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Des jeunes diplômés moins carriéristes

19/07/2002

Être jeune diplômé en 2002, ce n'est pas une sinécure. Contrairement à leurs aînés, sortis des écoles entre 1995 et 2000, ils arrivent sur un marché du travail sinistré. S'ils ont du mal à trouver un premier emploi, ils restent malgré tout assez confiants dans l'avenir, estime Nathalie Atlan-Landaburu, directrice conseil à l'agence de communication en ressources humaines ORC, qui réalise chaque année un baromètre sur les jeunes diplômés.

En douze mois, le marché de l'emploi s'est retourné. Comment les jeunes diplômés ont-ils vécu cette crise ?

Nathalie Atlan-Landaburu.Ils l'ont subie de plein fouet. Il faut savoir que les jeunes diplômés représentent bon an mal an les deux tiers du marché des petites annonces en presse : or, en un an, celui-ci a baissé de 30 à 40 %.

Quels sont les secteurs les plus touchés ?

N.A.-L.Traditionnellement, les plus gros consommateurs de jeunes diplômés sont l'industrie électronique, l'informatique et le conseil, qui préfèrent former des jeunes à leurs méthodes plutôt qu'embaucher des cadres plus confirmés. Or, les deux premiers ont gelé leurs campagnes de recrutement dès le printemps 2001 : certaines entreprises ont même mis en place des plans sociaux d'envergure. Les sociétés de conseil, touchées par la crise et le scandale Enron, ont fait de même quelques mois plus tard.

Comment les jeunes diplômés vivent-ils cette situation ?

N.A.-L.Ils sont parfaitement conscients de la réalité, puisque les délais pour trouver un premier emploi s'allongent de plusieurs mois et l'inflation sur les salaires n'est plus possible. Pourtant, ils restent très confiants dans l'avenir. D'une part parce que les politiques et les économistes, relayés par les médias, ne cessent d'annoncer la reprise, même si personne ne peut vraiment dire quand. D'autre part parce qu'ils savent très bien que l'évolution démographique joue en leur faveur, avec le départ à la retraite des baby-boomers à partir de 2005.

Les promotions 2001 et 2002 sont-elles vraiment différentes de leurs devancières ?

N.A.-L.S'ils ont indiscutablement réduit leurs prétentions financières par rapport à leurs aînés, les jeunes diplômés sont toujours intransigeants sur la gestion de leur carrière : ils ne sont pas prêts, notamment, à sacrifier leur vie personnelle pour réussir à tout prix. Pour eux, les 35 heures relèvent de l'acquis. Contrairement à leurs parents, ils affichent un grand détachement par rapport à l'entreprise. Dans le même temps, ils exigent de la reconnaissance : ils veulent qu'on les écoute, qu'on s'occupe d'eux, etc.

Ce qui n'est pas forcément la préoccupation première des entreprises...

N.A.-L.Pas vraiment ! D'autant qu'aujourd'hui, les chefs d'entreprise sont dans une logique de court terme. L'oeil rivé sur leur compte d'exploitation, ils ont, pour la plupart, suspendu leur communication en ressources humaines.

Ne vont-ils pas en payer le prix dans deux ou trois ans, quand la pénurie de talents se fera à nouveau sentir ?

N.A.-L.C'est évident, mais cet argument n'est actuellement pas suffisant pour les convaincre d'investir en permanence en direction des jeunes diplômés. Même quand on leur démontre, études à l'appui, qu'il s'agit de l'une des principales attentes de ces derniers.

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