Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

Les vieux réflexes sociaux ont la vie dure

08/02/2002

Nathan D'jram est effondré. Ce jeune directeur des ressources humaines de la filiale française d'une grande multinationale vient d'apprendre, de la bouche de son nouveau PDG, qu'il doit mettre en place un plan social visant à supprimer 428 postes. Pour cet homme qui imaginait son entreprise comme une structure à visage humain - il vient d'ailleurs d'être récompensé par ses pairs du titre de DRH de l'année pour son approche sociale des ressources humaines -, le coup est rude. Comment atteindre cet objectif inéluctable sans pour autant perdre son âme ?

Ce scénario n'est bien sûr qu'une fiction, puisqu'il s'agit de la trame d'Au nom des autres, le roman que vient de publier Didier Pitelet, PDG de l'agence Guillaume Tell (groupe Publicis), aux Éditions LPM. Mais il traduit parfaitement l'état d'esprit actuel. Dans l'euphorie des années 1996-2000, et devant la difficulté à recruter mais aussi à fidéliser leurs collaborateurs, de nombreux chefs d'entreprises avaient compris que le « capital humain » de leur société était essentiel et qu'une prise en considération des aspirations des salariés était, en quelque sorte, rentable.

Malheureusement, cette certitude n'a pas résisté au retournement de conjoncture : en quelques mois, elle a été balayée et les plans sociaux se sont multipliés.« L'impact des discours RH n'est réel que lorsque l'économie entre dans un cycle positif »,constate Didier Pitelet qui, après avoir imposé la notion de « marque employeur », milite pour transformer les DRH en directeurs du marketing social.« Il faut rendre les employeurs uniques grâce à une prise de parole cohérente vis-à-vis de leur audience interne et en accompagnant les changements du monde du travail »,explique-t-il.

Un déficit de cadres dès 2004

Le challenge n'est pas évident dans le contexte actuel, mais il existe pourtant quelques signaux d'espoir. Témoin, le développement du concept de responsabilité sociale de l'entreprise : aux États-Unis, la performance sociale a autant de poids que la performance économique et la qualité environnementale. En France, Jean-Paul Charlez, directeur des ressources humaines de Nouvelles Frontières, n'hésite pas à affirmer que« la décision de bloquer les recrutements à la simple évocation de la menace d'une crise constitue le type même de la réaction à contretemps ». Le passage du discours à la réalité est certes délicat, mais le simple fait de le dire publiquement est symbolique.

Surtout,« la décennie à venir sera marquée, après une année 2002 de transition, par les départs à la retraite des baby-boomers », rappelle Jacky Chatelain, directeur général de l'Association pour l'emploi des cadres (Apec). Le déficit de cadres devrait intervenir dès 2004 et s'accentuer à partir de 2006. Une évolution statistiquement inéluctable qui placera les entreprises dans une situation difficile. De l'avis général, recrutement et gestion des carrières seront alors plus sensibles qu'en 1998-2001.

Envoyer par mail un article

Les vieux réflexes sociaux ont la vie dure

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.