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Profession pigiste

19/12/2000

Considéré il n'y a pas si longtemps comme un pis-aller en début de carrière ou comme un recours en cas de coup dur, le statut de pigiste a retrouvé un deuxième souffle. Les chiffres parlent d'eux-mêmes: en 1999, les 6014pigistes titulaires de la carte de presse représentaient 19% des journalistes (31685cartes de presse), contre à peine 15% en 1990. «Le phénomène a totalement explosé au cours des deux dernières décennies, analyse Jean-Marie Charon, sociologue et chercheur au CNRS.Il n'est pas conjoncturel, il s'agit d'une évolution de fond de l'économie de l'entreprise de presse.»C'est d'ailleurs ce qui fait le succès duGuide de la pige,dont les Éditions Entrecom viennent de sortir la troisième édition à 12000exemplaires, contre 5000 pour chacune des deux premières (1).«Aujourd'hui, 95% des diplômés du CFJ[Centre de formation des journalistes]deviennent pigistes à leur sortie de l'école,affirme Xavier Cazard, coauteur de l'ouvrage, avec Pascale Nobécourt.Certains espèrent ainsi intégrer une rédaction. D'autres, tout au contraire, revendiquent cette approche.»

Au départ, la volonté de multiplier les expériences

Cette décision, choisie et raisonnée, traduit une nette évolution des comportements. Comme l'explique Mylène Torin, jeune diplômée de l'IUT de Bordeaux :«Je viens de terminer mes études et je ne veux pas me fixer définitivement. Quand j'aurai trouvé le thème qui m'intéresse, j'essaierai peut-être de prendre un poste dans une rédaction. Mais, pour l'instant, j'ai envie de rencontrer le maximum de personnes et seul le statut de pigiste peut me permettre cette diversité.»Cette volonté de multiplier les expériences et de toucher à tout avant de choisir sa voie s'explique beaucoup par l'émergence d'Internet et la multiplication de l'offre audiovisuelle avec les chaînes thématiques. Le statut de pigiste permet de se confronter en même temps à différents supports, ce qui est moins le cas pour un journaliste salarié.«Piger permet de faire le tour de la profession et de connaître les différentes facettes du métier»,confirme Xavier Cazard, lui-même ancien pigiste. Pourtant, piger ne s'inscrit pas, à quelques exceptions près, dans une optique à long terme. Les statistiques de la Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels sont formelles: après six ans, le pourcentage des journalistes pigistes titulaires de la carte passe de 60% à 20%. Après dix ans, les pigistes ne sont plus que 13% et leur nombre va décroissant au fil du temps. Comme l'avoue un vieux briscard dansLe Guide de la pige,il y a un moment où l'on s'épuise, où l'on a envie de trouver une place assise, il faut préparer sa reconversion.

Un statut assez mal vécu dans sa durée

À l'essoufflement s'ajoute le manque de reconnaissance.«Plus le pigiste vieillit, plus il souffre de sa différence,soulignent les auteurs du guide.Après quinze ans d'expérience, grande est sa frustration de sentir, qu'aux yeux de ses interlocuteurs, il n'a pas dépassé le cap de l'aimable exécutant extérieur.»Sauf quand il est devenu une star dans son domaine. Mais les pigistes stars sont rares. Pascale Nobécourt. Éditions Entrecom. (1) Guide de la pige, de Xavier Cazard et

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