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Réseaux

13- Les Bretons font de la résistance

07/04/2005

Sur la planète médias, les Bretons occupent une place à part. Certes moins puissants que les légions romaines, ils comptent de valeureux guerriers dans leurs rangs.

Janvier 2004, au 111, rue du Réaumur, à Paris, Patrick Le Lay est l'invité d'honneur du Club de Bretagne réuni au restaurant Le Pays de Cocagne. Le PDG de TF1 est venu mettre aux enchères un livre de lithographies du peintre Jean-Jacques Morvan. Le produit de la vente ira aux familles des « prisonniers politiques bretons ». C'est Olivier Royant, directeur adjoint de la rédaction deParis Match, qui dépose la plus grosse enchère. Que cette manne aille à des proches de l'Armée révolutionnaire bretonne, impliquée dans la mort d'une employée après l'explosion d'un McDonald's en 2000, ne soulève pas de grands débats.« Nous avons tous des molécules indépendantistes,explique Jean Picollec, éditeur, qui est aussi un des créateurs du Club de Bretagne.Les autres sont des jésuites. »L'homme ne reconnaît, pour sa part, qu'un soutien apporté à l'école Diwan qui enseigne la langue bretonne.

Le réseau breton ne se résume pas à des oeuvres de bienfaisance régionale. C'est aussi, et surtout, un endroit où l'on organise une fois par mois un dîner-débat avec des personnalités comme Michel-Édouard Leclerc, Patrick Poivre d'Arvor ou Vincent Bolloré.« Le but est de permettre à des Bretons de Paris de rester en contact avec ceux qui font que la Bretagne avance »,explique Marie-Hélène Le Hir, secrétaire générale de l'association présidée par Guy Plunier.

De la Brioche dorée à Yves Rocher en passant par François Pinault et Vincent Bolloré, de grandes entreprises françaises sont aujourd'hui l'oeuvre de Bretons. Si Pinault semble moins enraciné dans sa terre familiale, Bolloré se veut plus que jamais un homme du sérail. La preuve ? Un drapeau breton flotte devant le siège de son groupe, qui vient de lancer la télévision Direct 8 sur la TNT. Et c'est un pur produit du réseau, Jean Bothorel, qui sera l'auteur d'un livre sur la saga familiale des Bolloré depuis 1822. Ancien président de la maison d'édition La Table ronde, quand elle appartenait à l'homme d'affaires, Jean Picollec en sera l'éditeur. Le financier est également le mécène du Prix de Bretagne présidé par Patrick Poivre d'Arvor.

Rencontres et ripailles

Né en 1990 d'une jeune garde qui jugeait vieillissant et pantouflard un autre cercle, Les Cadres bretons, le Club de Bretagne a lui-même donné naissance à un réseau de journalistes. On y retrouve Gilles Martin-Chauffier (Paris Match), Jean Guisnel (Le Point), Patrick Mahé (Télé 7 jours), Jacques Paugam (Bayard), Annick Cojean (Le Monde), Jean-Yves Boulic (Ouest France), Pierre Péan ou Hubert Coudurier.« L'idée de ce club a germé en 1989,explique ce dernier, directeur de l'information duTélégramme,après une grande tempête qui avait dévasté les côtes de Bretagne et dont la presse n'avait pas parlé. »Avec le but avoué de sensibiliser les médias à la cause bretonne, l'association s'est transformée au fil des ans en club mensuel de rencontres ou de retrouvailles utilisé par des patrons ou des politiques pour délivrer leur message... ou par un confrère pour présenter son livre. Récemment, le député controversé Didier Julia est venu expliquer sa version de la crise des otages en Irak. Et Patrick Le Lay y a sollicité un coup de main pour sa chaîne TV Breizh, candidate à la télévision numérique terrestre.

Quel bilan tirer de ces années d'activisme ?« Le club n'a pas abouti à grand-chose,avoue Hubert Coudurier.On déjeune ou on dîne, mais nous ne sommes pas un instrument de lobbying d'une efficacité foudroyante. »Même sentiment chez Jean Picollec :« Nous n'avons pas réussi à être un lobby breton,constate-t-il.Le club est surtout un groupe d'amis qui se sont autoadoptés, et il manque de femmes et de jeunes. »Le meilleur signe de l'échec ?« Nous n'avons pas réussi à empêcher le retour de Bécassine à l'occasion de son centenaire »,déplore l'éditeur. Chez les Bretons, il y a bien sûr des têtus mais aussi beaucoup d'autodérision.

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