
J.P. Non je ne crois pas. Les contraintes de l'entreprise ne conduisent pas à se rebeller, mais plutôt à se montrer dociles. Or les moins de 30 ans cherchent avant tout un emploi stable. Ils sont mêmes prêts à accepter des postes moins intéressants, moins confortables. D'ailleurs, d'après nos enquêtes, l'une des idées les plus consensuelles entre les générations en âge de travailler est la suivante: «Un salarié qui ne se plie pas à l'autorité de son patron n'est pas indispensable.» En prétendant qu'ils veulent tout, tout de suite, cela revient à dire que c'est de leur faute s'ils ont des difficultés d'insertion.
Plus branchés que la moyenne, les Y?
F.B. Oui, ils sont technophiles et multitâches. D'ailleurs, au départ, je me braquais avec mes jeunes collaborateurs qui passaient trop de temps sur Facebook pendant la journée. Maintenant, je le tolère s'ils font bien leur travail. Car, dans le même temps, ils sont connectés à Internet en permanence et, pour eux, répondre à un e-mail professionnel pendant le week-end ou les vacances n'a rien d'anormal.
J.P. Il ne faut pas confondre technophilie et jeunesse. Peut-être que l'on va trouver davantage de jeunes de 25 ans à l'aise avec les nouvelles technologies, mais il y a aussi des quadras très branchés et des jeunes «low-tech».
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