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35 heures: une nouvelle vie pour les journalistes

31/03/2000

Le week-end de trois jours, on ne l'a pas encore créé»,déplore Frédéric Augendre, représentant SNJ duParisien. Depuis le 17octobre 1999, date du lancement de l'édition dominicale, les 35heures et l'accord sur le travail du dimanche sont cependant effectifs dans le quotidien du groupe Amaury.«Nous nous sommes mis à travailler sept jours sur sept, en même temps que les 35heures», résume Alix Imbert, directrice de la communication. À Bayard Presse, la journée difficile est plutôt le mercredi, très demandé par les salariés, ce qui pose un problème d'aménagement des rédactions plus ou moins compliqué, en fonction de leur périodicité.«Il est plus difficile de s'organiser àLa Croix [un quotidien]qu'àOkapi [un mensuel]», résume un salarié. Dans ce groupe, l'accord sur les 35heures est effectif depuis septembre 1999.«Nous voulons mettre l'accélérateur sur la dynamique actuelle autour du Web et du commerce électronique», affirme Ghislain Lafont, directeur des ressources humaines. Sur un effectif total de 1500personnes, les 35heures devraient permettre l'embauche de 56personnes. 28d'entre elles doivent arriver d'ici à la fin juin: elles seront affectées sur de nouveaux emplois.«Les salariés ont récupéré deux jours par mois ou, plus exactement, 22jours par an», poursuit Ghislain Lafont. AuParisien, l'effet 35heures s'est traduit par l'embauche de 22journalistes supplémentaires dans la rédaction parisienne (qui en comptait environ270), selon Frédéric Augendre. Suivant les termes de l'accord, le samedi travaillé est récupéré et rémunéré 500francs, et les salariés ont bénéficié de 22jours ouvrables supplémentaires. Chaque trimestre, un bilan est fait: les jours non pris sont perdus.«Entre nous, il est évident que l'on s'échange nos jours de permanence quand cela nous arrange», précise un journaliste du quotidien.

Une mise en place longue et lente

Le bouleversement des habitudes que suscite le réaménagement du temps de travail amorce une sorte de révolution culturelle dans le journalisme.«Vous touchez des zones de pouvoir sensibles et des zones de prés carrés,synthétise Ghislain Lafont.Avant d'en modifier les clôtures, cela prend du temps.»Les 35heures obligent les journalistes à travailler davantage ensemble, à déléguer les bons coups, à partager leur travail.«Mais ce n'est pas gagné dans tous les services, et pas évident pour tous les postes,nuance Frédéric Augendre.Il est difficile pour un journaliste chroniqueur qui suit un procès de déléguer ses contacts.»Dans l'aménagement et la réduction du temps de travail (ARTT), ce sont surtout l'aménagement et le suivi de l'information qui posent problème.Le Parisiena mis en place un système de rotation avec un planning, à la semaine ou au mois. Mais ce sont les journalistes qui doivent eux-mêmes signaler leur absence au secrétariat et au standard.«Le week-end, c'est la pagaille, le standard est débordé, explique l'un d'entre eux. Quand je suis là, je les appelle pour les prévenir et demander qui est présent, cela évite de faire perdre inutilement de l'énergie aux autres. Par ailleurs, pour que l'information continue à arriver à bon port, tout dépend de l'initiative personnelle»,conclut-il.

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