
20/10/2005 - Pascal Guibert, ex-fondateur de Kenya (devenue K Agency), est président du cabinet Business Coaching Partners. Ses clients : des annonceurs et des conseils en communication. Il explique la réticence des publicitaires au coaching.
Les publicitaires sont-ils de bons clients pour les professionnels du coaching ?
Pascal Guibert. Sous la pression du marché, les publicitaires prennent conscience que leur agence devient une entreprise comme les autres, où les performances relationnelles avec les clients et les équipes deviennent stratégiques. Or un bon créatif n'est pas forcément un bon manager. Longtemps, les agences françaises ont entretenu la confusion des genres. La nouvelle génération de publicitaires s'ouvre timidement au coaching. Depuis deux ans, les directeurs clientèle commencent aussi à se faire accompagner, pour progresser professionnellement ou mieux gérer le stress.
Qui coachez-vous dans la pub ?
P.G. Pas de nom, je suis tenu à la confidentialité. Depuis un an et demi, j'ai coaché une dizaine de patrons et de directeurs clientèle dans des agences de moins de cinquante salariés. Mais pas de créatifs. Ces derniers restent hermétiques au coaching. Ils n'y viennent qu'une fois nommés à un poste de direction.
Quelle est votre méthode auprès des publicitaires ?
P.G. Une fois les tabous levés, les rendez-vous sont fixés à l'extérieur de l'agence. La première séance a souvent lieu dans mes bureaux. Elle consiste à faire le point sur la demande de la personne, l'analyse de sa personnalité, de sa manière de communiquer et de percevoir son travail. Puis nous fixons ensemble un programme d'actions simples et positives pour lui redonner confiance en lui. Nous travaillons ensuite sur des scénarios catastrophe pour pointer les peurs et lever les inhibitions. La démarche est toujours sur mesure, selon la personnalité, la fonction et les problématiques personnelles du coaché. En trois ou quatre séances, les premières pistes de solution apparaissent. Je l'accompagne alors pour les appliquer au quotidien dans son travail. Je ne suis pas un gourou. Une fois le changement opéré, je me retire.
Le coach peut-il aider un directeur de création à remporter une compétition d'agences ?
P.G. Bien sûr, j'ai d'ailleurs récemment travaillé sur une compétition. Le coaching est alors souvent collectif. Il s'agit d'améliorer la communication entre les membres d'une équipe. Le directeur clientèle, le chef de publicité, les responsables production ou studio, voire les graphistes, ont tous des métiers, des valeurs et des comportements différents. Ils doivent apprendre à mieux se connaître pour optimiser leur travail en commun. Pendant deux ou trois jours, les membres de l'équipe se penchent sur les problématiques des uns et des autres. Les séances se déroulent sous forme de jeux de rôle. À moi de pointer, sans jugement personnel, les incompréhensions mutuelles. De quoi sortir d'un rapport magique à la création pour mieux répondre ensemble aux attentes du client. C'est à ce prix qu'aujourd'hui une agence remporte des nouveaux budgets.
2003. Création du cabinet Business Coaching Partners.
2 ou 3 jours. Durée d'un coaching collectif. Sans compter 3 ou 4 ateliers ponctuels d'une demi-journée.
2 heures. Durée d'une séance de coaching individuel (deux à trois fois par mois).
Une dizaine. Nombre de publicitaires coachés par Pascal Guibert depuis un an et demi. Chez les annonceurs, il représente le double.
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