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Organisation

Le développement durable, c'est un métier !

08/04/2004

Assurer sa rentabilité tout en pratiquant une vraie politique environnementale et sociale : difficile équation. Les entreprises françaises s'impliquent pourtant peu à peu dans le processus. Chacune à son rythme et avec ses méthodes.

Lignes bio chez Monoprix, innovation en matière d'énergies renouvelables pour Gaz de France, financement de microentreprises dans les pays émergents pour Dexia : le développement durable a le vent en poupe et prend les formes les plus variées. Depuis quelques années, les grandes entreprises ont même créé des directions à part entière, intégrant la fonction dans des stratégies à long terme. Elles ne l'ont pas toujours fait spontanément. Les sommets de Kyoto (1997), sur le réchauffement planétaire, ou de Johannesburg, qui dressait en 2002 un bilan du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro, ont oeuvré dans le sens d'une prise de conscience du rôle à jouer en matière d'environnement. En France, un solide aiguillon a incité les sociétés cotées à s'intéresser de près à la question : depuis 2001, les dispositions de la loi sur les nouvelles régulations économiques (NRE) les obligent à présenter dans leur rapport annuel l'impact social, environnemental et territorial de leurs activités.

Dans la foulée, ces sociétés ont choisi de créer des directions ad hoc, souvent rattachées au président du directoire, pour mieux répondre aux exigences des agences de notation. Les titres et les modes de fonctionnement diffèrent cependant, traduisant des préoccupations spécifiques : direction des relations extérieures et du développement durable chez Monoprix, direction de l'environnement chez LVMH, conseiller du président chez Veolia. Les périmètres d'action varient encore davantage : «La nouvelle gouvernance des entreprises implique une plus grande transparence et une prise en compte des risques environnementaux, mais aussi sociaux et sociétaux, avec, au bout du compte, le gain d'un élément de compétitivité supplémentaire», note Anne-Marie Ducroux, présidente du Conseil national du développement durable. Prévention des pollutions, réduction des déchets, développement humain et social : le sujet s'étend à tous les niveaux opérationnels. Voici l'organiation et les méthodes d'action de cinq grandes entreprises françaises.

GAZ DE FRANCE : ENGAGÉ DEPUIS QUATORZE ANS

«La première démarche est toujours le diagnostic des enjeux du développement durable pour l'entreprise, en fonction de ses activités, afin de définir des objectifs par étapes et d'élaborer un certain nombre d'indicateurs qui vont mesurer l'efficacité des actions engagées», explique Anne-Marie Sacquet, déléguée générale du Comité 21, la plus ancienne association du genre en France. Gaz de France aura ainsi mis plusieurs mois et mobilisé vingt-deux entités opérationnelles avant que son comité du développement durable ne présente, en février dernier, un plan d'action pour la période 2004-2006 devant le conseil d'administration. Une étape supplémentaire pour cette entreprise engagée depuis 1990 dans des plans trisannuels environnementaux. Le groupe investit déjà dans la géothermie, propose des offres mixtes comme le bois ou l'énergie solaire couplés au gaz naturel, invente de nouvelles solutions énergétiques comme les piles à combustible. Par ailleurs, il se fixe chaque année des objectifs précis en matière d'embauche dans les quartiers défavorisés, au nom d'une idée de la solidarité sociale. «Gaz de France dispose de nombreux atouts : attaché à ses missions de service public, le groupe bénéficie d'une forte présence territoriale et commercialise le plus propre des combustibles fossiles. Cela en fait naturellement un acteur de l'aménagement du territoire et du développement local», note Michel Przydrozny, directeur du développement durable du groupe depuis juillet 2003. Il préside un comité qui comprend un « lobbyiste » et trois délégués, chargés respectivement de la qualité, de l'environnement et de la responsabilité sociale et économique.

MONOPRIX : JOINDRE L'UTILE AU RENTABLE

Pragmatique, le groupe Monoprix n'hésite pas à faire du développement durable une arme de marketing. Premier en France à avoir lancé une ligne de produits « verts », puis d'aliments issus de l'agriculture biologique, il mise en 1998 sur le commerce équitable, notamment avec son café Malongo. «Nous sommes convaincus que le critère de choix d'une enseigne par les consommateurs sera, à terme, son engagement en faveur d'un commerce responsable», affirme Stéphanie Levet, directrice du développement durable et des relations extérieures. Elle anime un comité composé des représentants des directions et de trente-sept directeurs de magasins « volontaires », qui s'efforcent de définir un « city-marché idéal » à l'horizon 2005. Le groupe s'implique aussi par des engagements extérieurs : il est notamment l'un des deux partenaires privés de la Ville de Mulhouse, qui s'est fixé vingt et un objectifs pour améliorer la qualité de vie de ses citoyens (transports, réduction des gaz polluants, etc.).

