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Comment faire sortir les idées de la boîte

organisation

01/07/2004 -

Après l'échec des boîtes à idées, les entreprises lancent des programmes d'innovation participative. Un outil de management à manier avec précaution.

Chez Urgo, à Dijon, l'idée de Caroline Feuvrier a fait mouche :« J'ai proposé à ma responsable de gagner du temps en traitant les réclamations par un programme informatique »,raconte cette assistante de clientèle de trente-trois ans. Une suggestion opportune, venue du terrain. De quoi, en septembre dernier, pousser le leader français des pansements à lancer un chantier d'innovation participative auprès de ses 1 200 salariés. Baptisé « pépite », ce dispositif a d'ores et déjà capté 350 propositions spontanées.« Nous sommes loin de la traditionnelle boîte à idées »,souligne Émeline Maubrou, sa responsable. Stimulateur de créativité mais aussi outil de motivation, l'innovation participative se pose en véritable système de management des idées.

Encore peu répandu dans les médias ou la publicité, le concept a séduit la plupart des grands groupes.« Aujourd'hui, les PME s'y engouffrent. Cela leur permet de maximiser leur capacité créative et de se différencier des concurrents »,observe Antoine Héron, président de l'association Innov'acteurs, qui regroupe depuis deux ans une cinquantaine d'adeptes, de France Télécom à Air liquide en passant par La Poste ou la Société générale. Pionnier, ce responsable du dispositif mis en place chez Renault dès 1989 récolte cinq à six idées par salarié et par an. Bilan : des économies annuelles évaluées à 70 millions d'euros !« L'innovation participative est aussi un formidable outil de fidélisation des salariés »,se félicite-t-il.

Le secret pour stimuler la créativité des employés ? Les motiver à exprimer leurs idées. Selon François-Marie Pons, directeur associé du cabinet-conseil Inergie Management, la démarche débute par une enquête auprès des salariés, pour identifier les domaines où progresser.« L'innovation ne réside pas seulement dans une rupture technologique, mais aussi dans des idées simples qui touchent l'organisation, la communication ou le confort du travail »,relève-t-il, avant de préconiser un maillage serré d'informateurs locaux.

Lever les freins venant de la hiérarchie

Chez Solvay France, dix-huit « innov'acteurs » consacrent 20 % de leur temps de travail à faire remonter les propositions du terrain.« Des opérationnels volontaires, formés à capter les suggestions, les sélectionner et surtout les mettre en oeuvre localement »,détaille Étienne Collignon, coordinateur du programme français lancé en 1997 par le géant belge du plastique. Sans compter trois groupes pluridisciplinaires de dix à quinze personnes formées aux techniques de créativité, qui planchent sur les trouvailles en termes de nouveaux produits ou de services. Le dispositif est chapeauté par un comité de pilotage composé du directeur général de la filiale française et des directeurs d'activités. Dernières innovations en date : la proposition d'un comptable d'intégrer aux sacs poubelle un système répulsif contre les animaux, ou une maison en kit pour abriter les associations humanitaires lors de leurs missions.

Même réseau local chez Accor, la technologie en plus.« Afin de coordonner le programme auprès de nos 158000salariés dans le monde, nous avons opté pour un site Web »,explique Bruno de Montalivet, directeur du pôle innovation lancé en 2001 par la direction générale des ressources humaines. Innov@ccor compte 30 000 inscrits, qui alimentent une base de données de 11 000 idées. L'une d'elle, proposée par deux réceptionnistes, a permis d'augmenter de 20 % la vente de cartes de fidélité à l'hôtel Ibis de Besançon.« Mentionner sur la facture les réductions offertes par la carte : l'effet est garanti »,se félicite Bruno de Montalivet. Une pratique bientôt généralisée à l'ensemble du réseau hôtelier.

Le trajet d'une idée est jonché d'embûches.« Trop peu d'écoute, peur du changement, manque de suivi des projets... Les principaux freins à l'innovation viennent de la hiérarchie »,remarque Isaac Getz, consultant et professeur en management des idées à l'ESCP-EAP. Sans compter la réticence des créatifs en titre.« Les experts en recherche et développement dans l'industrie ou les créatifs dans la publicité y voient souvent la perte de leur légitimité », déplore-t-il. De quoi expliquer pourquoi si peu d'agences adoptent un programme d'innovation participative (lire ci-contre). Autre travers :« Les non-conformistes, capables d'aller à contre-courant des idées établies, sont souvent perçus comme déviants dans des organisations trop rigides »,déplore Isabel Moreira, déléguée générale d'Innovascope, association d'entreprises innovantes créée en janvier dernier.


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Chiffres clés

De six mois à deux ans.Temps de réalisation d'un programme d'innovation participative (comité de pilotage, relais locaux, plan de communication...) selon la taille de l'entreprise et le nombre de salariés.

1 500 à 2000 euros par jour.Prix des prestations d'un consultant pour concevoir le dispositif et former les équipes. Quinze jours pour La Compagnie des fromages, davantage dans les grands groupes.

20 %.Part du temps de travail consacrée à la remontée des idées par les salariés relais chez Solvay ou Urgo.

500 à 1 000 euros.Économies obtenues par salarié et par an dans le cadre d'un programme d'innovation participative, selon Bernie Sander, consultant d'Innov'acteur.

5 à 6.Nombre moyen d'idées déposées annuellement par un salarié de Renault, contre 1 à 2 chez Solvay, 0,4 chez Accor.

Créations collectives chez Coconuts

L'agence Coconuts fait figure d'exception. De la DRH à la standardiste, les dix-huit salariés de cette société de design lilloise sont tous créatifs. Pour coller aux attentes des consommateurs, le dirigeant de l'agence, Patrick Lefebvre, a mis en place un dispositif d'innovation participative inédit dans un secteur où la création reste la chasse gardée des directeurs artistiques ou des directeurs de création.

Le panel idéal

« À partir de maintenant, vous n'êtes plus comptable ou commercial »,lance Patrick Lefebvre à la dizaine d'employés rassemblés dans la salle de réunion. Après une rapide présentation du brief, chacun regarde et manipule les modèles du futur packaging des fromages vieux-pané, concoctés par les créatifs en titre. Puis, tous sortent de la pièce, avant d'y entrer à nouveau un par un pour inscrire une croix sous la maquette de leur choix. L'opération achevée, les salariés partagent leurs impressions.« Les réactions spontanées sont une excellente prise de température avant les études classiques auprès d'un panel de consommateurs »,prêche Patrick Lefebvre, dont la technique a séduit ses clients, de Bongrain à Mitsubishi.

D'autant que la méthode est aussi un véritable outil de management.« C'est stimulant de participer à la réalisation des contrats que je décroche auprès des clients. Ici, on gagne et on perd ensemble les appels d'offres »,raconte Benoît Menini, commercial de vingt-cinq ans, qui se réjouit de l'intérêt des directeurs artistiques pour ses remarques sur le design. Un concept prometteur pour mettre fin au sempiternel conflit entre commerciaux et créatifs. F.S.

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