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La déontologie des journalistes en question

05/06/1998

Accusés d'avoir précipité la mort de Lady Di, régulièrement vilipendés par les sondages d'opinion, les journaux ont mauvaise presse. C'est pourquoi la Fédération nationale de la presse française (FNPF) a décidé d'engager une réflexion de fond, la première de son histoire, sur la déontologie de la profession. Pour en jeter les bases, elle a réalisé, en février dernier, une enquête auprès des directeurs de publications, représentant plus de deux cent cinquante journaux. Les deux cents réponses reçues sont significatives d'une prise de conscience dans la profession. Ce sont les quotidiens et hebdomadaires régionaux d'information générale et politique qui ont été les plus intéressés par le débat, tandis que les titres techniques, professionnels et magazines ont peu répondu au questionnaire envoyé. Les réponses des journaux de la presse people, exclus de l'échantillon, auraient probablement infléchi les tendances. Premier enseignement: seuls 13% des titres déclarent être dotés d'un code de déontologie. La proportion grimpe à 66% dans la PQR, qui est de loin, très loin, la plus impliquée sur le sujet, car elle est la seule catégorie de presse à disposer d'une charte commune. La plupart de ces textes sont toutefois récents, puisqu'ils sont quasiment tous postérieurs à 1990. Seul, un magazine a créé sa charte dès 1970. Toutes ont été rédigées à l'initiative du directeur de la publication, qui revendique sa pleine responsabilité en la matière, en concertation avec la rédaction. Mais le débat semble plus que jamais d'actualité, puisque 17% des titres affichent leur volonté de mettre en oeuvre un tel code, tandis que quatre titres sur cinq, ne disposant pas de charte écrite, se sont déjà dotés d'une cellule de réflexion.

Rappeler les règles de base

Mais, qu'y mettre? Globalement, ces chartes consistent surtout à rappeler les règles essentielles du journalisme - responsabilité, contrôle de l'information, respect de la vie privée et présomption d'innocence. S'ils ne prévoient que rarement des sanctions, ces textes ne sont pas figés et sont régulièrement remis à jour, à la faveur des événements de l'actualité. Ce qui tend à prouver l'existence d'un débat permanent sur le sujet dans ces rédactions. Selon 94% des personnes interrogées, la FNPF a un rôle indéniable à jouer dans le domaine de la déontologie. Soit en organisant une formation permanente à destination des éditeurs, soit en entamant une action auprès des écoles de journalisme pour que l'enseignement du droit de la presse et de la déontologie y soit amélioré. Bien qu'il ne semble pas souhaitable qu'elle établisse une référence déontologique commune, la FNPF pourrait aussi aider les entreprises de presse à élaborer leurs chartes et devenir l'interlocuteur des titres confrontés à un problème de déontologie. Un observatoire, lieu de veille, de réflexion et de sensibilisation, est à l'étude. Lors de son assemblée générale, qui aura lieu le 18 juin prochain, Jean-Pierre Vittu de Kerraoul, le président de la FNPF, entend d'ailleurs présenter un certain nombre de propositions qui seront soumises au vote des adhérents.

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