
03/03/2005 -
Trésorerie en berne, carnets de commandes désespérément vides, banquiers de plus en plus pressants... Les symptômes de la crise dans l'entreprise sont manifestes. Les actionnaires s'inquiètent. Pas de panique, Zorro arrive ! Sous son masque, le manager de transition.
Ni intérimaires, ni consultants, ces cadres « nomadophiles » expérimentés se définissent comme des spécialistes de l'exceptionnel.« Nous sommes des urgentistes au chevet d'entreprises en proie à des situations délicates - crises, problèmes de surrégime, acquisitions difficiles, spin-off [filiales essaimées] -, avec pour mission de trouver un remède dans un laps de temps imparti »,explique Alain Fribourg, président de Dirigeants&Investisseurs.
Tous ne sont pas des « pompiers de service ». Dans certains cabinets comme X-PM Transition, ils travaillent, à côté de la gestion de crise, sur des projets d'amélioration de la performance ou de développement. Mais quelles que soient les missions, l'identité des entreprises clientes est toujours gardée secrète.« Nous sommes soumis à des clauses de confidentialité car citer les noms de nos clients reviendrait à reconnaître leurs difficultés »,explique Patrick Laredo, président d'X-PM.
La mission de ces patrons volants ? Réussir là où les hommes en place ont échoué. Est-ce à dire que les managers de transition remplacent les dirigeants en poste ? Pas forcément, du moins dans un premier temps...« Le plus souvent, les actionnaires déçus des performances de l'entreprise nous demandent de prendre la place des dirigeants,dit Patrick Laredo.Même si cela leur déplaît, nous refusons systématiquement avant d'avoir établi un diagnostic ».
Et pour cause : si les commanditaires sont en général les actionnaires, le payeur est toujours l'entreprise. L'arrivée du manager de transition nécessite donc l'accord de son dirigeant. Autant dire que la partie n'est pas gagnée pour convaincre le patron de l'entreprise.
« Ce n'est pas si compliqué,assure Alain Fribourg.Celui qui ne paraphe pas le contrat nous permettant d'accéder à son entreprise signe son acte de décès car ce serait vécu par les actionnaires comme un aveu de culpabilité. Alors, entre une mort aléatoire et différée et une mort certaine, les dirigeants font vite leur choix ».
Autre raison pour ne pas se débarrasser trop rapidement du dirigeant en poste : il est le détenteur d'une bonne partie de l'information et des contacts avec le personnel de l'entreprise. Mieux vaut alors composer avec lui.« Nous ne remplaçons poste pour poste le dirigeant qu'une fois sur quatre »,affirme Alain Fribourg. Et lorsque ce n'est pas le cas, celui-ci est relégué à la gestion des affaires courantes pendant que le manager de transition s'empare des décisions importantes liées aux restructurations. De quoi froisser l'ego de plus d'un dirigeant. Font-ils de la rétention d'informations pour torpiller l'action des nouveaux venus ?« Ce serait suicidaire, ils savent que nous sommes écoutés par les actionnaires »,soutient Alain Fribourg.
500.Nombre de missions de management de transition réalisées en France chaque année. Ce chiffre peut être multiplié par vingt en Angleterre
15 ans.Âge de ce métier et nombre d'années d'expérience requises à un poste de direction ou de management dans les principaux cabinets spécialisés.
53 ans.Moyenne d'âge des collaborateurs des cabinets cités.
De 3 à 18 mois.Durée d'intervention des missions.
De 50 à 100 millions d'euros.Chiffre d'affaires des entreprises coeur de cible des cabinets de management de transition.
De 35 000 à 50 000 euros.Coût mensuel pour l'entreprise de l'intervention d'un manager de transition à temps plein.
De 100 000 à 400 000 euros.Fourchette des salaires annuels des associés des cabinets cités.
Réagissez à cet article
Merci de vous identifier afin de pouvoir publier un commentaire :
Identifiez-vous

Formations et conférences Stratégies
• Techniques de rédaction en ligne
• E-Marketing et E-Communication
• Techniques de créativité pour imaginer un concept de communication
• Brand content
• Chef de projet en agence : savoir s'affirmer sur tous les fronts