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35h-Organisation

Publicis, un pionnier pourtant hostile

30/09/2004

Le groupe présidé par Maurice Lévy fut l'un des premiers de son secteur à signer un accord sur les 35 heures en optant pour le système du « forfait jour ». Sans conviction.

Les 35 heures, on les aime tellement chez Publicis qu'on les fait deux fois. »La boutade qui circule dans l'agence des Champs-Élysées n'est pas pour déplaire à Maurice Lévy. Le président de Publicis, dont la journée de travail commence vers 8 h pour s'achever aux alentours de 20 h ou 21 h , n'est pas le dernier à montrer l'exemple. Bref, la réduction du temps de travail n'entre pas vraiment dans la culture du groupe. Son président n'a d'ailleurs jamais caché son hostilité à la loi :« Les 35 heures ont alourdi le coût du travail dans des proportions difficilement supportables pour un pays qui n'est déjà pas le plus compétitif au monde, déclare-t-il àStratégies. Cette loi nous conduit vers une société de loisirs, alors que beaucoup d'autres pays sont orientés vers la conquête de parts de marché. »On ne peut guère être plus clair...

Pourtant, Publicis a été l'un des premiers groupes publicitaires à signer un accord sur les 35 heures, via sa filiale Publicis Conseil - en l'occurrence dès mars 2000, soit deux mois seulement après le vote de la loi.« Dès lors que le texte avait été adopté, il nous fallait l'appliquer avec le meilleur esprit possible »,commente Maurice Lévy qui, fidèle à son opposition de principe au texte, a d'emblée refusé toute aide publique. Mais aussi d'effectuer la moindre embauche. L'astuce de Publicis a consisté à baser son accord concernant les cadres (60 % des effectifs) sur le principe d'un « forfait jour » et non sur celui d'un décompte horaire. Avec, à la clé, douze jours de RTT. Une spécificité liée à l'activité de conseil des agences de publicité, que l'accord explique ainsi :« Vis-à-vis des cadres, l'employeur ne peut pas en pratique procéder à un contrôle du nombre d'heures quotidien ou hebdomadaire du travail effectif, sauf à mépriser la notion d'autonomie dont ils disposent et à remettre en cause un élément essentiel de la collaboration. »

Deux ans de délai pour Carré noir

Pour les non-cadres, en plus des douze jours de RTT, l'accord prévoit une semaine de 37 heures.« Mais, d'un commun accord, aucun système de pointage n'est installé. Tout est basé sur la confiance, les gens pouvant prendre une pause, arriver plus tard le matin ou partir plus tôt le soir. Sous réserve bien sûr des nécessités du service »,explique Benoît Roger-Vasselin, directeur des ressources humaines du groupe. Une « souplesse » largement soumise en effet aux impératifs d'un métier qui ne compte pas les heures.« Les salariés doivent travailler plus en moins de temps. Cela rend les relations humaines plus difficiles. On voit des gens travailler de 7 h à 22 h ou venir le dimanche pour pouvoir prendre un vendredi »,constate Éric Giuily, président de Publicis Consultants.

Or, selon Françoise Arribat, directrice artistique chez Publicis Conseil et signataire de l'accord sur les 35 heures en sa qualité, alors, de déléguée CFDT,« dans les faits, les feuilles de temps se faisant non pas à l'heure, comme l'exige la loi, mais en pourcentage du temps passé sur chacun de leurs dossiers, les salariés ne voient pas comptabiliser leur temps effectivement travaillé le week-end. »

Mais, globalement, l'accord est plutôt bien passé. Depuis, toutes les agences du groupe ont repris à leur compte les grandes lignes de l'accord de Publicis Conseil. Les sociétés nouvellement acquises ont également dû s'adapter, certaines non sans mal, comme l'agence de design Carré noir qui a demandé deux ans de délai pour passer de ses vingt-quatre jours de RTT aux douze en vigueur chez Publicis. Mais d'ici là...« Si un changement s'annonçait en matière de 35 heures, je n'hésiterais pas une seconde pour revoir ce dossier »,lance en effet Maurice Lévy. Une remise en cause« impossible à envisager et qui susciterait une levée de boucliers »,estime Françoise Arribat. Mais le patron de Publicis est un expert de la gestion de crise...

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