DEXIA : EN POINTE POUR LES FONDS ÉTHIQUES

Née de la fusion du Crédit local de France et du Crédit communal de Belgique, Dexia s'affiche carrément depuis deux ans comme « la banque du développement durable ». Une signature pour incarner un projet d'entreprise «fédérateur», selon Éric Flamand, directeur adjoint du développement durable. Centrée sur le financement des infrastructures et des équipements collectifs, la banque prend des engagements sur le long terme, avec un profil de risques jugés très bas. Réhabilitation de quartiers en difficulté, projets de collectes d'ordures ménagères : les choix concernent, pour 12 % des financements accordés en 2003, des prêts sur trente ou quarante ans. Ces critères s'appliquent aussi au fonds d'épargne des salariés du groupe. Sous l'impulsion de son directeur du développement durable, Daniel Caille, qui a créé un comité de pilotage impliquant filiales et directions opérationnelles, Dexia continue d'accroître sa gamme de produits spécifiques. «Nos fonds durables sélectionnent des valeurs qui assurent la meilleure performance financière parmi les entreprises choisies pour leur politique de responsabilité sociale et environnementale», résume Éric Flamand. La banque a encore de la marge : les fonds éthiques ne représentent que 2,5 % de ses produits, ce qui en fait paradoxalement le numéro un européen du genre.

VEOLIA : L'ÉCOLOGIE COMME LIGNE DIRECTRICE

Leader mondial dans le domaine de l'eau (Veolia Water), également présent dans les métiers de la propreté (Onyx), des transports (Connex) et des services énergétiques (Dalkia), Veolia en est, en 2004, à son troisième rapport sur le développement durable, avec des engagements précis dans chacun de ses métiers, notamment en matière de respect de l'environnement. «Le développement durable est au coeur de nos activités : l'eau, notre premier métier, est sans aucun doute le grand défi écologique du xxie siècle», lance le directeur du développement durable, Yves Cabana. Également conseiller du président, il anime un comité composé des différentes directions du groupe et d'une vingtaine de correspondants répartis dans les quatre divisions. «Je suis un simple coordinateur,affirme-t-il.Les vrais initiateurs sont les opérationnels sur le terrain.» Dalkia, par exemple, offre des bouquets énergétiques tenant compte des particularismes locaux (bois et biomasse dans les pays baltes, énergie solaire dans les pays méditerranéens), ou s'engage en Grande-Bretagne dans un projet fédérant cent trente entreprises en vue d'une très forte réduction des gaz à effet de serre. «Nous sommes présents dans quatre-vingt-quatre pays, mais nous nous sommes fixé pour ligne de conduite d'appliquer les standards minimaux, qui vont parfois au-delà des réglementations locales. Il en va de notre responsabilité de leader sur la plupart des marchés», souligne Yves Cabana. Une politique qui n'interdit pas de concilier rentabilité et normes environnementales. Onyx, qui s'est fixé un corpus de règles très strictes en la matière, a raflé récemment un contrat à Alexandrie (Égypte) sur un projet de centre d'enfouissement des déchets, qui remplacera les anciennes décharges d'une ville de 3,5 millions d'habitants. Dans sa logique « d'emplois durables », Veolia mise aussi sur une politique sociale s'appuyant sur la formation et le recrutement local pour accroître l'intégration et la motivation de ses salariés : le groupe emploie ainsi plus de 4 000personnes en Chine, dont à peine deux douzaines d'expatriés.

LVMH : LA DIRECTION VEILLE AU GRAIN

Le géant du luxe, LVMH, défend quant à lui son image à travers des normes écologiques pointues, déclinées dans une charte à l'attention de ses cinquante-six mille salariés. «LVMH n'a volontairement pas de responsable du développement durable,indique Sylvie Bénard, directrice de l'environnement.La direction du groupe est le vrai garant de notre engagement, elle s'entoure d'experts selon les thèmes : le social, l'environnement, la relation avec les fonds éthiques, etc.». La direction de l'environnement, partie la plus visible de cet engagement, réunit chaque trimestre une commission composée de représentants de toutes les directions (produits, services généraux...) et communique via l'intranet sur ces sujets auprès des salariés. Le projet 2004 est clair : «Nous voulons limiter l'impact de nos produits sur l'environnement tout au long de leur vie, de la conception jusqu'à la fin de cycle,explique Sylvie Bénard,ce qui nous oblige à inclure la logistique et le transport dans la boucle. Cela implique des choix de sous-traitance ou des aides spécifiques pour amener nos fournisseurs à s'améliorer.»

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