait à l'envi: “L'année a été difficile, vous vous êtes battus et vous avez réussi. L'an prochain, je compte encore sur vous”, relate Pascal Nessim. Il y a deux ans, on lui a fait remarquer que l'exercice tournait un peu en rond et on lui a proposé d'y glisser un peu d'humour.» Le dirigeant a accepté. Et cela a abouti à la vidéo de vœux 2010: «On avait fait “Maurice inside” pour montrer la différence entre ce qu'il pensait, sympa, et ce qu'il écrivait, très sérieux .» Pour 2011, la série continue avec “Maurice mondialisé”.
Un clin d'œil à ses nouveaux collaborateurs chinois: Publicis a réalisé dans l'empire du Milieu plusieurs acquisitions en 2010 et y a enregistré une progression de près de 25% de ses revenus pour le seul troisième trimestre. En 2011, le groupe prévoit de renforcer encore sa présence dans ce potentiel «deuxième marché publicitaire mondial», comme en atteste une revue stratégique d'actifs cibles confiée à Jean-Yves Naouri. Certes, les puristes du mandarin trouveront à redire dans ce discours du patron, mais les salariés chinois de Publicis, eux, ont apprécié ce clin d'œil. Autre signe du succès de cette vidéo: elle a déjà été parodiée par un blogueur, baptisé «Vinvin» (http://www.vinvin.org/).
Disparition des freins techniques
Les vœux en vidéo sont un mouvement inexorable, selon Guillaume Aper, président de l'Association française de communication interne (AFCI): «Si la vidéo s'impose, c'est parce que c'est un outil plus moderne que l'écrit et une façon de passer à un média de masse dans des organisations internationales, multiculturelles, où le président ne peut pas être présent partout.»
Le message audiovisuel répond mieux aux contrainte des groupes, qui ont des filiales aux quatre coins du monde, ajoute Catherine Desgrandchamps, consultante chez Image 7: «Cela recrée un lien de proximité avec le dirigeant, c'est plus chaleureux et ça peut susciter un sentiment d'appartenance plus profond.» Autre intérêt de ce mode de communication, il permet de mettre en scène le message tout en simplifiant le discours. «On dit les choses plus vite qu'à l'écrit, on grossit un peu le trait, on va à l'essentiel», souligne Xavier Cazard, directeur associé de l'agence Entrecom.
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