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Profession journaliste

02/11/2001

Reportages au long cours, interviews politiques, présentation de journaux télévisés aux heures de grande écoute : Patrick Poivre d'Arvor et les reporters de guerre font toujours rêver.« Les figures dominantes du métier exercent un attrait puissant,explique le sociologue Dominique Marchetti, chargé de recherches au CNRS de Rennes et coauteur avec Denis Ruellan deDevenir journaliste(Éditions La Documentation française).Même critiquée, cette profession conserve un prestige social très important. »Elle suscite d'autant plus de vocations qu'elle n'impose pas de barrières formelles à l'entrée, comme les avocats, les notaires ou les experts-comptables. La création des radios, chaînes thématiques et sites Internet a créé un appel d'air. La population des journalistes a augmenté en France de 59,6 % entre 1983 et 1999, passant de 19 982 à 31 903membres. Et le contingent continue de progresser. À la fin 2000, la France comptait ainsi au total 32 738cartes de presse.

De plus en plus de diplômes et une précarisation croissante

Dans ces bataillons se côtoient les profils les plus divers : des diplômés des grandes écoles, des formations scientifiques et techniques, beaucoup d'anciens des universités de lettres, d'histoire ou de langues.« Les journalistes diplômés d'une école reconnue par la profession représentent 12 % de l'ensemble »,constate la Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels (CCIJP). Ce qui est encore peu. Généralement, le journaliste a un niveau d'études moyen de Bac + 3, nettement supérieur à celui de la population active.« Il ne cesse de s'accroître, précédant de loin le mouvement général de la population »,affirme Dominique Marchetti. Les plus diplômés vont vers les médias grand public mais aussi vers les titres spécialisés, qui élargissent leurs recrutements à de nouveaux profils. De plus en plus souvent, les magazines agricoles, économiques, scientifiques ou médicaux recrutent des ingénieurs, des diplômés d'école de commerce ou bien des médecins.

Paradoxalement, cette exigence de diplômes s'accompagne d'une précarisation croissante de la profession.« L'échelle des salaires est de plus en plus grande entre une élite très bien payée et des pigistes gagnant 4 000 à 5 000 francs »,remarque Dominique Marchetti. De même, le nombre des journalistes sans contrat à durée indéterminée a crû de 45 % entre 1990 et 1999.« De plus en plus de petites structures rédactionnelles fonctionnent avec quelques permanents et un fort volant de pigistes. »

Un ascenseur hiérarchique souvent bloqué

Mais, une fois en poste, les difficultés ne sont pas encore finies. L'ascenseur hiérarchique est souvent bloqué pour les forts contingents qui ont été recrutés dans les années 1980 et 1990.« Les possibilités d'évolution existent dans les grosses structures, mais sont très limitées dans les petites. »D'où un accroissement du turn-over.« Le taux de sortie est difficilement mesurable mais il semble qu'il soit relativement élevé,affirme, prudent, l'auteur.C'est un milieu beaucoup plus dur qu'on ne le croit. Mais la curiosité et la motivation pour accomplir la mission d'informer sont très importantes : ils sont nombreux à vivre plutôt bien leur précarité en se rémunérant en prestige social. »Toujours l'effet PPDA.

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