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Le démineur de la Maison Ronde

21/04/2005

Ancien syndicaliste devenu directeur des ressources humaines, Didier Tourancheau tente de déminer la grève à Radio France. Un homme de consensus qui assume ses paradoxes.

Didier Tourancheau, cinquante et un ans, a les traits tirés. Depuis presque quinze jours, le directeur adjoint de Radio France, chargé des ressources humaines, court de réunions avec Jean-Paul Cluzel, son président, en négociations avec les syndicats. Le 4 avril dernier, les personnels techniques et administratifs ont entamé une grève pour réclamer une augmentation de 270 euros par mois.« Un coût de 10 millions d'euros, impossible à financer»,soupire Didier Tourancheau entre une énième tasse de café et deux bouffées de cigarette. Seules accalmies dans ses journées : les assemblées générales des grévistes auxquelles ce dirigeant n'est pas convié.

Pourtant, l'ambiance d'AG, il l'a bien connue durant les sept ans passés au service juridique de la CFDT.« Le jour, je plaidais aux Prud'hommes et la nuit, je pigeais pourLe Quotidien de Paris », raconte cet ancien gauchiste, élevé chez les jésuites, fils d'un ouvrier et d'une aristocrate.« Ma vie est faite de contradictions et de coups de folie. »

« Celui qui dit non »

Un soir de l'année 1987, Didier Tourancheau décide de racheterLe Quotidien de Parisavec neuf élus du personnel. Après un passage éclair à la tête du journal, il crée la direction des ressources humaines deLibération.Un pas décisif dans le monde de la presse qui le faisait tant rêver. Il en adopte vite les us et coutumes au point d'enseigner, puis de diriger l'École supérieure de journalisme (ESJ) de Lille. En 1999, un coup de fil de Jean-Marie Cavada le propulse à Radio France.

Un virage de la révolte sociale au patronat.«J'ai toujours oeuvré dans le public ou dans des sociétés qui appartenaient à leurs salariés »,souligne- t-il sans états d'âme. Tout juste se reconnaît-il dans le rôle de« celui qui dit non ».

Quelques beaux succès

De quoi mettre fin à la paralysie des antennes de Radio France ?« Mon passé de militant n'a jamais joué dans mes relations avec les syndicats. D'ailleurs, il m'arrive d'avoir la trouille que la grève dégénère. »Mais Didier Tourancheau peut se flatter de beaux succès, dont l'épineuse application des 35 heures dans une maison grande comme une ville et les négociations salariales qui ont mis fin à la grève des journalistes en février 2004.

Aujourd'hui, pourtant, les grévistes refusent de transiger.« Sous son air bonhomme, Tourancheau porte la parole de son président. Nous craignons une privatisation rampante de la radio »,s'inquiète Perrine Menguy, déléguée CFDT. Pour calmer les esprits, la direction martèle qu'« il n'y a aucun projet d'extermination d'activité ».Mais la négociation reste au point mort. Et Didier Tourancheau de se consoler avec humour :« Je suis un des rares directeurs adjoints dont personne ne convoite le poste ! »

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