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organisation

À qui profite le stress ?

10/02/2005

Indissociable de l'activité professionnelle, la pression peut nuire à la créativité. Comment mieux la maîtriser pour en faire un atout ?

Ambiance pesante chez les journalistes de TF1. En novembre dernier, Robert Namias, directeur de l'information, a lancé des « comités d'évaluation » en vue d'une réorganisation.« Si aucun licenciement n'est envisagé, la hiérarchie nous met la pression pour augmenter la rentabilité. Favoritisme, brimades... c'est la loi des petits chefs »,confie Jean-Pierre Ferrey, grand reporter et délégué CGT. Intitulé « Stress au travail », un tract intersyndical a dénoncé, fin 2004,« cette politique de management autoritaire ». Un tel climat interne, révélé il y a quelques semaines par le quotidienLibération, est loin d'être unique. Ailleurs aussi la tension est à son comble. Olivier Desmettre, concepteur-rédacteur de trente-neuf ans qui travaille sur le budget Citroën chez Euro RSCG, explique que« les délais de création d'une campagne sont de plus en plus courts »,avant de préciser que, pour lui, l'adrénaline est un moteur de performance. Une vision à court terme selon Fabienne, une directrice du planning stratégique de trente-cinq ans :« Noeud à l'estomac, douleurs aux cervicales, insomnies... J'ai fini par tomber en dépression. »Les créatifs les plus en vue ne sont pas épargnés, mais le sujet reste tabou dans la publicité et les médias, où le management par le stress est devenu la règle. Pourtant, l'excès de pression nuit à la créativité. Comment éviter alors le pétage de plombs, ou « burn out » selon l'expression en vogue dans la publicité ?

Sortir du cercle vicieux de l'angoisse

La solution, Fabienne l'a trouvée auprès de Philosovie. Créée en septembre 2003, cette société propose des « trainings antistress » sur mesure.« Nous traitons surtout des demandes individuelles. Les dirigeants ferment encore les yeux sur un mal qui fait pourtant des ravages chez les créatifs, les marketeurs et les journalistes »,déplore Alexandre Bruère, ancien planneur stratégique chez Dragon rouge reconverti dans le « zen ». Sa méthode ? Après un diagnostic, le programme mêle techniques d'automassage, exercices de respiration ventrale et régimes alimentaires.

« Pas de vie professionnelle sans angoisse. Il s'agit d'abord de la dédramatiser et d'en identifier les causes »,conseille, quant à lui, Patrick Bouvard, psychologue de formation et auteur du livreLe Stress, cet ami caché. Tiré du latin « stringere » (serrer, contenir), le terme « stress » désigne une réaction de l'organisme pour s'adapter à un changement d'environnement. Nouvelles responsabilités, difficultés dans une mission, exigences contradictoires entre vie professionnelle et personnelle... tout événement est susceptible de déclencher cette réaction.« Après la phase d'alerte, on dépense de l'énergie pour faire face au problème. C'est l'accommodation, avant un retour à la normale, appelé assimilation ou récupération. Sans cette dernière phase, le corps s'épuise »,détaille Patrick Bouvard. Pour éviter la surchauffe, ce spécialiste conseille de coucher sur le papier ses peurs ou d'en parler à un proche pour sortir des obsessions imaginaires et renouer avec la réalité. Que représente pour moi la tâche à effectuer ? Suis-je seul aux commandes ? Comment je gère mon temps ? Autant de questions qui permettent une prise de recul pour sortir du cercle vicieux de l'angoisse.

Mais le stress est aussi collectif.« Il se transmet et s'autoentretient au sein des équipes. Sa gestion revient donc aux managers »,souligne Patrick Légeron, psychiatre et dirigeant du cabinet-conseil Stimulus. Conscientes des pertes de productivité liées au stress, une poignée d'entreprises, de BNP Paribas à Michelin et d'Air France à Renault, ont fait appel à ses services.« Je forme les cadres à évaluer le stress de leurs collaborateurs à partir de questionnaires ou d'entretiens individuels. Puis à agir vite pour éviter d'alimenter un malaise collectif. Par exemple en luttant contre l'incertitude, grande génératrice d'angoisse, par une répartition plus claire des tâches et des objectifs de chacun »,explique-t-il. Un management par l'écoute et l'observation quotidienne des troupes.

Autre conseil : valoriser la prise d'initiative pour laisser les salariés maîtriser leur environnement de travail. Chez Renault, les stages sur le stress ont, en quatre ans, fait baisser son niveau moyen de 27,2 à 23,1 sur une échelle de 1 à 50, assure la direction. Mais seulement 11 % des dirigeants français envisagent de prendre de telles mesures, selon un sondage Ifop. Pas sûr que les publicitaires soient de ceux-là !

En savoir +

>No Stress, de Mona Marcy et Nadine Fleiszman, Dunod, 19,90E.

>Mon Boss à moi côté psy, de Juletta Ghiulamila, Éditions d'organisation, 10E.

>Le Stress au travail, de Patrick Légeron, Odile Jacob, 8E.

>Le Stress, cet ami caché, de Patrick Bouvard, Éditions d'organisation, 18 E.

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