Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

Organisation

Ces créatifs adeptes du télétravail

23/06/2005

Travailler chez soi est devenu possible grâce aux nouvelles technologies. Mais télétravail et management à la française ne font toujours pas bon ménage.

Je télétravaillais depuis la cabane de mon jardin à Nanterre, derrière La Défense. J'en ai eu assez de cet horizon. Maintenant, je vois des chevreuils depuis la fenêtre de mon bureau ! »Xavier de Mazenod, qui vend du contenu éditorial pour des sites Internet, vit depuis un an à une heure et demie de Paris, dans le petit village d'Essay, dans l'Orne.« Le lieu importe peu quand on télétravaille. Pourquoi ne pas en profiter pour se mettre au vert ? J'ai gardé la même activité et je me rends une à deux fois par semaine à Paris »,raconte-t-il. Bientôt, Xavier de Mazenod ne sera plus le seul créatif à Essay : une petite dizaine de graphistes et informaticiens, tous télétravailleurs, s'y installeront à leur tour dès la rentrée prochaine, transformant cette petite bourgade de 400 âmes en un village de télétravailleurs !« Séduits par la région et motivés par l'envie de venir télétravailler au vert, ils ont répondu à l'appel à projet que j'ai lancé. Je les attends avec impatience ! »,détaille le fondateur de cet « e-village ».

Graphiste, créatif, designer : autant de métiers qui se prêtent idéalement au télétravail. Les nouvelles technologies et le développement des outils de communication ont rendu ces professions mobiles.« Ces métiers intellectuels se pratiquent, même en entreprise, de façon autonome. Tous les outils que les graphistes utilisent sont informatiques. En outre, les créatifs sont souvent indépendants dans l'âme, une qualité pour télétravailler »,explique Matthieu Billette de Villemeur, pionnier du télétravail et auteur d'un ouvrage sur le sujet.

Certes, le phénomène ne concerne encore que 7 % de la population active, soit 1,5 million de salariés, le plus souvent très qualifiés. 2 % de cette catégorie de salariés travaillent à domicile et 5 % de façon nomade, selon le ministère de la Cohésion sociale. Mais qui n'a pas un jour rêvé de pouvoir profiter de ses enfants dès la sortie de l'école ? Le décollage de « l'e-working » se fait attendre, mais le dernier obstacle à son développement est néanmoins sur le point de disparaître, à savoir le vide juridique qui entourait jusque-là le télétravail (lire l'encadré).

Question de confiance

Une révolution ?« Pas vraiment,déplore Gérard Vallet, président de l'Association pour le développement du télétravail.Le vide juridique invoqué par les entreprises n'est qu'un faux prétexte. Ce qui gêne les employeurs, c'est de ne pas avoir leurs employés sous la main ! »Même constat dans la bouche de Nicole Turbé-Suetens, directrice de Distance Expert et spécialiste européenne de l'« e-working » :« En France, le management est encore très traditionnel, et n'est pas fondé sur la confiance a priori. »

Certaines entreprises s'y sont pourtant risqué. À l'agence de relations publiques Porter Novelli, par exemple, le télétravail est une pratique courante.« Si un salarié me dit qu'il travaillera tel jour depuis chez lui, je considère qu'il le fait »,explique Christelle Coche-Dupeuble, directrice générale adjointe. Avec un avenant au contrat stipulant que le salarié travaillera cette journée-là à son domicile, le vide juridique est comblé ! Résultat, sur soixante-huit salariés, quatre télétravaillent en permanence depuis leur domicile et plus de la moitié pratiquent le télétravail de manière ponctuelle, un jour dans la semaine par exemple.

Dans les faits, l'entrée du télétravail dans les moeurs prendra du temps. Conséquence pratique : de nombreux créatifs télétravailleurs exercent aujourd'hui leur activité en free-lance...« Devenir un indépendant est une bonne solution pour pouvoir télétravailler. Dans ce cas, le client vous teste, vous met à l'épreuve lors d'une collaboration. Pour un chef d'entreprise, accepter qu'un salarié télétravaille, c'est prendre un risque »,résume Matthieu Billette de Villemeur. Caroline Letrange, créatif free-lance et télétravailleuse depuis deux ans, ne voit que des avantages à sa situation :« Je travaille à mon rythme et je choisis les gens avec qui je collabore. »Auparavant directrice artistique dans une agence Web, elle ne se voit pas travailler à nouveau en entreprise.« Maintenant que j'ai goûté à la liberté, je pense plutôt évoluer vers la création d'entreprise »,explique-t-elle.

Ambiance conviviale

Souffrant souvent d'un certain isolement, les télétravailleurs indépendants sont nombreux à jouer la carte du réseau. Beaucoup font appel aux services de freelance.com, société créée il y a dix ans, qui met en relation plus de 30 000 free-lances avec 400 entreprises. «Beaucoup d'agences de communication ont des délais de réalisation très serrés et manquent de place dans leurs locaux. Avoir recours à un créatif free-lance qui travaille chez lui est la solution idéale ! »,confirme Anne-Céline Lejeune, manager-conseil chez freelance.com. Toutefois, les exemples sont encore peu nombreux. La société Mayetic, éditrice de logiciels de travail à distance, risque ainsi de rester longtemps avant-gardiste : elle est entièrement virtuelle !« Tous nos salariés travaillent de chez eux. Nous ne communiquons que par messagerie instantanée et conférences Internet. Pourtant, l'ambiance générale est très conviviale. Chaque jour, nous démontrons à nos clients que les techniques actuelles permettent de tout faire à distance »,résume Frédéric Poussart, responsable marketing chez Mayetic.

En savoir +

>L'« e-village » d'Essay : www.zevillage.net

>www.freelance.com

>Le Télétravail, ou gagner sa vie en restant chez soi, par Matthieu Billette de Villemeur, Éditions Vuibert, 12E.

Envoyer par mail un article

Ces créatifs adeptes du télétravail

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.