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2-Institut Montaigne, le « réservoir à penser »

13/01/2005

Venus des États-Unis il y a quinze ans, les « laboratoires d'idées » ont la cote auprès des dirigeants du CAC 40. Entre espace de réflexion et lobbying actif, zoom sur l'un des réseaux les plus influents.

Son idée de CV anonyme contre les discriminations à l'embauche n'a pas convaincu les députés en décembre dernier. Mais l'Institut Montaigne peut se flatter d'avoir placé vingt-deux de ses vingt-cinq propositions en faveur du mécénat dans le texte de loi voté quelques mois plus tôt, en juillet 2003. Fondé par Claude Bébéar, ancien président d'Axa, voilà quatre ans, ce cercle d'intellos pragmatiques est devenu le plus médiatique des « think tanks » de l'Hexagone, selon le nom anglo-saxon donné à ces « réservoirs à penser ». D'Alain Mérieux, patron de BioMérieux, à Henri Lachmann, PDG de Schneider Electric, ce club réunit du beau linge. Sans compter des universitaires, des hauts fonctionnaires et autres communicants qui planchent bénévolement sur des grands sujets de société. Espace de réflexion, cercle de connivence ou véritable lobby auprès des pouvoirs publics ?

Ambiance studieuse et décoration minimaliste dans les 300 m2 situés à deux pas des Champs-Élysées. Chaque mois, une conférence publique est organisée dans l'auditorium du siège d'Axa, puis des notes et des rapports sont publiés. Dans la salle de conférence, une dizaine de groupes de travail se relaient régulièrement pour deux heures de débats. Au programme : questions européennes, formation continue, pauvreté ou réforme de l'État... Présidé par Jean-Luc Allavena, directeur général adjoint de Lagadère Média, le groupe médias rassemble une dizaine de professionnels de haut vol : Jean D'Arthuis, président de M6 Thématique, ou Agnès Audier, vice-présidente d'Havas, prévoient de plancher sur la formation des journalistes et l'économie de la presse au premier trimestre 2005.« Une fois définies, nos propositions sont soumises aux décideurs politiques ou relayées par les médias »,explique Philippe Manière, ancien journaliste et directeur général de l'institut. Fin janvier, son association invite à déjeuner des députés de gauche et de droite pour leur présenter son rapport sur la justice.

Portes grandes ouvertes

Le concept des laboratoires d'idées a débarqué des États-Unis au début des années quatre-vingt-dix. La France en compterait des dizaines, contre plus de mille outre-Atlantique. Mais, en quatre ans, l'Institut Montaigne s'est imposé comme l'un des réseaux les plus influents, selon les dirigeants interrogés en octobre dernier par Alain Marty et le cabinet Top Management. Loin de l'élitisme des clubs classiques, les portes de cet « atelier de pensées » se veulent grandes ouvertes.« La sélection repose uniquement sur l'apport intellectuel de chacun des membres »,assure Philippe Manière. Personne, officiellement, ne vient pour remplir son carnet d'adresses.« Défendre une même cause favorise les amitiés et les solidarités. Pas de sollicitation personnelle entre les membres, pour autant. C'est plus pour s'aérer l'esprit autour de grands thèmes de société, non partisans »,assure Séverine Balick, directrice de la communication chez J. Walter Thompson, qui a intégré en juin le groupe sur la réforme de l'État. Reste qu'une quarantaine de grandes sociétés, telles LVMH et Carrefour, finance la quasi-totalité des travaux.« Le grand nombre d'entreprises adhérentes, parfois concurrentes entre elles, assure notre neutralité »,réplique Philippe Manière. Un lobbying d'entreprises clairement affiché ?« Une voix tierce pour faire avancer le débat public »,préfère-t-il. Même si les intérêts des sociétés du CAC 40 ne sont jamais très loin...

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