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James, le dernier des Murdoch

08/09/2005

Rupert Murdoch, le patron de News Corp, voudrait qu'un de ses enfants lui succède. Deux d'entre eux s'y sont déjà brûlé les ailes. James, trente-deux ans, patron de BSkyB, reste seul en course.

Prudence, Elisabeth, Lachlan, James... et les autres. Les nombreux enfants de Rupert Murdoch, le magnat de la presse, qui, au cours de ses trois mariages, a eu quatre filles et deux garçons, sont censés rejoindre leur père dans l'entreprise familiale, News Corp. Et un jour, le plus lointain possible, lui succéder. James, trente-deux ans, ­paraît aujourd'hui mener le ­peloton, ses frères et sœurs aînés ayant les uns après les autres abandonné la course, et les petites dernières, Grace (3 ans) et Chloe (2 ans), étant encore beaucoup trop jeunes. Seule Prudence, l'aînée, a préféré rester à l'écart du tourbillon des affaires de News Corp qui, sur tous les continents, gère journaux (Le Times à Londres, le New York Post à New York, etc.), télévisions (Star, BSkyB, Fox), maisons d'édition (Harper Collins), studios de cinéma (Twentieth Century)... tout en laissant son mari travailler pour papa.

Elisabeth, celle qu'on disait dure, ­intelligente et très ambitieuse, a claqué la porte de BSkyB pour poursuivre sa carrière audiovisuelle en toute indépendance. Et Lachlan, que son père avait élevé au rang de « premier parmi les égaux », vient lui aussi de ­déclarer forfait. Il a démissionné de son poste de directeur financier adjoint aux États-Unis à la fin juillet et s'en est allé à Sydney, en Australie, créer sa propre société, Illyria.

Les Anglais conquis

Il n'est décidément pas facile de travailler à l'ombre de Rupert Murdoch, le légendaire bâtisseur du groupe. À soixante-quatorze ans, requinqué par son troisième mariage avec la jeune Wendi Deng, il ne montre aucun signe de fatigue. Les aînés trop pressés sont partis voir ailleurs. Et James se trouve être le seul héritier toujours dans les couloirs de News Corp, capable de satisfaire les demandes de son père, Rupert, et de sa mère, Anna, l'épouse numéro deux. Quand Anna a accepté le divorce, elle s'est assuré que le holding détenant les actions de la famille dans News Corp resterait entre les mains de ses enfants, et non dans celles des petites Grace et Chloe, filles de Wendi Deng.

James, à la croisée des ambitions de son père et de sa mère, est donc aujourd'hui le nouveau « premier parmi les égaux ». À lui de faire ses preuves. Catapulté à la tête de British Sky Broad­casting, à Londres en novembre 2003, il a été froidement accueilli par les Anglais. « Sa nomination était très controversée. On ne le connaissait pas, avoue Graham Lovelace, de la société Lovelace Consulting, expert en médias. Ce n'était que le fils de son père, et nous craignions un exode massif des cadres de BSkyB. » James, trente-deux ans, a passé une grande partie de sa jeunesse à New York. Ancien élève du très sélect lycée privé Horace Mann, il a fait un passage éclair à l'université de Harvard puis s'en est allé gérer sa propre entreprise, la maison de disques hip-hop Rawkus Entertainment... au succès plus que modeste. Rupert a alors fait venir son fils chez News Corp. Il lui a confié la filiale interactive de la maison, fermée depuis, puis l'a envoyé explorer l'univers de la télévision payante chez Star TV en Asie et BSkyB.

Contre toute attente, James Murdoch a séduit Londres. Le jeune rebelle, qui osait porter tatouages et cheveux orange à New York, est ­devenu de l'autre côté de l'Atlantique un « intervenant sûr de lui et compétent » dans les réunions d'affaires de BSkyB, assure Graham Lovelace. Les analystes financiers de Morgan Stanley et de Citigroup admirent la campagne marketing qui a permis de relancer les abonnements de la télévision payante. Et s'émerveillent devant le bénéfice annuel de BSkyB de 752,4 millions de dollars, en hausse de 32 % sur un an.

Le jeune PDG a si bien réussi son atterrissage chez BSkyB que les Britanniques ont maintenant peur de le voir partir pour apprendre d'autres ficelles de son métier chez News Corp. James Murdoch jure le contraire : « Je suis là pour le long terme, a-t-il déclaré. Vous êtes coincés avec moi. » Pour toujours ?

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