Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

ressources humaines

Les salaires de la pub ne décolle nt pas

07/04/2005

Les rémunérations n'ont augmenté que de 1,8 % en 2004, selon l'enquête annuelle de l'AACC.

Les patrons des agences de publicité restent prudents sur les salaires de leurs collaborateurs. Selon l'enquête annuelle de l'Association des agences-conseils en communication (AACC), les salaires ont enregistré une petite croissance de 1,8 % en 2004. Soit à peine mieux qu'en 2003 (1,7 %). Une augmentation qui semble bien faible au regard des 2,1 % d'inflation observés en 2004.« Cette stabilité salariale correspond à l'état général du marché publicitaire, soumis à la pression constante des annonceurs depuis bientôt quatre ans »,explique Marie-Pierre Bordet, directrice déléguée de l'AACC.

Le salaire moyen dans la publicité est de 34 167 euros bruts annuels. Un chiffre à relativiser, car la proportion de cadres masque d'importantes disparités selon les statuts. Ces derniers représentent en effet plus de 70 % des effectifs, contre 25 % de techniciens et 4,4 % d'employés. Or, leurs rémunérations varient du simple au double. Même contraste dans la répartition entre les sexes. Si les femmes représentent 61 % des salariés, elles occupent moins d'un tiers des postes de direction.« Une proportion pourtant encourageante quand on sait que la moyenne française des femmes au sein des conseils d'administration plafonne à 7 % »,estime Marie-Pierre Bordet. Dans les agences, elles sont majoritaires dans les fonctions de production (79 %), commerciales (73 %), d'études (61 %), médias (61 %), de services généraux (64 %) ou administratives et financières (67 %). En revanche, elles restent minoritaires chez les créatifs (39 %). Côté salaires, l'écart général entre les sexes se situe à 2 697 euros bruts annuels en faveur des hommes. Mais si les femmes cadres gagnent moins que leurs homologues masculins, c'est l'inverse du côté des techniciennes et des employées (lire le tableau).

Quant à la croissance sur dix ans des rémunérations par qualification, les cadres sont les moins bien lotis, avec une hausse de 9,9 % contre 20 % pour les techniciens et 22 % pour les employés.

Primes individuelles

Cette relative austérité fait écho aux aléas d'une conjoncture en tôle ondulée.« C'est l'attentisme face à des investissements publicitaires qui ont connu une forte progression sur le premier semestre 2004, un important ralentissement au troisième trimestre et une légère reprise au dernier »,observe Benoît Roger-Vasselin, directeur des ressources humaines chez Publicis. La masse salariale des agences représente entre 55 % et 60 % de leur marge brute !« La pression des annonceurs sur les coûts se double d'une réduction du nombre de leurs marques, ce qui diminue d'autant les nouveaux budgets publicitaires »,commente Geneviève Bernard, son homologue chez Euro RSCG. Si l'on ajoute la baisse du turn-over, passé de presque 50 % en 2000 à 25 % aujourd'hui, les rémunérations s'imposent comme principale variable d'ajustement pour les agences.

La faiblesse des augmentations de salaires s'explique surtout par l'absence de prise en compte dans l'enquête de la part variable des rémunérations. De fait, les primes individuelles peuvent représenter 15 % à 30 % du salaire réellement perçu et jusqu'à 50 % pour les postes de direction. Quant aux revenus variables collectifs, liés aux résultats de l'agence, ils s'élèvent généralement à un ou deux mois de salaire supplémentaires.« Le manque de visibilité sur le marché nous pousse à les valoriser davantage que la partie fixe des rémunérations, en guise de rattrapage salarial à la clôture de nos résultats annuels »,explique Geneviève Bernard.

Pourtant, les agences pourraient bientôt changer leur fusil d'épaule.« Tôt ou tard, nous devrons augmenter notre masse salariale afin d'attirer les talents face aux annonceurs qui proposent des salaires d'entrée plus alléchants »,anticipe Benoît Roger-Vasselin. Ce dernier mise pour l'instant sur la mobilité interne et la formation continue. Un autre pas a été franchi en mars 2004 avec la signature de l'avenant n° xv de la convention collective de la publicité. L'accord paritaire a réactualisé les minima des grilles salariales et les primes d'ancienneté. Mais le texte ne devrait pas bouleverser l'évolution des salaires cette année, puisque ce rattrapage sera étalé jusqu'en 2010.

Or, l'horizon 2005 ne pousse guère à l'optimisme. Selon les prévisions de ZenithOptimedia, publiées en décembre dernier, les investissements publicitaires dans les « grands médias » en France devraient croître de 2,8 %, contre 3 % en 2004. Pour l'heure, les salariés peuvent juste croiser les doigts pour que la conjoncture s'éclaircisse plus vite que prévu.

Envoyer par mail un article

Les salaires de la pub ne décolle nt pas

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.