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Un break humanitaire

16/06/2000

Le parcours de certains salariés deOuest Francerévèle une ligne originale, une parenthèse de un à neuf mois utilisée pour faire de la formation professionnelle au Burkina Faso, de l'alphabétisation au Cameroun, de la scolarisation d'enfants et de la médicalisation au Cambodge... D'autres encore sont restés en France, auprès de SDF à Paris, d'ATD Quart Monde à Rennes, etc. Tous avaient leur salaire maintenu et l'assurance de retrouver leur poste après cette période passée au service des autres, dans le cadre de la Bourse du projet social, une procédure lancée en 1986 par Philippe Amyot d'Inville, vice-président du journal.«L'idée était de donner la possibilité d'illustrer les principes d'humanisme et de souci social auxquels notre journal est attaché»,explique ce dernier.

Projet soumis au comité de parrainage du journal

Chaque salarié justifiant de trois ans dans l'entreprise peut soumettre un projet en lien avec un organisme caritatif. Celui-ci est présenté à un comité de parrainage composé de huit membres du journal: un employé, un ouvrier, un journaliste, un cadre, un retraité, un membre du comité d'entreprise, un représentant de la direction générale et un membre de la direction des ressources humaines. Journalistes à la rédaction de Nantes - et jeunes mariés - Véronique et Thierry Ballu sont ainsi partis au Congo pour monter un centre de ressources pour la presse et mettre sur pied des formations. Ouest-Fraternité, l'association caritative des salariés deOuest France(qui, jusque-là, envoyait surtout des livres scolaires en Afrique), est séduite par leur projet.«Nous y avons d'abord passé nos vacances, pour identifier les divers besoins,se souvient Véronique.Quelques mois plus tard, nous sommes revenus à Brazzaville avec deux valises, 25000francs et trois vieux ordinateurs.»Le couple s'aperçoit vite que l'aide étrangère institutionnelle est à l'opposé de leurs principes:«Les Américains et les Européens dispensaient des formations de 80personnes dans une seule et même salle et distribuaient de l'argent. Nous avons fait l'inverse, en montant des formations individualisées très basiques, depuis la frappe sur clavier, pour lesquelles on demandait une petite participation.»Au coeur d'une guerre civile qui leur vaudra de frôler la mort à plusieurs reprises, Véronique et Thierry réussiront à former une trentaine de personnes,«dont certains crevaient de faim au sens propre et nourrissent aujourd'hui leur famille grâce à leurs articles».Au centre de ressources, à la documentation et aux formations s'ajoute vite en effet la création d'une «banque de piges», une véritable petite agence de presse qui vend les articles des autochtones, y compris à l'étranger.Témoignage ChrétienetLe Monde Diplomatique,entre autres, accueillent toujours les écrits des reporters congolais formés par les Ballu. Aujourd'hui, Thierry et Véronique ont retrouvé leur poste à la rédaction de Nantes.«Très fiers et terriblement changés»,dit Thierry qui n'a qu'une envie, repartir, et un seul regret:«l'absence de véritable debriefing avec la direction, parce qu'après une telle expérience on remet tout en cause».Philippe Amyot d'Inville confirme:«La vingtaine de personnes qui ont saisi cette opportunité ont vécu des expériences enthousiasmantes, avec des enjeux plus graves que dans leur métier àOuest France,et le retour est donc souvent difficile.»Présenté aujourd'hui comme exemplaire, le projet des époux Ballu a obtenu des financements français et européens, qui profitent au centre de ressources congolais et permettent de faire des émules. Un autre journaliste s'apprête, à son tour, à mener une expérience similaire à Madagascar. Un quatrième est au Vietnam avec un poste désormais salarié de l'association Ouest-Fraternité après avoir bénéficié de la Bourse du projet social pendant les neuf premiers mois.«Ce sont des gouttes d'eau, mais des gouttes d'eau qui comptent»,sourit Philippe Amyot d'Inville.

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